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Guerre à la guerre : Opérations extérieures et coopérations militaires
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Société

Guerre à la guerre : Opérations extérieures et coopérations militaires

2 h 2724/05/2025
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Jusqu’où la France est-elle prête à aller pour maintenir son aire d’influence coloniale ?

« La guerre n’est jamais propre, ni légitime, surtout quand elle commence par un mensonge ». Après une présentation de la soirée en direct de la Grande soirée au Cirque électrique à Paris les débats commencent avec notamment Survie et Marc-Antoine Pérouse de Montclos

Le ton est donné dès les premiers mots de Marc-Antoine Pérouse de Montclos. Loin des salons universitaires, c’est dans une tente, en plein cœur d’une soirée militante festive et rageuse, que l’auteur nous entraîne pour penser la guerre, la nommer, la démonter. Organisée par la coalition « Guerre à la guerre », cette soirée n’a rien d’un colloque poussiéreux. C’est une veillée populaire, politique, où l’on alterne entre colère et danse, entre rage et frites au bar, entre lucidité géopolitique et tendresse collective. Et surtout, où le public nombreux, attentif, participatif devient acteur du débat, jusqu'à l’ébullition.

Déconstruire le consensus guerrier

« La guerre, on nous la vend toujours comme un mal nécessaire », dénonce Pérouse de Montclos, chercheur au regard acéré, qui refuse l’enfermement des catégories. Il déploie une parole rare : informée, posée, et pourtant profondément dérangeante. Il démonte un à un les ressorts de la légitimation de la violence d’État. « La guerre, c’est l’ultime argument du mensonge », dit-il, en évoquant l’Irak, le Mali, ou encore les interventions postcoloniales de la France en Afrique.

À ce moment, le tchat s’enflamme. « On devrait tous lire ses travaux à l’école », écrit Adèle. « Merci pour cette parole claire sur le néocolonialisme militaire », renchérit Malik.

Guerre extérieure, ennemis intérieurs

Très vite, la discussion glisse du champ international aux enjeux domestiques. « La rhétorique militaire est partout. Dans les banlieues, dans les manifs, dans les hôpitaux. La guerre est là, ici et maintenant », rappelle l’un des intervenants. Et Pérouse de Montclos de rappeler que l’usage du vocabulaire sécuritaire et guerrier n’est jamais anodin. Il prépare les esprits à l’acceptation de la force, à la militarisation du politique.

L’évocation de la gestion sécuritaire des banlieues ou des quartiers populaires fait surgir une tension. « Quand un territoire est survolé par un drone, quand les flics débarquent avec des blindés, c’est qu’on a déjà perdu quelque chose de démocratique », assène une camarade en tribune. Le silence qui suit est saisissant.

« La guerre, ce n’est pas une question militaire. C’est une question de société. »
Marc-Antoine Pérouse de Montclos

Un antimilitarisme à réinventer

Le collectif organisateur ne cache pas son ambition : forger un nouvel imaginaire antimilitariste, ancré dans les luttes, intersectionnel, décolonial, féministe. Mais sans dogme, ni posture. « On n’est pas d’accord sur tout. Mais on sait que le salon du Bourget est une saloperie. Ça suffit pour avancer », résume une militante du collectif. L’atmosphère est tendue, mais vivante.

Entre deux extraits du film Nous sommes des champs de bataille de Mathieu Rigouste, les prises de parole s’enchaînent : exilé·es, personnes racisé·es, militant·es de terrain, chercheur·ses. Leurs récits dessinent une autre cartographie de la guerre : une guerre diffuse, fragmentée, mais omniprésente. « Le colonialisme, c’est pas du passé. C’est un présent qui dure », rappelle une intervenante, visiblement émue.

Tordre le langage, inventer le commun

La soirée avance, et avec elle l’émotion monte. On sent une volonté farouche de dire « non ». Non à la guerre comme logique sociale. Non à l’état d’exception permanent. Non à l’invisibilisation des corps qui subissent. Et surtout, non à l’impuissance. « On ne veut plus être victimes. On veut comprendre, nommer, et agir », résume un membre du collectif.

Les petits papiers circulent, les questions s’accumulent. L’intelligence collective s’exprime en direct. Et le dispositif imaginé pour faire émerger les voix fonctionne : personne ne prend la parole en solo. Tout est agencé pour que les paroles minoritaires soient entendues, digérées, transmises.

« La guerre est là. Pas au loin. Ici. Et elle commence par la langue. »
Une intervenante de la soirée

La soirée se clôt dans la lumière tamisée, les beats qui montent, et les sourires fatigués. Une performance artistique en soutien à la Palestine vient ponctuer les débats. La gravité fait place à la danse. La guerre n’est pas finie, mais elle est nommée. Et parfois, ça suffit pour reprendre un peu d’air.

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Qui est Marc-Antoine Pérouse de Montclos et quel est son point de vue sur la guerre ?

C’est un chercheur reconnu en science politique, spécialiste des conflits armés et de la géopolitique africaine. Il adopte un regard critique sur les interventions militaires françaises et internationales, qu’il juge souvent illégitimes, basées sur des narratifs de mensonge ou de peur. Il insiste sur la nécessité de déconstruire les justifications morales de la guerre, qui masquent des intérêts géopolitiques ou économiques.

Quel est le propos central de cette soirée « Guerre à la guerre » ?

Il s’agit de penser la guerre comme un phénomène global, qui ne se limite pas aux champs de bataille. La soirée met en évidence la manière dont le vocabulaire militaire, les logiques sécuritaires et les pratiques coloniales imprègnent le quotidien : répression policière, contrôle des corps racisés, militarisation de l’espace public. L’enjeu : construire un antimilitarisme populaire, intersectionnel et ancré dans les luttes sociales.

Pourquoi parler d’un « antimilitarisme populaire » aujourd’hui ?

Parce que la guerre ne concerne pas seulement les soldats ou les États. Elle impacte directement les populations civiles, notamment les personnes exilées, les habitants des quartiers populaires ou les manifestants. « Populaire » signifie ici : accessible, transversal, en lien avec les vécus concrets. Il s’agit de sortir du débat de spécialistes pour construire une culture de résistance collective.

Quel rôle joue le collectif « Guerre à la guerre »  dans la démarche ?

La coalition « Guerre à la guerre » agrège des organisations diverses (féministes, anticoloniales, écologistes, etc.) pour dénoncer la normalisation du militarisme. Leur objectif : créer des espaces de réflexion et d’action. Cette soirée est pensée comme un moment de partage, où les émotions (colère, tristesse, espoir) sont aussi légitimes que les analyses.

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Cet article est le fruit d'un travail humain, d'une retranscription automatique de l'émission par notre AuBotPoste revue et corrigée par Rolland Grosso et la rédaction.

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