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Guerre à la guerre : Opérations extérieures et coopérations militaires
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Société

Guerre à la guerre : Opérations extérieures et coopérations militaires

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Jusqu’où la France est-elle prête à aller pour maintenir son aire d’influence coloniale ?

« La guerre n’est jamais propre, ni légitime, surtout quand elle commence par un mensonge ». Après une présentation de la soirée en direct de la Grande soirée au Cirque électrique à Paris les débats commencent avec notamment Survie et Marc-Antoine Pérouse de Montclos

Le ton est donné dès les premiers mots de Marc-Antoine Pérouse de Montclos. Loin des salons universitaires, c’est dans une tente, en plein cœur d’une soirée militante festive et rageuse, que l’auteur nous entraîne pour penser la guerre, la nommer, la démonter. Organisée par la coalition « Guerre à la guerre », cette soirée n’a rien d’un colloque poussiéreux. C’est une veillée populaire, politique, où l’on alterne entre colère et danse, entre rage et frites au bar, entre lucidité géopolitique et tendresse collective. Et surtout, où le public nombreux, attentif, participatif devient acteur du débat, jusqu'à l’ébullition.

Déconstruire le consensus guerrier

« La guerre, on nous la vend toujours comme un mal nécessaire », dénonce Pérouse de Montclos, chercheur au regard acéré, qui refuse l’enfermement des catégories. Il déploie une parole rare : informée, posée, et pourtant profondément dérangeante. Il démonte un à un les ressorts de la légitimation de la violence d’État. « La guerre, c’est l’ultime argument du mensonge », dit-il, en évoquant l’Irak, le Mali, ou encore les interventions postcoloniales de la France en Afrique.

À ce moment, le tchat s’enflamme. « On devrait tous lire ses travaux à l’école », écrit Adèle. « Merci pour cette parole claire sur le néocolonialisme militaire », renchérit Malik.

Guerre extérieure, ennemis intérieurs

Très vite, la discussion glisse du champ international aux enjeux domestiques. « La rhétorique militaire est partout. Dans les banlieues, dans les manifs, dans les hôpitaux. La guerre est là, ici et maintenant », rappelle l’un des intervenants. Et Pérouse de Montclos de rappeler que l’usage du vocabulaire sécuritaire et guerrier n’est jamais anodin. Il prépare les esprits à l’acceptation de la force, à la militarisation du politique.

L’évocation de la gestion sécuritaire des banlieues ou des quartiers populaires fait surgir une tension. « Quand un territoire est survolé par un drone, quand les flics débarquent avec des blindés, c’est qu’on a déjà perdu quelque chose de démocratique », assène une camarade en tribune. Le silence qui suit est saisissant.

« La guerre, ce n’est pas une question militaire. C’est une question de société. »
Marc-Antoine Pérouse de Montclos

Un antimilitarisme à réinventer

Le collectif organisateur ne cache pas son ambition : forger un nouvel imaginaire antimilitariste, ancré dans les luttes, intersectionnel, décolonial, féministe. Mais sans dogme, ni posture. « On n’est pas d’accord sur tout. Mais on sait que le salon du Bourget est une saloperie. Ça suffit pour avancer », résume une militante du collectif. L’atmosphère est tendue, mais vivante.

Entre deux extraits du film Nous sommes des champs de bataille de Mathieu Rigouste, les prises de parole s’enchaînent : exilé·es, personnes racisé·es, militant·es de terrain, chercheur·ses. Leurs récits dessinent une autre cartographie de la guerre : une guerre diffuse, fragmentée, mais omniprésente. « Le colonialisme, c’est pas du passé. C’est un présent qui dure », rappelle une intervenante, visiblement émue.

Tordre le langage, inventer le commun

La soirée avance, et avec elle l’émotion monte. On sent une volonté farouche de dire « non ». Non à la guerre comme logique sociale. Non à l’état d’exception permanent. Non à l’invisibilisation des corps qui subissent. Et surtout, non à l’impuissance. « On ne veut plus être victimes. On veut comprendre, nommer, et agir », résume un membre du collectif.

Les petits papiers circulent, les questions s’accumulent. L’intelligence collective s’exprime en direct. Et le dispositif imaginé pour faire émerger les voix fonctionne : personne ne prend la parole en solo. Tout est agencé pour que les paroles minoritaires soient entendues, digérées, transmises.

« La guerre est là. Pas au loin. Ici. Et elle commence par la langue. »
Une intervenante de la soirée

La soirée se clôt dans la lumière tamisée, les beats qui montent, et les sourires fatigués. Une performance artistique en soutien à la Palestine vient ponctuer les débats. La gravité fait place à la danse. La guerre n’est pas finie, mais elle est nommée. Et parfois, ça suffit pour reprendre un peu d’air.

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Qui est Marc-Antoine Pérouse de Montclos et quel est son point de vue sur la guerre ?

C’est un chercheur reconnu en science politique, spécialiste des conflits armés et de la géopolitique africaine. Il adopte un regard critique sur les interventions militaires françaises et internationales, qu’il juge souvent illégitimes, basées sur des narratifs de mensonge ou de peur. Il insiste sur la nécessité de déconstruire les justifications morales de la guerre, qui masquent des intérêts géopolitiques ou économiques.

Quel est le propos central de cette soirée « Guerre à la guerre » ?

Il s’agit de penser la guerre comme un phénomène global, qui ne se limite pas aux champs de bataille. La soirée met en évidence la manière dont le vocabulaire militaire, les logiques sécuritaires et les pratiques coloniales imprègnent le quotidien : répression policière, contrôle des corps racisés, militarisation de l’espace public. L’enjeu : construire un antimilitarisme populaire, intersectionnel et ancré dans les luttes sociales.

Pourquoi parler d’un « antimilitarisme populaire » aujourd’hui ?

Parce que la guerre ne concerne pas seulement les soldats ou les États. Elle impacte directement les populations civiles, notamment les personnes exilées, les habitants des quartiers populaires ou les manifestants. « Populaire » signifie ici : accessible, transversal, en lien avec les vécus concrets. Il s’agit de sortir du débat de spécialistes pour construire une culture de résistance collective.

Quel rôle joue le collectif « Guerre à la guerre »  dans la démarche ?

La coalition « Guerre à la guerre » agrège des organisations diverses (féministes, anticoloniales, écologistes, etc.) pour dénoncer la normalisation du militarisme. Leur objectif : créer des espaces de réflexion et d’action. Cette soirée est pensée comme un moment de partage, où les émotions (colère, tristesse, espoir) sont aussi légitimes que les analyses.

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Cet article est le fruit d'un travail humain, d'une retranscription automatique de l'émission par notre AuBotPoste revue et corrigée par Rolland Grosso et la rédaction.

Transcription de l’émission

Intervenante 1
C’est une soirée Guerre à la guerre organisée de façon bénévole par des organisations collectives partie prenante de Guerre à la guerre qu’on va prendre le temps de vous représenter. Vous avez à côté de vous normalement tout un tas de petits papiers comme des tracts et un petit papier blanc dont je vais expliquer l’utilité un tout petit peu plus tard. Alors, le programme, je ne vais pas pouvoir vous donner des horaires fixes, j’ai essayé de vous donner des tranches horaires, mais en gros, on est parti pour une soirée en trois temps. J’ai plus de mains. Un premier temps où on réfléchit, probablement on s'énerve aussi. Un deuxième temps où l’on chiale, mais pas de tristesse. Enfin, ça dépend. Et un troisième temps où on danse. Et du coup, le premier temps, ça va être une espèce de giga table ronde divisée en trois temps que la camarade va vous présenter ensuite. Ensuite, il devait y avoir normalement un truc, et c’est là que j’ai eu une bonne et une mauvaise nouvelle. Est-ce que vous voulez que je commence par la bonne nouvelle ou la mauvaise nouvelle ? Ok, public très pessimiste, ça, pour la mauvaise nouvelle. Alors, la mauvaise nouvelle, c’est qu’on devait avoir la participation de l’humoriste Florence Mendes. Mais… Je sais que tout le monde est venu pour ça ici, en fait. Mais en fait, elle a un problème familial, elle ne peut pas venir. Et du coup, c’est une mauvaise nouvelle. Mais c’est aussi un peu une bonne nouvelle parce que ça veut dire qu’on va avoir plus de temps pour les questions de la table ronde. De toute façon, on est déjà en retard. Voilà. Plus de temps pour réfléchir. Donc ça, c'était la première fois. Ça va durer à peu près une heure trente. On va dire qu'à 22 heures, on a à peu près fini, puis il y aura une performance artistique en soutien à la Palestine du collectif Artistes pour la Palestine. Ça va durer 15, 20 minutes. Et après, vous pourrez vaquer à vos occupations. Qui allait manger des frites au bar, qui allait boire un coup, mais surtout danser à partir de 23h sur le DJ set jusqu'à 1h ou 2h du matin, s’il vous plaît. Je regarde ce que j’ai encore à vous dire. Oui, j’avais encore à dire tout un tas de petits trucs organisationnels, logistico-politiques. Alors écoutez bien et ouvrez vos oreilles. Ici, nous sommes dans le chapiteau. De l’autre côté, c’est le bar, c’est aussi là où il y a des stands à manger, à boire, et c’est aussi là où il y aura les DJ sets. La table ronde et la performance vont se passer ici même. Et on vous redira quand vous aurez ramené. Deuxième chose, cette soirée, elle est à prix libre. Donc vous donnez ce que vous pouvez, ce que vous voulez. Tout l’argent récolté servira à éponger les frais de cette soirée et aussi à financer un peu le matos pour la coalition Guerre à la guerre. Ensuite, la table ronde va être filmée par Au Poste de David Dufresne qui n’est pas là mais qui va faire ça à distance, c’est pour ça que je suis masqué. Et seule la scène va être filmée, donc pas de panique pour vos jolis petits minois que je vois bien, gentiment. Dernière chose, on aura pendant toute la soirée des camarades qui seront visibles avec un gilet jaune qui feront de la veille anti-violence sexiste et sexuelle. Parce qu’on sait très bien que notre camp politique n’est pas immunisé par rapport à ça. Et du coup, ouais, les gilets jaunes. Voilà, du coup n’hésitez pas à les voir, à leur dire des choses. Si vous avez besoin, ils sont là, ils seront invisibles normalement. Dernier truc. Ça va, c’est trop long. Vous êtes toujours branchés. Super, non, mais ça va. Du coup, deux petits trucs pour la table ronde, pour que vous puissiez. Branchez vos cerveaux, donc vous avez des tracts à côté de vous, mais vous avez aussi un petit papier blanc et ce petit papier blanc il va servir pendant les différentes parties de la table ronde à écrire si vous en avez des questions on s’est dit que c'était pas toujours facile de prendre la parole devant un public pour poser sa question et que des fois on a une question et en fait on peut pas la poser bref donc vous allez pouvoir écrire vos questions quand vous voulez. Et à la fin de chaque partie de la table ronde, donc la première, la deuxième, la troisième, des camarades vont venir récolter vos petits papiers et les trier, et, je ne sais pas comment dire, suer à mort pour en faire une espèce de synthèse. Et ça nous permettra un petit peu d’orienter les questions. S’il y a 10 personnes qui se posent la question, peut-être que c’est une question intéressante. Voilà. Et du coup, la table ronde, elle va être agrémentée de petits extraits d’un film que vous avez peut-être vu. C’est « Nous sommes des champs de bataille » de Mathieu Rigouste. On va en diffuser trois petits extraits. Et sans plus tarder, je passe la parole à ma camarade qui va animer la table ronde. Merci et bonsoir.
Intervenante 2
Salut, bonsoir à toutes et tous, merci d’avoir fait le déplacement jusqu’ici. C’est trop bien, on est un peu en famille aussi, c’est cool. Tant mieux, parce que du coup, on va discuter de choses profondes avant de faire la fête. Pour vous présenter rapidement, laissant les gens s’installer au fur et à mesure, la coalition Guerre à la guerre. C’est une coalition d’organisations et d’individus qui voient l’urgence d’agir autour de la notion de la guerre et du militarisme, parce que non, ce n’est pas nul de spécialistes, ça concerne tout le monde. Voilà, donc ça tend à vouloir construire un antimilitarisme populaire. C’est des collectifs qui se battent contre les choses qu’on connaît déjà, parce qu’on parle des luttes de terrain, comme l’extrême droite, le racisme, la répression, le colonialisme et le patriarcat. Ouais ! Il y a les boussoles féministes en face, on les voit, ouais, ouais. Et il y a cette idée de rassembler autour de plus petits dénominateurs communs, malgré nos différences, parce qu’on n’est pas là pour… Polir toutes les différences et créer quelque chose de super carré, tout ça, tout ça. On essaie de construire quelque chose dans l’urgence, mais aussi dans la durée. Donc on n’est pas forcément d’accord sur des termes, les définitions de l’antimilitarisme par exemple ou d’autres problématiques, mais on est quand même bien d’accord que la tenue du salon du Bourget est problématique. On est quand même d’accord qu’il y a un problème à régler voilà donc on va parler de cette notion de guerre, on va essayer de trouver nos propres termes avec les expériences de personnes qui vont venir en parler depuis le terrain et aussi du militarisme et de l’antimilitarisme et comment ça se reproduit aussi dans nos propres luttes mais bon ça on va parler après. On va présenter un petit extrait du film de Mathieu Rigouste en attendant et puis on va passer au tableau rond. Voilà bienvenue à toutes et tous.

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Sources, liens & références

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