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Identifier et combattre le validisme

2 h 0526/03/2025
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Avec Odile Maurin, activiste antivalidiste, membre de l’association Handi-Social, conseillère métropolitaine d’opposition à Toulouse, par ailleurs fort favorablement connue de nos services.

« J’ai pris des coups parce que je suis en fauteuil. » Dès les premières minutes, Odile Maurin nous saisit. La voix est posée, mais le récit est tranchant. Militante toulousaine, ancienne candidate politique, féministe, queer, et surtout inlassable défenseuse des droits des personnes handicapées, Présidente de l'association Handi-Social, aujourd’hui c'est l’une des figures les plus réprimées de France. Le mot est fort, mais les faits le justifient. Son corps est politique. Et c’est ce que l’institution lui fait payer.

Quand l’engagement devient une menace

Odile n’a jamais hésité à se mettre en danger : blocages de routes, actions non violentes, désobéissance civile assumée. « Je suis militante, pas terroriste. » Mais dans les faits, tout se passe comme si ses gestes dérangeaient bien plus que ceux des manifestants valides. Elle raconte avoir été ciblée, suivie, menacée, convoquée sans motif sérieux. « Quand une femme en fauteuil roule vers une voiture de police, c’est un attentat ? »

Pourquoi les violences policières ciblent-elles les personnes en situation de handicap ?

Parce qu’elles exposent un angle mort. Parce qu’un fauteuil roulant en tête de cortège renverse la narration habituelle. « Quand tu manifestes avec ton corps fragile, tu rappelles à l’État ce qu’il veut invisibiliser. » Odile parle des coups reçus, des pneus crevés, des caméras confisquées. Elle évoque cette violence sourde, structurelle, institutionnelle, qui prend racine dans le validisme : cette idéologie implicite selon laquelle seules les personnes valides mériteraient l’espace public.

« Je suis un caillou dans leurs roues, alors ils m’écrasent »
Odile Maurin

Justice : arme ou bouclier ?

Depuis 2019, Odile enchaîne les convocations et les procès. Elle évoque un acharnement judiciaire. À chaque nouvelle affaire, elle doit prouver que son fauteuil n’est pas une arme, que ses cris ne sont pas une menace. Elle parle d’un système kafkaïen où elle est tantôt irresponsable, tantôt dangereuse. Le tchat réagit : « Ce pays punit l’engagement quand il vient des marges », écrit Jo_Marche.

Pourquoi la justice ne reconnaît-elle pas le validisme ?

Parce qu’elle refuse de le nommer. Odile insiste : « La première violence, c’est de ne pas être crue. » Elle raconte ses plaintes classées sans suite, les expertises biaisées, les témoignages ignorés. Elle parle de cette police qui nie les coups, même quand ils sont filmés. « On me dit que je me jette contre les matraques. Vous imaginez ? » Elle rit, mais c’est un rire d’exaspération.

Une militante, mille fractures

Le plus poignant, c’est peut-être ce mélange de lucidité et de fatigue. Elle ne se pose jamais en victime. Elle analyse, démonte les récits, relie les points. Elle cite les textes, les lois, les arrêts. Elle connaît son droit. « C’est ça qui les emmerde : je suis handicapée et informée. » Ce moment, dans l’émission, est presque joyeux. Elle a ce talent de retourner le stigmate. Et pourtant, on sent la solitude. La lassitude. « Je suis fatiguée de devoir survivre. »

Comment lutter contre un État qui nie la répression des minorités ?

Odile propose des pistes juridiques politiques collectives. Elle parle de solidarité, de réseaux de défense, d’actions juridiques à l’international. Elle croit encore au droit, mais pas à cette justice telle qu’elle fonctionne aujourd’hui. Elle veut qu’on nomme les choses : validisme, répression, stratégie de la peur. « Ce qu’ils veulent, c’est que je m’arrête. Et je ne m’arrêterai pas. »

« Je suis encore là. Et rien que ça, c’est politique. »
Odile Maurin

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En quoi  l'engagement militant d'Odile Maurin  constitue-t-il une menace pour les institutions ?

Son combat met en lumière des injustices structurelles, notamment le validisme et la répression policière. En dénonçant ces mécanismes, elle  dérange l’ordre établi.

Pourquoi les violences policières ciblent-elles particulièrement les personnes en situation de handicap ?

Parce qu’elles révèlent un angle mort de la société. Un fauteuil roulant en manifestation renverse la narration habituelle et rappelle à l’État ce  qu’il cherche à invisibiliser.

Quelles stratégies Odile Maurin propose-t-elle pour lutter contre la répression des minorités ?

Elle met en avant des actions juridiques, des mobilisations collectives,  des réseaux de solidarité et le recours aux instances internationales pour dénoncer les abus.

En quoi son combat incarne-t-il  une forme de résistance politique ?

Son engagement va au-delà de sa propre situation : elle défend un combat  collectif contre l’invisibilisation et la discrimination des personnes en situation de handicap.

Pourquoi le simple fait de  continuer à militer est-il un acte politique pour Odile Maurin ?

Parce que l’État cherche à la faire taire par la répression, et en continuant à se battre, elle refuse de céder à la peur et affirme son existence dans l’espace public.

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Cet article est le fruit d'un travail humain, d'une retranscription automatique de l'émission par notre AuBotPoste revue et corrigée par la rédaction.

Transcription de l’émission

Ritchy Thibault
Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue sur Auposte, bienvenus dans ce nouveau numéro de la Barricade consacré à la question du validisme qu’on a intitulé Identifier et combattre le validisme. Donc je suis très heureux d’animer cette émission essentielle, de parler d’un sujet dont on entend peu parler, qui est largement invisibilisé et de le faire avec Odile Maurin, qui était une militante, infatigable que pour certains d’entre vous, vous avez vu apparaître. En tout cas, moi, je l’ai connu à ce moment-là lors du mouvement des gilets jaunes. à Toulouse, Odile. Bonjour, on est heureux de te recevoir, Odile, tu l’as compris. Donc tu milites au sein d’une association qui s’appelle Andi Sociale, tu es également conseillère métropolitaine à Toulouse. Et avec toi, on va prendre le temps dans cette émission de décortiquer le validisme et également les outils que l’on a à notre disposition pour combattre ce système de domination. Alors, une première question très simple, car je me doute que beaucoup de personnes ici présentes qui nous regardent ne connaissent peut-être pas forcément la notion de validisme. qu’est-ce que tu pourrais nous définir le validisme en tant que système de domination de manière générale avant d’entrer dans le détail ?
Odile Maurin
Le validisme, on parle aussi de capacitisme, c’est quoi ? C’est l’ensemble des préjugés et des comportements discriminatoires à l'égard des personnes handicapées. C' est la traduction d’un terme anglo-américain qui est « ébolisme » et qui se traduit soit par validisme soit par capacitis, le terme de capacitisme étant plutôt utilisé au Canada notamment. Et ça désigne un jugement qui est porté sur les personnes handicapées en fonction de l'écart à une norme qui serait une norme valide, en fait l’origine c’est les luttes d'émancipation des personnes handicapées qui ont eu lieu aux Etats-Unis puis dans les autres pays européens depuis les années 70. Alors c'était des luttes émancipations comme les luttes d'émancipations des autres minorités qui sont dominées, c’est- à dire les luttes féministes, les luttes pour les droits civiques des Noirs américains. En fait, il a fallu construire des catégories. pour dire le caractère socialement construit de la domination de telle ou telle minorité. Et donc, le capacitis mul validis, c’est la discrimination qui est fondée sur l’incapacité. Cette dernière serait considérée comme une déviance de la norme pour emprunter les termes de la sociologie. En effet, la capacité physique, intellectuelle, sensorielle, émotionnelle constituerait ce qui permettrait à l’individu d'être indépendant, utile à la société et performant. Alors dans un idéal sociétal qui est fondé sur la performance et sur la croissance, plus d’ailleurs en termes de production de marché qu’en termes des qualités de vie, de réalisation de personnels collectifs ou de bonheur, l' individu qui est considéré comme capable représente l’idéal et plus il développe de capacité, plus il est performant Plus il est utile, plus il est conforme à la norme souhaitée et plus il bénéficie d’infinis de privilèges. À l’inverse, l’individu qui est moins capable ou incapable de réaliser telle ou telle action de manière indépendante se voit disqualifié, stigmatisé. Et donc, c’est une forme de discrimination qui est basée sur un système de valeur qui considère certaines caractéristiques du corps et de l’esprit comme essentiel pour vivre une vie évanouie. Et ça part du principe que la qualité de vie des personnes handicapées doit être particulièrement faible et mauvaise. Et dans le validisme, alors comme dans le racisme, l’homophobie ou d’autres formes d’oppression, le groupe social dominant considère sa propre image comme étant le modèle selon lequel l’humidité devrait être et rejette, il ignore les autres, il est considéré comme inférieur. On utilise aussi souvent le terme de pas normal ou inapte. Et donc en fait, les personnes handicapées, elles sont considérées comme des sortes de versions amoindries des personnes valides. Et il y a une seconde facette du validisme qui considère au contraire qu’il faudrait leur faire prêter des vertus, des qualités extraordinaires, des vertus de courage, d’abnégation exceptionnelles. Et là, on présente à ce moment-là les gens comme des leçons de vie dans les médias, comme si le handicap leur avait coûté une plus-value. et ce qui ferait d’elle des sources d’inspiration, mais tout ça ce sont à la fois la version de la personne handicapée amoindrie etc et la version le son de vie ce sont deux facettes d’une même problématique parce que ça aboutit dans les deux cas et une essentialisation des personnes c’est à dire qu’en fait le validisme ça consiste à figer des personnes handicapées dans une d’actualité. par rapport à une prétendue normalité, parce qu’elle est où la normalité ? Elle est où, la barrière entre la normalité et l’anormalité ? Tout ça, c’est une construction sociale et c’est ça qui est important à comprendre. C’est que les représentations, il y a un problème de représentation de la société sur la différence, sur ce qu’est la normalité.

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Sources, liens & références

Handi-Social 

Le site internet de l'association HANDI-SOCIAL - Défense des droits - TOULOUSE

handi-social.fr
Bonjour, est ce que quelqu'un sait où on peut trouver la bande son qui passe là ?
ybalired

La Culture du Valide (occidental)

Nous reproduisons ici le texte de l’activiste Zig Blanquer, qui a introduit la notion de validisme en France Tu es une personne valide et tu n’y as jamais t

clhee.org
Merci Me Maurin de vos paroles (moi-même en situation de handicap et mon fils autiste). Merci beaucoup.
ChaussetteFarouche
Passionnant cet entretien!
misoterro

Hommage aux 50 000 personnes handicapées de la 2e guerre

La France rendra officiellement hommage aux 50 000 personnes handicapées mortes sous le régime de Vichy faute de soins. Une pétition qui avait recueilli 80 000 signatures a porté ses fruits et obtenu une réponse favorable de François Hollande.

informations.handicap.fr
Il y a un très gros problème avec la vision de la maladie et du handicap dans notre société... Le mois dernier, dans le tram, un couple m'a fuit parce que je marche mal avec des cannes et porte un masque (problème immu). A leurs mots, tout le monde s'est éloigné de moi ! Ok je ressemble pas à Brad Pitt mais je suis pas pestiféré, j'allais à l'hosto. La société est tellement cruel envers les gens "différents". Triste.
ChaussetteFarouche
Ce témoignage est très important, force à vous Odile, votre expression est précieuse pour notre société.
cheradenin
des policiers frappent un homme handicapé et portent plainte contre lui contre-attaque.net/2025/03/...
Clermont-Ferrand
Fin de vie: une loi inutile et dangereuse - partie 1 (et les autres ensuite) par Elisa Rojas auxmarchesdupalais.wordpres...
ValK_aaah
J'ai un ami fonctionnaire qui a un problème à une jambe suite à un accident routier, il devait jusqu'à cette année refaire une attestation chaque année pour faire reconnaître son handicap, comme si sa jambe allait repousser...
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