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Images de #violencespolicières ? Même plus peur. Avec Thomas Coispel
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Images de #violencespolicières ? Même plus peur. Avec Thomas Coispel

0 h 2009/03/2023
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Avec « Qui sème le… », un court métrage de 6 minutes, le cinéaste Thomas Coispel tente de déjouer nos peurs. Et si l’intelligence artificielle pouvait venir à notre rescousse ?

Pour le réalisateur, «Il y a une utilisation militante et politique de cette technologie [l'intelligence artificielle], celle de recréer des archives fictionnelles à partir de l’entraînement statistique sur des millions d’images. Le réalisme documentaire de l’archive peut être prolongé du réalisme fictionnel, qui en condense la multitude. Le résultat visuel prend la forme de séquences de “mouvements à l’arrêt”, où chaque image est la déclinaison de la précédente. Ce n’est pas un policier menaçant, mais une succession de policiers menaçants, se ressemblant mais étant tous légèrement différents. Si dans la vraie vie, la violence est le fait de policiers qui en usent [(il)légitimement?], la fiction produite par l’IA montre que le visage de la violence est impersonnel. C’est la violence d’une institution.» Un entretien exclusif pour les abonnés d'Au Poste.

Transcription de l’émission

David Dufresne
Bonjour Thomas Coispel vous avez trouvé peut-être la parade pour surmonter la peur. La peur des pétards. La peur des LBD. La peur des canons à eau. La peur de l’attirail policier que l’on connaît de ses coups bas, de ses coups francs, de ses coups par derrière, etc. L’idée de génie, c’est d’avoir fait un court métrage dont vous allez nous parler à base d’images d’intelligence artificielle.
Thomas Coispel
Tout à fait. Du coup, déjà, merci pour l’invitation. Je suis même retourné en manif pour le mouvement climat là récemment pour évidemment la réforme contre la réforme des retraites. Mais c’est vrai que toutes les manifestations dites des Gilets jaunes, j’ai été extrêmement aligné sur l’ennemi, sur les valeurs et sur les revendications principales du mouvement. Mais très vite, en fait, j’ai eu peur d’aller en manifestation à cause des images qu’on a vues assez rapidement circuler sur la répression du mouvement, des violences policières et aussi de la violence faite sur des élèves, parfois des personnes qui passaient à peine dans la rue. Et toutes ces images-là m’ont traumatisé. Et je ne crois pas être le seul et donc que je n’ai pas pu aller en manifestation. Et c’est comme vous l’avez dit, un acte de couardise. Et quand du coup, les manifestations ont recommencé contre la réforme des retraites, j’ai repensé à ces manifestations là auxquelles j’avais été empêché. Et je me suis dit peut-être qu’il est temps de reparler de cette période là aussi pour raviver la mémoire politique qu’on a de ces événements. Et puis peut-être pour alerter afin qu’on essaye d’avoir de moins en moins ce genre d’images. Et donc j’ai réalisé un très court métrage qui est venu de deux occasions. La première, c’est que ça fait déjà plusieurs mois qu’on voit des applications de création d’images à partir de mots-clés qu’on appelle intelligence artificielle. Et j’avais vraiment envie d’essayer d’utiliser dans le cadre d’une fiction. Et le second élément un peu conjoncturel, c’est que j’ai participé à un mouvement qui est assez connu des cinéastes de la marge qui s’appelle le Kino. Et ce, du coup, est une sorte d'événement sans compétition où chaque mois des gens font des films avec eux, avec peu ou mais avec du coup l’envie de le faire maintenant. Et donc du coup j’ai des acteurs, j’ai un décor, un des acteurs avec une parcelle de jardin qui était proche de Les Jardins d’Aubervilliers, qui s'étaient fait défoncer pour les Jeux Olympiques et notamment de la ZAD qui avait eu lieu pour défoncer ces jardins. Donc je crois que les ingrédients étaient réunis pour tester cette intuition que j’avais, comme vous dites, d’utiliser les images qu’on peut générer à partir des intelligences artificielles pour finalement avoir la mémoire un peu traumatique, la mémoire un peu traumatique de ces événements, de cette répression policière. Et pour ceux qui ne connaissent pas ces programmes là, c’est assez simple d’utilisation. En théorie, on tape une phrase, on a envie de la voir illustrée et une sorte d’entraînement statistique sur des millions d’images permet de générer de nouvelles images. Donc ce n’est pas souvent des collages, c’est vraiment l’ordinateur entre guillemets qui essaye d’inventer, qui délivre de nouvelles images. Et on a vu beaucoup d’images issues de la pop culture Star Wars, Marvel sur les réseaux sociaux. On a eu beaucoup d’usages récréatifs, mais je pense qu’il y a aussi un usage militant de ces images qui est possible et que comme toute technique en fait, il y a la question de l’utilisation, l’intention qui rentre en jeu. Et donc on pourra peut-être, je l’espère, voir des films militants sur ces questions là.

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