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Rania Daki, porte-parole Justice climatique de Ghettup, vient exposer les vécus et les plans d’action de la jeunesse engagée pour une écologie résolument populaire, antiraciste et anticoloniale.
Saint-Denis, Gennevilliers, Aubervilliers… Dans ces quartiers populaires, l’écologie n’a rien d’un concept abstrait. Pollution omniprésente, accès limité aux espaces verts, nourriture saine inaccessible, relégation des habitants sous couvert d’aménagement urbain : c’est une lutte du quotidien. Rania Daki, porte-parole de Ghett’up, détaille les conclusions du rapport Injustice climatique, fruit d’un travail de terrain inédit. Son constat est sans appel : on parle de transition écologique, mais pour qui ? Alors que les quartiers subissent déjà de plein fouet les conséquences environnementales et sociales d’un système inégalitaire, la justice climatique devient un combat de classe et de territoire.
« Ici, on ne parle pas d’écologie, on survit ». Rania Daki plante immédiatement le décor. Dans les quartiers populaires, l’environnement n’est pas une question théorique mais une réalité brutale et quotidienne. Pollution, bruit, îlots de chaleur, alimentation ultra-transformée, logements insalubres : chaque aspect du quotidien est marqué par l’injustice climatique.
« La crise climatique, on ne la vit pas dans 30 ans, on la vit déjà. »
Les infrastructures écologiques sont réservées aux centres-villes, tandis que les quartiers populaires se voient imposer des projets toxiques :
« Le message est clair : certains ont droit à un environnement sain, d’autres doivent s’en accommoder. »
Et quand les rénovations arrivent, c’est au profit de la gentrification. Les habitants historiques sont poussés dehors : les immeubles démolis, les loyers augmentés, les commerces de proximité remplacés par des enseignes inaccessibles.
« On construit des pistes cyclables ? Oui, mais seulement quand une population plus riche arrive. »
Le rapport Injustice climatique déconstruit un mythe : celui d’une écologie universelle et accessible à tous. En réalité, elle est pensée par et pour une classe favorisée, qui peut se permettre d’acheter bio, de vivre près d’un parc et de choisir son mode de transport.
Dans les quartiers populaires, le choix n’existe pas :
« Ce qu’on appelle sobriété chez les riches, c’est juste la réalité de nos vies. »
Les habitants des quartiers populaires sont déjà des écolos involontaires : on recycle, on répare, on évite le gaspillage… mais pas par conscience écologique, par nécessité économique.
Pourquoi cette relégation des quartiers populaires ? Parce que les populations qui y vivent sont perçues comme indésirables. Le rapport établit un parallèle entre les injustices climatiques en France et celles subies par les anciennes colonies.
« L’écologie ne doit pas être un luxe blanc, elle doit être une lutte populaire. »
Ce mépris institutionnel s’accompagne d’une invisibilisation médiatique : quand les jeunes de quartiers se mobilisent pour l’écologie, personne n’en parle. Pire, ils sont pointés du doigt lorsqu’ils ne participent pas aux grandes marches pour le climat.
« On nous demande pourquoi on ne vient pas en manif. Mais nous, on risque la garde à vue juste en y allant. »
Ghett’up ne se contente pas d’un constat, l’association propose des solutions :
« On veut une écologie qui ne demande pas aux classes populaires de faire des efforts, mais qui commence par elles. »
Pourquoi parle-t-on d’injustice climatique et pas juste d’écologie ?
Parce que l’écologie, dans sa version actuelle, ne prend pas en compte les inégalités sociales et raciales. L’injustice climatique montre que certains subissent les effets du réchauffement plus que d’autres et qu’ils sont exclus des solutions.
Comment les quartiers populaires peuvent-ils s’engager dans la lutte écologique ?
L’enjeu est d’intégrer leurs réalités et leurs besoins dans les combats écologiques. Créer des infrastructures, rendre l’alimentation saine accessible, lutter contre l’accaparement des terres et contre la gentrification, ce sont des luttes écologiques.
Peut-on vraiment changer les choses à l’échelle locale ?
Oui, et Ghett’up le prouve en menant des actions concrètes : ateliers de sensibilisation, plaidoyers politiques, soutien aux mobilisations locales… L’écologie populaire existe déjà, il faut lui donner plus d’espace.
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Cet article est le fruit d'un travail humain, d'une retranscription automatique de l'émission par notre AuBotPoste revue et corrigée par la rédaction.
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(In)justice climatique par Ghett'up www.ghettup.fr/injustice-cl...

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front2meres.orgSociété | Elle est une des voix importantes des quartiers populaires. Une voix qui tranche, qui pointe les contradictions de notre société, qui sonde les cœurs (à gauche, ailleurs): Fatima Ouassak, porte-parole du Front des mères et de Verdragon, maison de l'Écologie Populaire, elle cherche à allire l’urgence climatique aux nécéssités de justice sociale des banlieues.
: Nous manquons, aujourd'hui en Europe, d'un projet écologiste capable de résister aux politiques d'étouffement, dans un monde de plus en plus irrespirable. D'un projet initié dans les quartiers populaires, qui y articulerait enfin l'ancrage dans la terre et la liberté de circuler. D'un projet dont le regard serait tourné vers l'Afrique et qui viserait à établir un large front internationaliste contre le réchauffement climatique et la destruction du vivant. D'un projet qui ferait de la Méditerranée un espace autonome et un point de ralliement des mutineries du Nord comme du Sud. D'un projet se donnant comme horizon à la fois la libération des terres, la libération animale et l'égale dignité humaine, fondamentalement liées. D'un projet assumant la sécession face à des forces d'extrême droite toujours plus menaçantes. D'un projet permettant de prendre le large en quête du One Piece, le fameux trésor du manga éponyme, devenu symbole, dans les quartiers populaires, de la soif de liberté qui y gronde. D'un projet qui se mettrait à hauteur d'enfants et chercherait leur bien-être et leur libération. Ce projet, c'est celui de l' écologie pirate.

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Merwane Benlazar est un humoriste de stand-up et chroniqueur français dans l'audiovisuel, né en 1995 à Saint-Denis en Île-de-France.
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instagram.comSauvage | De midi à minuit, hier, Au Poste a laissé la parole à sa communauté et à une sacrée brochette d'invité·e·s: le Front Antiraciste, Plenel, Usul, Bourdon, Alice Coffin, Mathilde Larrère, Kim Reuflet du Syndicat de la magistrature, Nathalie Tehio de la Ligue des Droits de l'Homme et tant d'autres.
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