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Il y a ceux qui rachètent Google en se faisant du fric avec les pubs… Google. Ceux qui détournent les interdictions de manifs en faisant banquet, celles et ceux qui changent les lettres de leur usine (BERLIET devient LIBERTÉ).
Dans son facétieux Répertoire des subversions (Zones), Martin Le Chevallier abécédairise les techniques et tactiques d’action non-violentes inventées par les résistant.es, activistes ou artistes à l’esprit libre, et autre dissident.es de l’ordre.
À la croisée de l’Histoire, des suffragettes aux Printemps arabes, du mouvement Black Lives Matter à l’Egypte Antique, Le Chevallier, plasticien de son état, raconte ces irruptions insolentes et poétiques dans l’espace public, nous livrant tous les outils pour passer, à notre tour, à l’action.
«Ce qui m'a marqué, entre autres, c'est la présence de l'humour dans les actions. C'est aussi ce que j'ai privilégié. Ce sont les actions qui me réjouissent le plus, et on en rencontre notamment dans des contextes qui peuvent être durs, sous des dictatures. Malgré tout, il y a des actes qui jouent sur la dérision, qui visent à ridiculiser les puissants» partage Le Chevallier en ouverture de l’entretien.
Avec Dufresne, l’artiste esquisse un tour d’horizon de ces 1200 subversions, de ces «jeux de permutations, d'inversions, de déplacements» qui traversent les époques, les pratiques, dans l'art, dans l'activisme ou dans les luttes diverses.
«Acheter Google, ça j’adore !» s’exclame le taulier, avant de lire «en 2005, un duo d'artistes autrichien (...) entreprend de prendre le contrôle de la société Google (...) Pour cela, il héberge des sites dont les publicités sont gérées par cette société. Les clics sur ces annonces assurent alors aux artistes des micro revenus qu'ils investissent aussitôt dans l'achat d'actions Google. Ils prévoient ainsi d'être propriétaire de la compagnie au bout de …200 millions d'années.»
«Annoncer la mort de Dieu en 1950, le jour de Pâques» à la première messe filmée de Notre-Dame de Paris, annonce Dufresne, ravi de ce récit. «Un petit groupe de Lettristes pénètre alors dans l'édifice. Parmi eux, Michel Moure, déguisé en moins dominicain, s'empare du micro et prononce un anti sermon blasphématoire durant lequel il déclare que “Dieu est mort.”» nous narre Le Chevallier.
Alors que l’auteur nous livre plus d’un millier d’exemples dans son recueil, les lecteur.ices ne peuvent qu’être frappé.es par les permanences dans les époques et l’inventivité renouvelée des actes subversifs, mais aussi par la richesse des informations de l’ouvrage, nous apprenant par exemple à travers Marx comment est né le capitalisme, avec le phénomène des enclosures au XVIIe siècle.
La force du dictionnaire est sa dimension exclusivement factuelle, presque clinique. Si l’on peut sentir certaines pointes d’ironie, l’artiste a délibérément choisi une narration sans commentaire ni aucune analyse. Il précise toutefois que les récits ne sont pas neutres. Ainsi, «la façon de les nommer, la succession des événements décrits, permet d’introduire un regard, du jeu, de la drôlerie j’espère. Et donc, oui, je laisse le lecteur en tirer ses conclusions.»
L’artiste explique s’être donné pour cadre des récits de deux, trois, quatre phrases, avec comme principe d’introduire presque «dans chaque mot une information.»
Chaque récit est construit autour d’une architecture «un peu comme ce que disait Georges Perec à propos des cartes postales où il y a différents ingrédients bien précis, avec un élément sur la météo, un élément sur les activités, un élément d'organisation, etc.» Le Chevallier dispose ainsi généralement «un élément de contexte, un élément d'identification, un élément de motivation, et si possible, la description de l'action et l'éventuelle conséquence.»
Le mot boycott vient en réalité de Charles Boycott, qui donnera à son insu son nom à l’action. Si son cas est rare, les recherches de Le Chevallier lui ont fait découvrir que les jeux sur le nom et notamment des appropriations de noms sont monnaie courante dans l’Histoire. On retrouve par exemple ce retournement du stigmate chez les protestants, les féministes, des suffragettes aux witches.
«Est-ce qu’il y a des actes subversifs à droite ?» demande Dufresne à celui qui, n'étant pas historien, s’est glissé dans ce rôle pour écrire ce livre. Pour ce dernier, la subversion est plutôt de gauche, la droite étant du côté du conservatisme, de l’ordre, de la non-remise en question. Toutefois, il peut y avoir des reprises de méthodes. Par exemple, explique Le Chevallier, «il y a des personnes qui sont présentées à des élections en portant le nom d'un candidat adverse, pour les tourner en ridicule. Cette méthode a été systématisée par Vladimir Poutine à travers la Russie. Il place très très fréquemment des candidats portant le même nom que les opposants qui ne sont déjà pas très très puissants pour essayer de grignoter des voix.»
Parfois, le geste devient involontairement subversif, comme cette jeune femme iranienne qui s'était tondue le crâne en soutien aux enfants atteints du cancer. Apparaissant sans foulard sur Youtube, disant «puisque je n'ai plus de cheveux, je n'ai plus de cheveux à cacher», elle est devenue un symbole de la lutte des femmes contre l'obligation du port du voile.
Alors que dans le studio, la photo officielle de Nicolas Sarkozy trône derrière le bureau suite à un pari perdu, le taulier nous invite à découvrir une savoureuse subversion rapportée par Le Chevallier avec la lettre C “Compromettre” : «Le 30 mai 2006, l'artiste français Julien Prévieux se fait dédicacer un livre par le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy. Grâce à ce subterfuge, il récupère ses empreintes digitales, et réalise des tampons permettant de placer ces empreintes n'importe où, de mettre potentiellement dans une position de suspect le patron des policiers français.» Pour Le Chevallier, ce genre de subversion n’est pas pensé pour faire de l’artiste un activiste, mais pour dévoiler un possible.
Le dictionnaire glisse du sérieux au rire, et c’est ainsi qu’après l’ancien président à Rolex, au détour du mot «Construire», nous apprenons l’origine du mot «barricade». «Et on en a tenu des barricades» lâche Dufresne dans un sourire.
La question de la subversion est aussi prégnante face à la modernité technologique. Par exemple, en 2020, un artiste allemand embouteille Berlin en transportant dans un chariot 99 téléphones portables connectés à Google Maps, afin que l’application conseille aux utilisateurs d’emprunter un autre chemin.
Le Chevallier évoque également la diversité des réponses à la reconnaissance faciale, répertoriées à la lettre C «camouflage.» Malheureusement, pointe l’artiste, ces façons de ne pas être reconnus sont finalement aussi utiles à ceux qui nous surveillent pour améliorer leur système. «Heureusement qu'on a l'occasion de rire, mais de manière générale, c'est quand même eux qui gagnent sur ce terrain-là» déplore-t-il.
À travers des exemples comme celui du destin d’Adolfo Kaminsky, Le Chevallier explore ces micros actes de résistance «parfois très symboliques, mais très émouvants» pendant la Shoah, en solidarité avec les Juifs.
La persévérance dans la subversion peut aussi aboutir à des avancées au niveau des droits civiques. Il raconte dans son ouvrage qu'en 1947, dans le New Jersey, devant la billetterie d'une piscine, «des personnes membres du Rassemblement pour l'égalité des races font la queue, mais elles n'attendent rien car l'entrée réservée aux personnes blanches leur est déjà interdite. Elles sont battues et arrêtées par la police. Malgré cela, elles ou d'autres reviennent se mettre en ligne tous les dimanches, se faire battre et arrêter de nouveau. La médiatisation de cette répression contribuera à la promulgation de la loi sur les droits civiques dans le New Jersey.»
Mon critère n’a pas été l’efficacité mais la sympathie des actions.
De la grève du sexe mené par les femmes Iroquoises - un invariant historique pour empêcher les hommes de faire la guerre - aux billets de banque tamponnés «spécimen non valide», en passant par les graffitis arabes dénonçant la série Homeland dans le décor même du tournage, la légende de la Papesse Jeanne, au parasitage du marketing en se faisant systématiquement rembourser tous les produits “statisfait ou remboursé”, jusqu’au poing antifasciste en réponse au salut hitlérien, les exemples sont aussi divers qu’imaginatifs. Avec un point commun toutefois : toutes les subversions répertoriées dans l'ouvrage sont exclusivement non violentes.
«La subversion, étymologiquement, c'est ce qui vient du dessous» communique le tchat.
Ce qui fait plaisir, c'est de voir la capacité humaine à réagir, à ne pas se contenter de subir, à être actif, à être inventif, à imaginer des façons de bousculer les puissants. J'invite les lecteurs à chercher à voir ce qui pourrait être réactivé, actualisé.
«Qu'est ce que nous avons fait?» dit Le Chevallier en reprenant la question rituelle, «nous avons examiné des possibles. On a balayé beaucoup de choses. D'ailleurs, il y a une entrée dans le livre à “Balayer”», pointe-t-il. L’émission se conclut sur une ordonnance amusée de l’artiste : «Volez ce livre !»
Comment est construit l’ouvrage Répertoire des subversions ?
L’ouvrage est construit comme un dictionnaire, répertoriant 1200 subversions, sous forme de micros récits de quelques lignes. Il n’y a volontairement pas de commentaires, pour laisser la plus grande liberté possible au lecteur.
Qui est Adolfo Kaminsky ?
L’ouvrage de Le Chevallier nous apprend qu’en 1944 «l'apprenti chimiste Adolfo Kaminsky sauve des milliers de personnes juives en leur confectionnant de faux documents à la Libération. Cette compétence lui vaudra d'être recruté par les services secrets français, mais il démissionnera peu après car, trop anticolonialiste. Anticolonialiste, il préféra fournir durant près de 30 ans de faux papiers aux mouvements indépendantistes et anti dictatoriaux du monde entier.»
D’où vient le poing antifasciste ?
Le point antifasciste vient d’un groupe de communistes allemands qui, en réponse au salut nazi, a proposé ce geste qui s'est imposé le poing levé, brandi paume en avant, avant de devenir le geste des travailleurs en lutte.
Pourquoi au cours de l’Histoire les femmes ont-elles fait la grève du sexe ?
Dans Répertoire des subversions, nous apprenons que «vers 1600, des femmes Iroquoises se lancent dans la première rébellion féministe des futurs États-Unis pour s'opposer aux guerres intempestives menées par les hommes. Elles entament une grève du sexe et de la procréation et demandent à décider elles-mêmes de faire la guerre ou non. Considérant qu'elles seules détiennent le secret de la reproduction, les hommes cèdent immédiatement à leurs revendications.» Le Chevallier rapporte que ce phénomène de grève du sexe des femmes pour s’opposer à la guerre des hommes est un invariant à travers l’Histoire.
Pourquoi la subversion face à la technologie est-elle à double tranchant ?
Le Chevallier évoque la diversité des réponses à la reconnaissance faciale, répertoriées à la lettre C de son ouvrage, avec le mot «camouflage.» Malheureusement, pointe l’artiste, ces façons de ne pas être reconnu sont finalement aussi utiles à ceux qui nous surveillent pour améliorer leur système.
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: Enfumer un mariage royal, danser sur un silo nucléaire, transformer un abribus en théâtre... Cet ouvrage répertorie les mille et une tactiques inventées par les artistes, activistes, résistant.es, dissident.es et autres esprits libres pour déjouer la violence des dominations ou la tristesse des conventions, en imaginant des formes d'action non violentes inédites. Structuré comme un abécédaire, il établit une typologie de ces méthodes d'insoumission créative : détourner, infiltrer, parasiter, saboter, braconner, bricoler, etc. Sont ainsi rassemblés une multitude d'exemples pris à travers l'histoire et le monde et restitués sous la forme de microrécits. Des grèves de l'Égypte antique jusqu'au mouvement Black Lives Matter, en passant par les suffragettes, les hippies, les luttes LGBT ou les Printemps arabes, les mobilisations les plus diverses croisent des gestes d'artistes qui font irruption dans l'espace public avec insolence, humour ou poésie. À la fois boîte à outils, ouvrage de référence et promenade facétieuse, cet inventaire rend hommage à celles et ceux qui désirent agir plutôt que subir. Et invite à en faire autant.
Cette exposition est une adaptation de l’exposition Le monde selon l’IA, présentée initialement au Jeu de Paume d’avril à septembre 2025. Elle réunit une sélection d’œuvres créées entre 2016 et aujourd’hui, dont plusieurs inédites, qui interrogent la manière dont l’intelligence artificielle façonne notre expérience du monde. Pensée spécialement pour les salles du Sesc Campinas, le parcours reflète la distinction fondamentale entre « IA analytique » (dont font partie les systèmes de vision artificielle et de reconnaissance faciale) et « IA générative ». L’impact de l’intelligence artificielle sur les pratiques artistiques contemporaines et sur la culture visuelle en général compte parmi les phénomènes les plus visibles dans un environnement pourtant dominé par des opérations discrètes, des processus invisibles, des boîtes noires. Les technologies d’IA transforment en profondeur la manière dont les images sont captées, créées, modifiées, diffusées, décrites et perçues. Commissaire d’exposition : Antonio Somaini. Commissaires associés : Ada Ackerman, Alexandre Gefen, Pia Viewing. Sesc Campinas Rua Dom José I, 270/333 Bonfim, Campinas SP, 13070-741, Brésil
: Un livre-canular, hilarant et féroce, qui rassemble les meilleures lettres de non motivation avec, en fac-similé, les offres d'emploi originales parues dans les journaux, et les réponses - non moins authentiques - des entreprises. Note de l'éditeur : Toutes les lettres que vous allez lire sont authentiques. Julien Prévieux est artiste. Il y a huit ans, après avoir vainement cherché un emploi, il s'est mis à les refuser tous. Il a décidé de prendre les devants : refuser l'emploi qui nous est de toute façon refusé. Depuis, il a rédigé et envoyé plus de 1 000 lettres de non-motivation en France et à l'étranger. Il a reçu environ 5 % de réponses, en majorité automatiques. Vous trouverez ici une sélection des meilleures lettres, regroupées en deux parties : celles avec les réponses des entreprises et celles restées sans réponse.La lettre de motivation est un jeu social dont personne n'est dupe, un exercice obligatoire dans le rituel du recrutement. Julien Prévieux joue à ce petit jeu comme quelqu'un qui écrirait de vraies lettres, en réponse à des offres d'emploi qui lui auraient été personnellement adressées, et qui petit à petit, deviendrait fou, finissant lui aussi par envoyer des lettres automatiques, une machine écrivant à des machines. Son propos n'est pas celui du pastiche ou de la caricature (imiter, grossir le trait). C'est tout l'inverse : chacun des personnages qu'il incarne tour à tour fait apparaître, précisément son franc-parler, ce jeu social comme ce qu'il est un jeu factice, mensonger et, en définitive, d'une incroyable violence. On comprend que la plupart du temps cette lettre dans laquelle le candidat est censé se livrer, exprimer sa personnalité et ses désirs, n'aura même pas été lue avant d'atteindre la corbeille. En ce sens, la lettre de motivation apparaît comme la mise en scène de l'infériorité du demandeur et de la toute puissance de l'entreprise.C'est cet exercice imposé de la fausseté, du mensonge en soi et de l'humiliation, que les lettres ici rassemblées, dans leurs formes variées, proliférantes, souvent dingues et toujours opiniâtres, font dysfonctionner.À l'heure du " travailler plus " pour vivre moins, ces lettres de non-motivation nous réapprennent quelque chose de fondamental. Retrouver cette capacité, jouissive, libératrice, de répondre : non.
Société | Depuis des années, Renaud Epstein, sociologue-collectionneur, accumule les cartes postales des Grands Ensembles des 30 Glorieuses. Vestiges d’antan, loin des stéréotypes-d’aujourd’hui, ces photos (jaunies, noires et blanches, kodachromes, c’est selon) racontent le temps passé, et les promesses d’hier. Au recto, un bâti divers et bigarré. Au verso, un aperçu des habitants par eux-mêmes. Après des années à nourrir son fil Twitter, Epstein, prof à Science Po Saint Germain en Laye, en a tiré un livre : « On est bien arrivés » (Le Nouvel Attila). Beau et singulièrement politique.

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