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Le capitalisme n’est pas en crise : il est la crise
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Capitalisme

Le capitalisme n’est pas en crise : il est la crise

1 h 3213/03/2026
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Dans cet entretien dense et stimulant, l’économiste Romaric Godin propose une lecture radicale de notre époque : le capitalisme ne traverse pas simplement une crise, il en est la source structurelle. Face aux discours dominants sur la « polycrise » et la résilience, il avance une autre hypothèse : un système dominé par l’accumulation du capital qui génère chaos économique, social et écologique.

À partir de son concept de « capitalisme d’état d’urgence », Godin analyse la dérive autoritaire du système et les contradictions qui l’habitent. Une discussion essentielle pour comprendre la logique profonde des crises contemporaines — et les moyens d’en sortir.

La rencontre avec Romaric Godin

  • L’entretien s’ouvre sur la thèse centrale du livre : le capitalisme n’est pas simplement confronté à une succession de crises, il constitue lui-même la matrice de ces crises. L’invité résume cette idée par une formule claire : « le capitalisme n’est pas en crise mais qui est le… Crise » 

  • Romaric Godin critique la théorie de la « polycrise », qui décrit une multiplication de crises indépendantes. Selon lui, cette approche empêche de comprendre la racine commune du chaos contemporain. Il explique que « la poly crise c’est cette multiplication de crises indépendantes les unes les autres » mais qu’elle évacue la question centrale de leur origine 

  • Pour lui, cette vision mène à une politique dominante : la résilience. Or il estime que cette notion sert surtout à maintenir l’ordre existant. Il affirme ainsi : « la résiliance, en fait, c’est une vision complètement conservatrice » 

  • L’économiste propose au contraire de chercher la source des crises dans la logique d’accumulation du capital. Il explique vouloir « trouver un point de départ de ce chaos » qui, selon lui, réside dans « l’accumulation du capital » 

  • Il souligne que le capitalisme ne se limite pas à un système économique mais constitue une organisation globale de la société : « le capitalisme c’était pas uniqument un élément économique, c’et aussi une organisation sociale, c’ét aussi un rapport à la nature, cet aussi un rapport à l’individu » 

  • Face aux limites de la croissance, le capital intensifie la pression pour maintenir ses profits. Godin explique que la difficulté pour les capitalistes est « de continuer en fait à gagner toujours plus, avec un système économique qui produit… de moins en moins de croissance » 

  • Cette pression produit une dynamique destructrice. Il insiste sur le fait que le système devient « plus destructeur pour tout le reste en fait, pour le monde du travail, pour les individus, pour des sociétés, pour la nature » 

  • Il décrit alors ce qu’il appelle le « capitalisme d’état d’urgence », dans lequel la logique du capital tend à se débarrasser des contraintes démocratiques. Selon lui, le système « va durcir son comportement, notamment en se débarrassant de ce qui l’ennuie le plus, qui sont les formes démocratiques libérales » 

  • Godin insiste également sur la nature du capitalisme, qu’il décrit comme une dynamique impersonnelle : « le capitalisme… c’est un système qui est impersonnel et aveuble » 

  • Enfin, l’entretien se conclut sur la possibilité de sortir de cette logique. Pour lui, la solution ne peut être technique mais politique et sociale : « la seule solution pour sortir du chaos dans lequel on est en train de s’enfoncer, c’est de quitter l’attraction du capital et donc de changer de mode de production » 

Transcription de l’émission

00:00:00David Dufresne
Ah, le son est bon ? Alors j’ai fait une bonne blague, est-ce que le son est bon là maintenant ? Merde, j’avais fait une bonne blague, ben je la refais quand même, je la refais quand même, oui j’ai oublié de vous dire, c’est Théophile pour la toute première, qui est à la technique, mais là ça y est, c’est bon. Alors attendez, je recommence, putain c’est con, il était bon le lancement. Bon alors 3 à 4, amis du café, amis de la pensée pure, amis de Karl Marx façon hétérodoxe, de Guy Debord façon supporter, amis de Romaric Godin bonjour ! Romaric Godin, je le disais, ce bouquin, c’est un des bouquins les plus puissants que j’ai lu ces 6 derniers mois, avec lequel tu viens. Mais je vais être franc avec toi et avec les millions de gens qui nous regardent, les aupostiens, tous ceux qui sont sur le site en ce moment même au poste.media, tu travailles à Mediapart et t’es pas foutu de trouver le studio seul !
00:01:11Romaric Godin
C’est la faiblesse, c’est parce que je ne suis pas au service enquête et donc du coup j’ai encore des lacunes là-dessus, faut que je travaille encore. Mais c'était bien, il faut s’améliorer.

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Sources, liens & références

Romaric Godin
@romaricgodin.bsky.social
Bluesky

Le problème à trois corps du capitalisme - Romaric Godin - 2026 

: Le monde prend un tour de plus en plus chaotique. La guerre revient à l'ordre du jour, les catastrophes écologiques se succèdent, les sociétés se fracturent, l'extrême droite semble monter partout. Derrière ce désordre généralisé se déploient trois crises – les trois corps de notre problème – en apparence indépendantes, en réalité étroitement liées : une crise économique, une crise écologique et une crise anthropologique. Toutes trois sont sous-tendues par une même dynamique, celle de l'accumulation du capital, avec ses effets destructeurs sur les économies, la nature et les humains. De sorte que ces crises s'entretiennent les unes les autres et qu'aucune solution ne peut être trouvée – en tout cas tant que les sociétés continueront à placer en leur centre le capital. Pour l'heure, l'échec du néolibéralisme est en train de donner naissance à un monstre : un capitalisme d'État d'un genre nouveau qui gère l'urgence dans l'intérêt exclusif du capital et trouve sa traduction politique dans l'extrême droite. Ce " capitalisme d'État d'urgence " n'a rien d'autre à offrir que davantage de destruction. Il oblige ceux qui veulent stopper ce mouvement à revoir entièrement leur stratégie et leurs objectifs.

editionsladecouverte.fr
c'est une conjecture qu'on n'arrive pas à résoudre, un grand problème de la physique moderne - Problème à n corps  fr.wikipedia.org/wiki/Probl... 
pimikosaicho
(Q) est-ce que cette pression a tendance à pousser les capitalistes à la concurrence entres eux ou à la solidarité de classe ?
Trognon

Technoféodalisme - Cédric Durand - 2020 

: Au début des années 2020, le consensus de la Silicon Valley se délite. Inégalités folles, stagnation de la productivité, instabilité endémique... la nouvelle économie n'est pas advenue. Les algorithmes sont omniprésents, mais ce n'est pas pour autant que le capitalisme s'est civilisé. Au contraire. La thèse de ce livre est qu'avec la digitalisation du monde se produit une grande régression. Retour des monopoles, dépendance des sujets aux plateformes, brouillage de la distinction entre l'économique et le politique : les mutations à l'œuvre transforment la qualité des processus sociaux et donnent une actualité nouvelle au féodalisme. L'ouvrage commence par proposer une généalogie du consensus de la Silicon Valley et met en évidence les cinq paradoxes qui le minent. La thèse centrale est ensuite déroulée, rythmée par des développements sur les GAFA, les chaînes globales de valeur ou encore le système de crédit social chinois. Les grandes firmes se disputent le cyberspace pour prendre le contrôle sur des sources de données. Les sujets sont attachés à la glèbe numérique. Dans l'ordre économique qui émerge, les capitaux délaissent la production pour se concentrer sur la prédation.

editionsladecouverte.fr
"Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage" ce bon vieux Jaurès lors d’un discours à la Chambre des députés le 7 mars 1895
TangCe

La guerre sociale en France - Romaric Godin - 2019 

: La tentation d'un pouvoir autoritaire dans la France de 2019 trouve ses racines dans la vision économique du candidat Macron. En défendant l'idée d'une transformation néolibérale radicale du modèle économique, ce programme conduit à un inévitable conflit avec une population opposée à une telle évolution. Incapable de construire une majorité autour de ce projet, le pouvoir n'a d'autres solutions que de durcir la démocratie par un excès d'autorité permanent. La tentation d'un pouvoir autoritaire dans la France de 2019 trouve ses racines dans le projet économique du candidat Macron. Depuis des décennies, la pensée néolibérale mène une guerre larvée contre le modèle social français de l'après-guerre. La résistance d'une population refusant des politiques en faveur du capital a abouti à un modèle mixte, intégrant des éléments néolibéraux plus modérés qu'ailleurs, et au maintien de plus en plus précaire d'un compromis social. À partir de la crise de 2008, l'offensive néolibérale s'est radicalisée, dans un rejet complet de tout équilibre. Emmanuel Macron apparaît alors comme l'homme de la revanche d'un capitalisme français qui jadis a combattu et vaincu le travail, avec l'appui de l'État, mais qui a dû accepter la médiation publique pour " civiliser " la lutte de classes. Arrivé au pouvoir sans disposer d'une adhésion majoritaire à un programme qui renverse cet équilibre historique, le Président fait face à des oppositions hétéroclites mais qui toutes rejettent son projet néolibéral, largement à contretemps des enjeux de l'époque. Le pouvoir n'a ainsi d'autre solution que de durcir la démocratie par un excès d'autorité. Selon une méthode classique du néolibéralisme : de l'épuisement de la société doit provenir son obéissance.

editionsladecouverte.fr
mais vraiment Au Poste, vous nous faites toujours découvrir des personnes incroyables
francoisval
Merci AuPoste ! comme d'hab, hyper intéressant !
catcol
Merci David et Romaric. Vive auposte!
axokab

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Mathieu Rigouste
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