propagande
We’ve detected that JavaScript is disabled in this browser. Please enable JavaScript or switch to a supported browser to continue using x.com. You can see a list of supported browsers in our Help Center.

En vous abonnant, vous choisissez chaque mois l’émission mise en avant sur AuPoste.fr.
Joie et honneur de recevoir l'économiste par lequel la « réforme des retraites » avait eu droit à un contre-récit détaillé, circonstancié, et apaisé. Avec le chercheur associé à Sciences Po (évaluation des politiques publiques), on a scruté les programmes économiques du RN et du front populaire. Masterclass.
Michaël Zemmour est professeur d'économie. Un de ses champs de recherche est l’étude des systèmes de financement de la protection sociale et des services publics. Il fait partie des économistes, près de 300, signataires de la tribune soutenant le programme du Nouveau Front Populaire (1).
Être économiste de gauche, c'est poser des questions de gauche à l'économie. Quelles sont les conséquences sur les individus ? Par contre, la manière de traiter les questions reste dans les règles de l'art.
Il est souvent qualifié d'économiste « de gauche », sur les plateaux où on oublie de préciser que les économistes libéraux sont de droite. Ses méthodes sont les mêmes, mais les questions qu'il pose sont différentes. Au lendemain de la conférence de presse de Jordan Bardella et des grands oraux face aux patrons du MEDEF, Michaël Zemmour vient proposer son point de vue d'économiste sur les programmes des forces politiques en présence.
Faire le comparatif des programmes soulève un premier problème : ils ne sont pas du tout détaillés de la même manière. Ce dernier, « brouillon, aux chiffres changeant en permanence », entretient à dessein le flou de la stratégie politique du parti. Pourtant, si l'on peut dire quelque chose de clair sur le programme du RN, c'est qu'il est « bien de droite ». Il tient le même cap que la politique du gouvernement Macron, à savoir : vider les caisses. Baisses d'impôts sur les plus riches, baisse de cotisations sur les entreprises, compensées par le définancement des services publics.
On ne peut pas en même temps baisser les cotisations sociales sur les entreprises de manière massive, et revenir sur la retraite à 64 ans, c'est l'un ou l'autre. Le Front Populaire, programme de gauche assez classique, dit « on revient sur la réforme et on s'en donne les moyens, y compris avec des recettes de cotisations sociales » ; le RN garde les baisses de cotisation et garde la retraite à 64 ans.
Nous avons donc bien affaire à un programme de droite, mais pas seulement : c'est un programme d'extrême-droite. La nuance n'est pas gratuite, « c'est un enjeu économique de le qualifier comme tel ». La suppression de droits sociaux et de l'accès à certains emplois promise à une partie de la population active, au nom de la « préférence nationale », générerait des désordres économiques qui feraient « basculer environ 100.000 personnes dans la pauvreté, dont des enfants français nés de parents étrangers », d'après les estimations de plusieurs économistes.
Le programme du RN aggrave les inégalités par le haut et par le bas : il améliore le sort des plus riches par des baisses d'impôt, il diminue le sort des classes populaires, et n'améliore pas le sort des classes moyennes.
Les milieux d'affaires ne semblent pas inquiets pour autant. L'assise libérale du programme n'a rien pour les dérouter, et à première vue, leurs indicateurs fétiches ne semblent pas avoir à bouger. « Faute morale et politique » pour Michaël Zemmour qui rappelle ce qui n'est manifestement pas acquis pour tout le monde : « Si vous dites qu'il n'y a pas de problèmes parce que telle variable ne bouge pas, et que vous faites l'économie contre la population, vous ne pouvez pas dire que l'économie va bien ».
L'électorat du RN, pourtant desservi, pour l'immense majorité, par la politique proposée par le parti d'extrême-droite, est sensible au discours xénophobe, à la promesse que leur sort s'améliorera parce que celui des personnes « moins françaises » va se dégrader. C'est au final le même mouvement, le racisme en plus, que celui du gouvernement actuel qui s'attaque aux droits des chômeurs pour faire espérer au reste de la population active un quelconque progrès. Dans les deux cas, les services publics sont les grands perdants.
On fait miroiter aux classes moyennes du pouvoir d'achat, de la baisse de TVA. D'abord, si la TVA baisse, rien n'assure que les prix baisseront, elle peut être empochée par les vendeurs ; ensuite, ce sera autant moins d'argent pour l'école, la santé... Et si ces services ne répondent plus, que vous êtes obligés de vous tourner vers le privé, votre pouvoir d'achat n'aura pas augmenté.
« L'économie, ce n'est pas qu'une affaire de tableaux Excel ». Certains chiffres sont estimables de manière relativement précise, comme les coûts directs de mesures telles que la suppression de l'ISF, ou la réforme de l'assurance-chômage. D'autres le sont beaucoup moins, dépendent de facteurs extérieurs, de la situation économique globale qui est elle-même incertaine. Pour évaluer un programme, dont on ne sait d'ailleurs si il sera tenu jusqu'au bout ou non, il ne s'agit pas d'additionner les chiffres : c'est la stratégie générale qui est à observer.
Le programme du Front populaire est d'ailleurs construit ainsi : des mesures d'urgence sont définies pour les 15 premiers jours, d'autres dites de « bifurcation » pour les 100 premiers jours, d'autres plus générales pour la suite du mandat. Le cap est clair et cohérent : redistribution des richesses. L'argent est pris là où il est, par l'arrêt des baisses d'impôt inutiles, la taxation des très hauts patrimoines. Les détails de chaque mesure seront mis à discussion avec les acteurs concernés. « C'est en marchant qu'on avance », nous dit Michaël Zemmour, qui tord le cou à l'idée qu'il serait plus sérieux de tout définir à l'avance, puisque rien ne garantit le respect des chiffres énoncés.
Le débat démocratique gagnerait donc à ne plus tourner autour du chiffrage mais des orientations stratégiques. Pour cela, il s'agirait pour les journalistes spécialisés d'avoir du temps pour analyser les programmes, au lieu de reprendre à leur compte les dossiers de presse préparés par Bercy. Et une arrivée au pouvoir du Rassemblement National, avec sa volonté de privatiser l'audiovisuel public, réduirait à quasiment rien les espaces où la place pour le débat restait encore envisageable.
Il y a clairement trois orientations politiques à ces législatives. Le gouvernement dit « on continue ce qu'on fait depuis sept ans », la gauche dit « on réoriente », l'extrême-droite dit « on continue avec les politiques racistes en plus ». [...] On pourrait avoir un débat là-dessus, poser des questions à chaque camp. Mais à la place, les journalistes économiques ne travaillent pas leur sujet, jouent l'épouvantail en sortant des chiffres auxquels personne ne comprend rien, et évitent ainsi le débat.
Du point de vue des politiques sociales, qui sont le cœur du travail de Michaël Zemmour, l'aspect le plus important du programme du Front Populaire est qu'il tend à assurer un revenu minimum garanti quelque soit la situation. Si le RSA n'en est pas très loin, son montant est trop faible et son attribution comporte beaucoup d'exceptions. L'esprit du programme du Front Populaire au niveau national est d'ailleurs analogue : garantir à l'État le financement de services publics forts, comme une assise stable qui permet d'envisager l'avenir.
Au fil de l'entretien, l'économiste continue de comparer, sujet après sujet, les programmes du Front Populaire et du Rassemblement National. Logement, éducation, fiscalité, réforme des retraites, pénibilité du travail, réforme de l'assurance-chômage, amélioration des conditions de travail... le programme d'extrême-droite est fait de mesures symboliques qui n'ont aucune cohérence entre elles, taillées pour diminuer le coût du travail, là où le programme de gauche dessine une trajectoire de redistribution, de désintoxication des entreprises aux aides publiques pour financer des droits sociaux forts, des conditions de travail décentes et des rémunérations à la hauteur.
Ce n'est pas leur sujet d'être compétents et efficaces, mais plutôt de rassurer le milieu d'affaires, et surtout de changer l'ordre politique. Ils ont les idées beaucoup plus claires sur la préférence nationale que sur tout le reste.
(1) « Les orientations économiques du Nouveau Front populaire répondent aux défis de notre époque » - Nouvel Obs - 25 juin 2024 - https://www.nouvelobs.com/politique/20240625.OBS90197/les-orientations-economiques-du-nouveau-front-populaire-repondent-aux-defis-de-notre-epoque.html
Qui est Michaël Zemmour
Michaël Zemmour est économiste, enseignant-chercheur à l'université Lyon-2 et codirecteur de l'axe de recherche « Politiques socio-fiscales » du LIEPP, plateforme de recherche de Sciences Po.
Quelle est la spécialité de Michaël Zemmour ?
Michaël Zemmour est un économiste spécialisé dans l'analyse des politiques sociales.
Quels économistes soutiennent le programme du Nouveau Front Populaire ?
Parmi les économistes qui soutiennent le programme, on retrouve Michaël Zemmour, Julia Cagé, Thomas Piketty, Gabriel Zucman, ou encore Esther Duflo, prix Nobel d'économie en 2019. Une tribune signée par 300 économistes est publiée sur le site du Nouvel Obs.
Depuis 5 ans, #AuPoste défend les libertés publiques, la gauche critique, l’histoire vivante, les arts de la fugue et les voix qu’on bâillonne. Depuis 5 ans, nous avons choisi de rendre accessible gratuitement toute notre production car nous croyons plus que jamais à l’information en circuit libre.
Aujourd’hui, l’extrême droite est aux portes du pouvoir, les libertés sont sous attaque, la gauche est à rebâtir. Plus que jamais, une presse libre, fouilleuse et indocile est vitale.
Tout ça n’a pas de prix. Mais un coût. Loyer, salaires, matos, transport : vos dons font tourner la machine.
We’ve detected that JavaScript is disabled in this browser. Please enable JavaScript or switch to a supported browser to continue using x.com. You can see a list of supported browsers in our Help Center.
Nous utilisons des cookies ou technologies similaires pour stocker et/ou accéder à des données personnelles non sensibles stockées sur votre terminal et que nous traitons afin de réaliser des statistiques, mesurer les performances du site, afficher de la publicité et faire la promotion de notre journal.

La gauche ne gagne qu’unie. Front populaire, programme commun, gauche plurielle, NUPES. Laissons les guerres d’ego aux médiocres et aux éditorialistes sans foi ni rien. Ne nous battons pas là dessus. Mais contre les matins bruns. Jusqu’au 7 juillet, toute l’équipe d’Au Poste est sur le pont. En studio comme dans la rue. Avec nos petits moyens, et notre (gros) cœur à l’ouvrage. Merci d’être là, de partager, de nous encourager et de nous soutenir.
%PDF-1.4 % 118 0 obj <> endobj xref 118 17 0000000016 00000 n 0000001461 00000 n 0000001575 00000 n 0000002581 00000 n 0000002695 00000 n 0000003194 00000 n 0000004053 00000 n 0000004884 00000 n 0000005711 00000 n 0000006486 00000 n 0000007214 00000 n 0000007893 00000 n 0000008185 00000 n 0000008673 00000 n 0000009441 00000 n 0000010174 00000 n 0000000636 00000 n trailer <<8878B721143C4B57A2D12637E0194091>]/Prev 186271>> startxref 0 %%EOF 134 0 obj <>stream hb```w,{ Y8[^џ鮳k;* גZzR.ThaϧUi,\4Kc,;YzYwjE'\"r~${SSnzq)4nyS6$?GI7kՕk2BXKx&~UIp }K72EaQ2UKLYBY>qn:9Q~i+SnGOٸD0Wh?O"ԖkۺJYGўKG.&=%vfrw[v|=ʊurz K7/P-`ZLiV_]\T
En finance, le spread est la différence de prix entre le cours d’achat (offre) et le cours de vente (bid) coté pour un actif. Le spread est un élément clé du trading sur CFD car c’est de cette manière que les produits dérivés sont cotés. www.ig.com/fr/glossaire-tra...
Antifa | Depuis des mois, Au Poste voulait convier le sociologue Ugo Palheta, un des meilleurs connaisseurs du fascisme (l'ancien, comme le néo).

| « Fils de gitan, enfant des classes populaires, je suis issu de ces familles dont la politique est considérée comme n'étant pas "leur affaire". Mais en 2018 à l'âge de 14 ans je me suis soudainement retrouvé sur les ronds-points occupés par les gilets-jaunes et je ne cesse depuis de parcourir le chemin de celles et ceux qui luttent avec opiniâtreté à travers tout le pays.
Politique | C'est Piketty qui a lancé la première flèche: « Le vote macronien, c'est le plus bourgeois de l'histoire de France. Ça n'a pas fait plaisir qu'on le dise comme ça, mais c'est un fait objectif. » Puis Julia Cagé a déroulé. Pendant une bonne heure et demi, bien tassée, et de bonne humeur, les deux sont revenus sur leur travail monumental, les 864 pages de Une histoire du conflit politique (le Seuil).
Médias | Avec Julia Cagé, économiste, autrice de «Pour une télé libre contre Bolloré» (Le Seuil).
: Trois spécialistes analysent le système français de protection sociale, en le situant dans la moyenne durée (depuis 1975) et en le comparant à ceux de ses voisins européens. Ce système est confronté à des défis, engendrés notamment par les tendances sociodémographiques, la flexibilisation des marchés du travail et la libéralisation financière. Mais, loin de répondre mécaniquement à des facteurs extérieurs en partie communs aux économies riches, les évolutions du système français sont bien le produit d'une succession de décisions politiques. Le système a traversé la crise de 2008 et il connaît aujourd'hui encore une crise majeure déclenchée par la pandémie de la Covid-19. Pour penser les changements survenus depuis cinquante ans dans le système français, il faut tenir compte de son caractère hybride : l'universalisme de la protection y est paradoxalement recherché au travers de programmes fragmentés dont la Sécurité sociale reste la pierre angulaire. L'avenir de la protection sociale en France est ouvert, mais son caractère national est tout autant, sinon plus, affirmé qu'il y a vingt ans.
Not your computer? Use a private browsing window to sign in. Learn more about using Guest mode

Libertés | C’est une déclaration de Rocard, devenue indépassable. Depuis, la phrase claque comme un couperet. Elle tranche tout débat. Pierre Tevanian, philosophe, co-animateur du site Les mots sont importants, et Jean-Charles Stevens, juriste, auteurs de « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde » (Anamosa), démontent mot à mot ce « coup de force rhétorique ». Arguments, chiffres et références à l’appui, il s’agit de défaire une « xénophobie autorisée », mais aussi de réaffirmer la nécessité de l’hospitalité. Ils étaient convoqués Au Poste.
Nos invités #AuPoste
We’ve detected that JavaScript is disabled in this browser. Please enable JavaScript or switch to a supported browser to continue using x.com. You can see a list of supported browsers in our Help Center.


Recevez chaque dimanche la newsletter d’Au Poste.
Un point de vue critique et indomptable.
On a essayé de se comprendre
Au Poste est mis à la disposition de toutes et tous selon les termes de la licence Creative Commons Attribution : Pas d’Utilisation commerciale - Partage dans les mêmes Conditions.