

Mince alors ! Les régimes ne fonctionnent pas
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Dans ce nouvel épisode de Bouffe de là (le dernier de la saison), Nora Bouazzouni reçoit Ariane Grumbach, diététicienne féministe, gourmande et anti-régime.
L’été approche et nous voilà sommé·e·s de bien vouloir afficher un « bikini body » ferme et sans bourrelets. Mais depuis quelques années, la quête de minceur a ripoliné son image : exit le (gros) mot « régime », bonjour au « jeûne intermittent » et au « rééquilibrage alimentaire ». Des influenceuses « body positive » vantent les mérites de sous-vêtements gainants et des stars sous Ozempic gonflent leurs revenus avec des tisanes miraculeuses. Sur les réseaux sociaux, on ne compte plus les expert·e·s autoproclamé·e·s de la nutrition, qui diabolisent le sucre dans des best-sellers internationaux. Les troubles des conduites alimentaires ne régressent pas et l’industrie pharmaceutique compte ses milliards pendant que nous, on compte les calories. Alors, à qui profitent vraiment les régimes ?
Derrière les injonctions à "manger sain", "perdre du poids" ou "se reprendre en main" se cache tout un marché — et une oppression. Ariane Grumbach, ex-consultante devenue diététicienne anti-régimes, démonte une par une les croyances autour de l’amaigrissement et du "corps idéal". Invitée par Nora Bouazzouni,dans son émission Bouffe de là elle revient sur son parcours, sa pensée politique du soin et la guerre que l’industrie du régime mène à nos corps, en particulier ceux des femmes. Entre bienveillance radicale et lucidité politique, cette discussion fracasse les idées reçues.
« On pense qu’un régime, c’est anodin. En fait, ça détruit. » Dès les premières minutes, le ton est donné. Ariane ne vient pas jouer les nutritionnistes traditionnelles donneuse de leçons . Elle parle d’aliénation, d’injonctions, de culpabilité. Elle parle d’une industrie celle du régime qui engrange des milliards chaque année sur le mal-être de millions de personnes. Et elle le dit avec douceur, mais sans détour : « Un régime ne fonctionne pas. Ça fait croire que le corps est le problème, alors que c’est la société. »
Une ex-cadre sup qui s’écroule
Avant de devenir diététicienne, Ariane Grumbach a connu une autre vie : le monde de l’entreprise, des costards et des PowerPoints. Jusqu’à ce que son corps lui dise stop. Elle bascule alors dans une phase d’anorexie à l’âge adulte. C’est cette traversée du vide qui va la transformer. « J’ai compris que le problème n’était pas mon corps, mais ce qu’on projetait sur lui. » Elle entame alors un travail sur elle-même et décide de changer de métier. Son approche : plus jamais culpabiliser les gens sur leur poids.
« On n’a pas à mériter la nourriture. »
Pourquoi les régimes ne marchent pas (et ne marcheront jamais)
Le cœur de sa démonstration est implacable : les régimes ne font pas maigrir sur le long terme. Pire, ils conduisent à une reprise de poids quasi systématique, et souvent supérieure à la perte initiale. En cause ? Le corps, qui interprète le régime comme une agression, un stress, une famine. « C’est biologique, pas moral. » Et pourtant, les gens qui “échouent” à perdre du poids sont renvoyés à leur “manque de volonté”. Le piège est parfait.
La tyrannie du contrôle
Ce que démonte Grumbach, c’est aussi une vision profondément normative du corps. Dans notre société, un corps mince est perçu comme moralement supérieur : il serait discipliné, maîtrisé, rationnel. À l’inverse, un corps gros serait "lâche", "malsain", "hors de contrôle". Or, rappelle-t-elle, la santé ne se lit pas sur un tour de taille. Et surtout : « Personne ne nous doit la santé. »
« Un corps gros n’est pas une anomalie à corriger. »
Le tchat s’en mêle
Dans le tchat, on sent les vécus affleurer. @Java Mulo raconte son sentiment d’échec après chaque régime. @Optimistique avoue avoir « passé sa vie à se haïr pour des kilos ». L'invitée répond sans détour, mais avec empathie : « Ce n’est pas vous qui avez échoué. C’est le régime. » À ce moment-là, on ne peut qu’être d’accord avec elle. La parole devient politique, réparatrice.
Manger acte d’amour… pas de contrôle
Contre les logiques de domination, Ariane propose une autre voie : celle de l’alimentation intuitive. Apprendre à écouter ses sensations, redonner confiance au corps, sortir du rapport binaire entre interdit et permission. « On n’a pas besoin d’une application pour savoir si on a faim. » L’idée n’est pas de rejeter toute forme de soin, mais de remettre du libre arbitre là où il n’y a souvent que peur et injonction.
« Se réconcilier avec son corps, c’est un acte politique. »
La grossophobie systémique : nommer l’ennemi
On l’oublie trop souvent, mais la diététicienne le rappelle avec fermeté : la société est grossophobe, du monde du travail aux cabinets médicaux. Elle cite des témoignages de patients refusés, humiliés, ou qui n’osent plus aller consulter. Elle-même, dit-elle, s’est longtemps sentie illégitime à parler. « Le monde médical a du mal à écouter les expériences, surtout quand elles remettent en cause le dogme. » Son message est clair : tant qu’on pathologisera les corps gros, on empêchera toute vraie politique de santé publique.
Changer les récits, une consultation à la fois
Dans son cabinet, Ariane voit des gens cabossés, mais dignes. Elle les aide à se défaire des normes, à déconstruire l’idée qu’il faudrait se "corriger". Elle ne promet pas la perfection, ni le bonheur immédiat. Elle propose de la paix. De la dignité. Du respect. « On ne peut pas avoir de relation sereine à la nourriture si on la vit comme une menace. »
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Pourquoi Ariane Grumbach est-elle contre les régimes ?
Parce qu’ils sont inefficaces, dangereux, culpabilisants et qu’ils profitent davantage aux industries qu’aux individus.
En quoi consiste l’alimentation intuitive ?
Il s’agit de se reconnecter à ses sensations de faim et de satiété, sans interdits, sans morale, en écoutant ses besoins réels.
Que représente le Collectif G.R.O.S?
Le Collectif G.R.O.S. (Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids) est une association française fondée en 1999, composée de professionnels de santé (médecins, psychologues, diététiciens…) qui remettent en question les approches traditionnelles de la perte de poids, notamment les régimes amaigrissants. Leur devise : « Maigrir sans régime ». Mais ce slogan cache une démarche beaucoup plus profonde.
En quoi consiste le régime Dukan?
Le régime Dukan, du nom de son créateur Pierre Dukan, est un régime hyperprotéiné en quatre phases, censé permettre une perte de poids rapide et durable. Très populaire dans les années 2000, il a aussi suscité de vives critiques dans le monde médical et nutritionnel.
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Cet article est le fruit d'un travail humain, d'une retranscription automatique de l'émission par notre AuBotPoste revue et corrigée par Rolland Grosso et la rédaction.
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Sources, liens & références



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Beauté fatale - Mona Chollet - 2012
: Comment les industries du " complexe mode-beauté " travaillent aujourd'hui à entretenir, sur un mode insidieux et séduisant, la logique sexiste au cœur de la sphère culturelle. Le corps féminin est sommé de devenir un produit, de se perfectionner pour mieux se vendre. Soutiens-gorge rembourrés pour fillettes, obsession de la minceur, banalisation de la chirurgie esthétique, prescription insistante du port de la jupe comme symbole de libération : la " tyrannie du look " affirme aujourd'hui son emprise pour imposer la féminité la plus stéréotypée. Décortiquant presse féminine, discours publicitaires, blogs, séries télévisées, témoignages de mannequins et enquêtes sociologiques, Mona Chollet montre dans ce livre comment les industries du " complexe mode-beauté " travaillent à maintenir, sur un mode insidieux et séduisant, la logique sexiste au cœur de la sphère culturelle. Sous le prétendu culte de la beauté prospère une haine de soi et de son corps, entretenue par le matraquage de normes inatteignables. Un processus d'autodévalorisation qui alimente une anxiété constante au sujet du physique en même temps qu'il condamne les femmes à ne pas savoir exister autrement que par la séduction, les enfermant dans un état de subordination permanente. En ce sens, la question du corps pourrait bien constituer la clé d'une avancée des droits des femmes sur tous les autres plans, de la lutte contre les violences à celle contre les inégalités au travail.

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