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« On n’a pas eu droit à la justice ». Élisabeth Borrel brise 30 ans de silence
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Trente ans. Trente ans qu’Élisabeth Borrel se bat pour faire reconnaître ce que l’État tente de nier : l’assassinat de son mari, Bernard Borrel, magistrat en poste à Djibouti. Ce drame, survenu en 1995, n’a jamais été élucidé, ni même assumé. Entre raisons d’État, blocages politiques et manipulations judiciaires, elle livre ici un témoignage bouleversant. Une parole rare, sans détour, sur un système qui préfère se taire que d’admettre ses fautes. L’interview d’une femme debout, contre tous.
C’est un triste anniversaire. Le 18 octobre 1995, le juge français Bernard Borrel a été assassiné à Djibouti. Depuis trente ans, sa femme Elisabeth Borrel, elle-même magistrate (aujourd’hui à la retraite), travaille patiemment pour faire éclater la vérité et s’active sans relâche pour que l’État et la justice française reconnaissent l’assassinat de son mari. C’est un combat contre l’oubli et le silence. Un combat pour la justice et contre la raison d’État.
Dans ce nouvel épisode de la « boîte noire », je vous propose de revenir sur ce cold case (affaire non résolue), une affaire pour le moins sensible entre la France et Djibouti. Depuis bientôt trente ans, treize juges d’instruction se sont relayés, mais depuis quelques années, la justice semble tourner au ralenti.
Avec Elisabeth Borrel, qui a repris toutes les pages de ce dossier tentaculaire, on va parler des pressions et des menaces qu’elle a subies, ainsi que sa famille, mais aussi de la difficulté d’accéder à des documents secret-défense. On va également parler des opérations de barbouzes pour la décrédibiliser ainsi que son mari, mais aussi de la haute magistrature, des réseaux politiques de l’ombre de la Vème République, les relais de la Françafrique.
Qui a tué son mari ? Quelle vérité veut-on cacher ? Pourquoi l’enquête n’avance plus ? Quelles pressions politiques la justice a-t-elle subie ? Quel rôle ont joué les médias ?
Aujourd’hui, Elisabeth Borrel est désormais convaincue que « quelques intérêts corrompus à la tête des États » ont tué son mari. Et l’ancien magistrate a découvert une nouvelle piste : Djibouti serait le lieu de plusieurs trafics, notamment d’uranium enrichi, ce qu’aurait découvert son mari peu de temps avant sa mort. Une chose est sûre, la thèse officielle du suicide ne tient plus. Et puis, autre certitude : les incohérences factuelles et judiciaires se multiplient. En 2014, des scellés en lien avec l’affaire ont ainsi été détruits « par erreur » (un briquet saisi sur les lieux du crime, un short, une sandale…). Une erreur de trop. L’État français a été condamné par la Cour européenne des droits de l’Homme pour « faute grave » en 2020, suite à cette destruction de preuves, et a dû verser 140 000 euros de dommages et intérêts.
« 30 ans après, on peut démontrer le complot politico-judiciaire », assure Elisabeth Borrel. Pour commémorer ce triste anniversaire, plusieurs initiatives sont prévues. Et l’un des fils d’Elisabeth, Louis-Alexandre a écrit un livre intime et d’archives sur l’affaire, intitulé Toi qui nous demeures et fabriqué en auto-édition.
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Marc Endeweld
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Sources, liens & références
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Quel courage ! Respect Madame pour votre détermination à trouver la vérité ...
collectifsecretdefense.frMerci pour votre courage et de garder vivante une autre idée de la justice
Merci au Poste et bon courage à Elisabeth dans son juste combat
Merci Madame . Merci pour l’émission
Madame, merci pour votre engagement pour que justice soit rendue à votre mari. Merci pour tout ce que soulève votre combat. Merci au Poste de donner la parole à une telle grande dame !

#AuPoste #BoiteNoire présentée par Marc Endeweld
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