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Patricia Mazuy à la Quinzaine en actions #Cannes2024
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Patricia Mazuy à la Quinzaine en actions #Cannes2024

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Une discussion drôle, tranchée, avec le franc parler de la réalisatrice. Dans la salle, (bien) à l'écart de la Croisette, des apprentis cinéastes, et des jeunes qui ne vont jamais au cinéma. On a causé Doors, colleuse-monteuse, scénario, cinéma soviétique des années 1920, essais, erreurs. Un chouette moment de (méta) cinéma.

Le 21 août, Patricia Mazuy sort «La prisonnière de Bordeaux» (en sélection à la Quinzaine des Réalisateurs) avec Isabelle Huppert et Hafsia Herzi. Ce matin, la réalisatrice tenait discussion avec des jeunes venus de Dijon, de Charleville Mézières et de la région parisienne, emmenés ici par la petite équipe de la Quinzaine en actions.

La rencontre en quelques mots

Côté gradins, des étudiantes et étudiants, nés à l'ère du numérique et dans une économie du cinéma faite de grandes écoles et de spécialisation. Côté scène, Patricia Mazuy, cinéaste autodidacte et obstinée ayant commencé son chemin dans les années 1980, se prête au jeu des questions-réponses. On se retrouve projeté dans les salles de montage, au milieu des bandes magnétiques numérotées à la main, des ciseaux, des colles et du scotch. Au détour des studios, Agnès Varda, Jean-François Stévenin, et bien d'autres rencontres qui mériteraient de figurer au générique.

Admettant qu'elle n'aurait pas du tout pu avoir le même parcours en commençant à notre époque, elle livre ses réflexions sur le travail de réalisateur.ice à travers l'évolution - autant des technologies que de l'écosystème - du cinéma, insistant sur l'importance du temps long et du travail collectif.

Il faut rester ouvert aux autres pour trouver des amis avec qui travailler. Ce n'est pas une histoire de contacts, les contacts c'est pour le téléphone, il faut connaître les gens. Pas besoin d'en connaître quinze mille.
Patricia Mazuy

En évoquant son dernier long-métrage, « La Prisonnière de Bordeaux », qu'elle présente à Cannes, la cinéaste explique sa conception personnelle de ce qu'est le rôle de réalisatrice : comment, d'un scénario, fait-on un film ?À chaque nouveau projet, elle trouve des réponses à cette question dans la relation qu'elle tisse avec les actrices et acteurs, ainsi qu'avec son sujet. Même si le scénario est écrit à l'avance, c'est pendant le tournage qu'il prend tout son relief.

Trois questions clés

Qu'est-ce que la Quinzaine en actions ?

La Quinzaine en actions est un dispositif parallèle au festival de Cannes qui s'attelle à partager le cinéma avec un public jeune et majoritairement éloigné de celui-ci. Elle prend la forme de projections, de rencontres avec les cinéastes.

Quels sont les films de Patricia Mazuy ?

Patricia Mazuy a réalisé une dizaine de longs-métrages parmi lesquels Peaux de vaches (1989), Saint-Cyr (2000), Basse Normandie (2004), Sport de filles (2011) et La Prisonnière de Bordeaux (2024).

De quoi parle La Prisonnière de Bordeaux ?

D'après un scénario de François Bégaudeau et Pierre Courrège, La Prisonnière de Bordeaux met en scène la rencontre entre deux femmes, interprétées par Isabelle Huppert et Hafsia Herzi, qui se rencontrent au parloir de la prison où leurs maris sont détenus.

Transcription de l’émission

Intervenante
Patricia, merci infiniment d'être là avec nous aujourd’hui. On est très heureux. Donc, vous êtes réalisatrice de métier ? Est-ce que c’est quelque chose que vous rêviez de faire quand vous étiez petite ? Et comment devient-on réalisatrice de cinéma ?
Patricia Mazuy
Oui, je rêvais de faire ça depuis que j’avais onze ans, mais j’ai eu pas mal de chance et je pense que maintenant ce serait plus compliqué. C’est ça que je veux dire. C’est-à-dire que j’ai appris sur le tas et je n’ai pas fait d'école et tout et tout. Et en fait, maintenant je pense qu’il faut faire une école parce qu’avec le numérique, avant il y avait, il y a toujours besoin de plein de stagiaires, esclaves et tout. Mais il y en a besoin de moins parce que les ordinateurs font plus de choses. Donc du coup il y a plus la possibilité d’apprendre en étant stagiaire autant que moi, j’ai eu cette chance. Voilà.

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