9 201 €récoltés
Loyer
Gestion
Transport
Salaires
Divers
Site
16 000 €Objectif/mois
Sans montage ni formatage
Au Poste retourne le réel Pour défendre les libertés et nourrir le débat à gauche Média 100 % libre et LIVE Sans montage ni formatage
« Police partout, justice nulle part » : le chemin de croix des victimes de la police
Abonnez-vous pour sélectionner votre plateforme favorite
PeerTubeArte Radio
Armes

« Police partout, justice nulle part » : le chemin de croix des victimes de la police

Voter pour cette émission

En vous abonnant, vous choisissez chaque mois l’émission mise en avant sur AuPoste.fr.

Pourquoi en France, les victimes de violences policières n’obtiennent‑elles presque jamais justice ? La question taraude depuis des années Anne-Sophie Simpère, ancienne chargée de plaidoyer à Amnesty International.

De ses interrogations, elle vient d'en tirer un livre où la parole est donnée aux victimes. Ce matin, avec Bigui, du collectif Les Mutilé·e·s pour l'exemple, Anne-Sophie a décortiqué leur chemin de croix.

Le livre d'Anne-Sophie Simpère est construit comme un chemin de croix. Pour la victime, le premier obstacleest le gouffre financier des frais médicaux et des frais d’avocat si elle porte plainte - puis des frais de justice, si le dossier est instruit. Anne-Sophie Simpere cite le cas d’Arthur, vicitme de  “coups de matraques dans les dents [...] et en a eu pour plus de 15.000€ de frais dentaires”. Parfois les blessures sont si graves que la victime ne peut plus travailler, comme Bigui, présent ce matin, qui a perdu son emploi qu’il tenait depuis 20 ans.

J’étais venu manifester contre la loi Sécurité Globale. On a reçu des grenades de gaz lacrymogènes. Je ne respire plus, donc j’en saisis une, je la renvoie devant moi sans viser personne, une, puis deux, puis trois, et la quatrième était une grenade de désencerclement. Et j’ai perdu ma main.
Bigui

Dans son cas, grave, l’enquête avait été lancée par la police, comme c'est l'usage, mais la plupart du temps, c’est à la victime d’aller porter plainte : “une course contre la montre” explique Anne-Sophie Simpere.

Il peut y avoir des ratés, parce qu’on est traumatisé, parce qu’on est à l’hôpital, parce que c’est difficile de demander à une victime de se tourner vers l'institution qui représente les gens qui l’ont blessée, parce qu’il peut y avoir une réticence des policiers à enregistrer une plainte contre leurs collègues [...] et parce qu’il faut un certain capital social pour être capable de mobiliser un avocat et d’agir extrêmement vite.
Anne-Sophie Simpere.

Le procureur, qui travaille en lien étroit avec la police, mène alors l’enquête préliminaire, sans contradictoire. La plupart du temps, le dossier est classé sans suite, au motif que le tireur n’est pas identifié ou parce que le procureur “estime que l’infraction n’est pas constituée”, interprétant souvent la situation hors des critères juridiques, justifiant l’usage de la force par “un contexte “insurrectionnel”. Après deux ans et demi, Bigui a appris que son enquête était classée sans suite. Il préfère ne pas relancer la machine judiciaire.

Si j'enquête, je ne sors pas de cette situation où je pense toujours à cette perte de main. J’ai envie que ma vie continue, mais sans me soucier du futur, du tribunal où on va me dire que je suis coupable, que j’ai voulu viser un policier, alors que c’est faux.
Bigui

Si l’affaire n’est pas classée, elle arrive chez le juge d’instruction. L’enquête ayant souvent duré longtemps, les preuves se sont souvent volatilisées (images de caméra de survaillance, etc), et puisqu’il y a ni enjeu de privation de liberté ni volonté politique, le dossier peut rester au point mort très longtemps.

A chaque étape, on perd du monde, au moment de la plainte, et après l’instruction.
Anne-Sophie Simpere

Si la victime va jusqu’au procès, là encore, “il n’y a pas d’excuses, d’expression de remords : on va chercher la faute de la victime” affirme Anne-Sophie Simpere, choquée lors du procès du policier ayant éborgné Laurent Théron par les analyses psychologiques, dressant “un portrait dithyrambique du policier”, tandis que tout dans la vie de la victime était porté à son discrédit.

La prison ferme pour les policiers est extrêmement rare. Je ne peux pas m’empêcher de penser à toutes les personnes en situation de précarité qui sont envoyées en prison ferme pour avoir volé de la nourriture, tandis que des gens qui ont tué ou mutilé ne sont pratiquement pas envoyés en prison. [...] Il y a beaucoup de peines [des policiers] sans inscription au casier judiciaire, donc sans problème pour la carrière, très peu d’interdictions d’exercer prononcées.
Anne-Sophie Simpere

Pour Simpere, les mesures concrètes existent, et il faut s'y accrocher : une IGPN indépendante, un dépaysement systématique des affaires, une politique pénale volontariste, le port du RIO… Mais ce qui manque, “ce sont de gens qui peuvent s’engager sur du très long terme pour obtenir au moins des réformes structurelles Ce n’est pas une bataille qu’on va gagner avec un moment médiatique.”

Puisque vous êtes ici…

Depuis 5 ans, #AuPoste défend les libertés publiques, la gauche critique, l’histoire vivante, les arts de la fugue et les voix qu’on bâillonne. Depuis 5 ans, nous avons choisi de rendre accessible gratuitement toute notre production car nous croyons plus que jamais à l’information en circuit libre.

Aujourd’hui, l’extrême droite est aux portes du pouvoir, les libertés sont sous attaque, la gauche est à rebâtir. Plus que jamais, une presse libre, fouilleuse et indocile est vitale.

Tout ça n’a pas de prix. Mais un coût. Loyer, salaires, matos, transport : vos dons font tourner la machine.

Je soutiens Au Poste !Si vous en avez les moyens, merci d’opter pour un soutien mensuel. Don à partir de 1 €, annulable à tout moment.

Sources, liens & références

propagande  

We’ve detected that JavaScript is disabled in this browser. Please enable JavaScript or switch to a supported browser to continue using x.com. You can see a list of supported browsers in our Help Center.

twitter.com

Anne-Sophie Simpere

We’ve detected that JavaScript is disabled in this browser. Please enable JavaScript or switch to a supported browser to continue using x.com. You can see a list of supported browsers in our Help Center.

twitter.com

#AuPoste s03-30 - 27 janvier 2022 Comment l’État s’attaque à nos libertés avec Anne-Sophie Simpere & Pierre Januel

Libertés | avec Anne-Sophie Simpere (Amnesty International) et Pierre Januel (ancien porte-parole du ministère de la Justice), auteurs du livre du même nom. Dans la surveillance généralisée, où en sommes-nous, comment en est-on arrivé là ? Renoncer à nos libertés apporte-t-il, réellement, la sécurité, ou mettons-nous en danger les principes démocratiques ?

auposte.fr
On m'a reproché m'a participation au film de David
ladieburger

Une cagnotte pour Mélanie

We’ve detected that JavaScript is disabled in this browser. Please enable JavaScript or switch to a supported browser to continue using x.com. You can see a list of supported browsers in our Help Center.

twitter.com

Melanie N'goye Gaham

We’ve detected that JavaScript is disabled in this browser. Please enable JavaScript or switch to a supported browser to continue using x.com. You can see a list of supported browsers in our Help Center.

twitter.com

#AuPoste en public - s06-49- 11 novembre 2023  Rencontres Annuelles des Lanceurs d’Alerte  Police: frères d’arme ou garants des droits de l’Homme avec Mathieu Molard, Fanta Kébé, Laurent Bigot & Agnes Naudin

| Débat aux rencontres annuelles des Lanceurs d'alerte avec Laurent Bigot, ex sous-préfet, Fanta Kébé, ex-policière devenue journaliste, Agnès Naudin, ex-capitaine de police sont venus raconter ce qu'ils ont vu et éprouvé lors de leur carrière. Racisme, esprit de caserne, omerta. Un dialogue édifiant, sous la houlette de Mathieu Molard, red chef de StreetPress

auposte.fr

Vies Volées

We’ve detected that JavaScript is disabled in this browser. Please enable JavaScript or switch to a supported browser to continue using x.com. You can see a list of supported browsers in our Help Center.

twitter.com
Merci David, les modos et grande admiration aux invités pour leur courage et leur lutte
lastetchka

Paris ce vendredi soir

We’ve detected that JavaScript is disabled in this browser. Please enable JavaScript or switch to a supported browser to continue using x.com. You can see a list of supported browsers in our Help Center.

twitter.com

Infolettres

L’information comme acte de résistance !

Recevez chaque dimanche la newsletter d’Au Poste.

Un point de vue critique et indomptable.

S'abonner :
Le bonheur de la conversation
François Ruffin
Canapé orange d'Au Poste

Au Poste est mis à la disposition de toutes et tous selon les termes de la licence Creative Commons Attribution : Pas d’Utilisation commerciale - Partage dans les mêmes Conditions.