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Venezuela : à quoi joue Trump, pirate des Caraïbes ?

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Transcription de l’émission

David Dufresne
5 janvier 2026, Trump, prends garde ! Au poste revient ! Amis du café, amis de la police, bonjour amis de l’Amérique, mais pas celle-là, bonjour amis de l’Amérique latine, bonjour, bienvenue sur France Déter la matinale d’Au poste, c’est l’heure, debout les déters ! Trump, sans foi, ni loi, sans surmoi, ni limite, a-t-il déclaré la guerre au monde entier en bombardant Caracas ? Que penser de la capture de Maduro et de la mise en scène mondiale et des bombes sur le Venezuela ? Pour la première matinale de 2026, France Déter est fière de recevoir Christophe Ventura, journaliste au Monde Diplomatique, fin connaisseur de l’Amérique Latine, auteur notamment ce mois-ci d’un article passionnant intitulé « Monsieur Trump », parce qu’au Monde diplomatique on dit toujours « Monsieur », « M. Trump », « Monsieur, Pirate des Caraïbes », titre que j’ai trouvé tellement excellent Donc honteusement, je l’ai repris pour le titre de cette matinale. A 8h30, Simon Grysole, du journal L’Empaillé, est attaqué pour injure par le directeur de la police municipale de Perpignan. L’audience se tiendra jeudi, Simon sera avec nous à 8h 30 pour nous narrer les tenants et les aboutissants de cette sale procédure bâillon, ce sera à 8 h 30. Chaque lundi matin, Au poste tente de mettre un peu de trouble dans l’ordre dominant. France Déter accueille des invités, tient des revues de presse particulières, donne le temps des nuages, des oiseaux et des luttes, explore le passé, trie le présent. C’est en direct comme toujours chez Au poste, c’est fait maison comme toujours chez Au Poste, préparez le café ! Au menu également aujourd’hui, la météo des luttes, la revue de presse Antifa, le retour sur les lieux du crime, les convocations de la semaine et Radio Police. Comment allez-vous les uns et les autres ? Quelles sont vos résolutions ? Tiens, racontez-nous ça dans le tchat.
Aujourd’hui aujourd’hui que nous dit que nous dis la presse alors nous allons faire un petit tour d’abord du côté de la une de France info qui pour succéder à Nicolas Maduro ? Le flou domine au Vénézuéla après l’opération militaire américaine c’est la manchette de France Info Arrêtez de boire, nous dire non. Ne pas s’effondrer, absolument, ne pas s’effondrer, c’est aussi la mission qu’on se donne, voilà, au poste. Ma résolution pour 2026, éviter de me faire kidnapper par Trump. Alors Alice, qui est de Fribourg, nous dit plus de moitié-moitié. Ça c’est une petite recette de fondue, si je ne me trompe moins de maréchaussée. Je suis fribourgeoise, Alice nous dit plus de livres. Eh ben alors là, je vais te dire, tu vas être servie cette année encore. Vous savez que dans un mois, ça fera 5 ans que nous serons en ligne. Sur le Monde, la Une, le sort de Maduro entre les mains de la justice américaine, celui du Venezuela, entre celles de Donald Trump. A lire également un article de Nicolas Chapuis oui, en fait c' est celui-là qui est vraiment très très bon, que j’ai lu ce matin au réveil. Et je vous rappelle qu'à 7h30, nous serons avec Christophe Ventura du Monde diplomatique pour nous parler de ce qui s’est passé, de ce qu’il se passe au Venezuela. Pour l’Humanité, enlèvement de Nicolas Maduro au Venezuela, Emmanuel Macron s’aligne, la gauche s’indigne. Alors Macron, vraiment là, c’est la fin, c’est crépusculaire. Le mec, il a tout oublié, y compris vraiment le truc de base de la diplomatie française dans tout ce qu’elle a de fort et de fort hypocrite. Mais là, lui, carrément, il s’embarrasse plus. Le droit international, il s’assoit dessus. Mais ce n’est pas le plus important. Objectivement, c' est pas le plus important, le plus important, c' est évidemment le désordre mondial qui est en train peut-être de s’installer sous nos yeux. Et également un incendie à Crans-Montana, 24 victimes identifiées, huit français morts. Alors ça, ça date un peu parce que, en fait, il y en a 40 qui ont été identifiés et il y a neuf morts français. Mediapart : Vénézuéla, le retour de l’Empire, le silence de l’Europe avec un parti pris de Fabien Escalona que je vous conseille.
Alors, voilà que Dadao nous dit qu’il fait moins 10 à Fessenheim. Merci beaucoup pour ces petites informations nucléaires. La météo des luttes, la voici, elle est là. Tendance sur la France, début janvier, marquée par des mobilisations écologistes liées à l’eau, une forte activité d'éducation populaire, féministe et anti-fasciste, et de nombreux espaces autogérés qui se font jour. Cantines, ateliers, conférences hors du cadre institutionnel. Voyons plus en détails cette météo des luttes préparée par Au poste et que vous trouverez nulle part ailleurs. Aujourd’hui même, à 12h30 à Lille, vous aurez la possibilité de vous rendre à la cantine populaire de l’APU-Fives. Rendez-vous hebdomadaire d’auto-organisation alimentaire. Repas végan à prix libre, ouvert à toutes, à tous, avec appel à renfort dès 10h30 pour la préparation. Initiative ancrée dans le quartier populaire, alors je ne sais pas comment on dit, FIVES, Fives, je ne le sais pas qui est porté par l’APU visant l’entraide matérielle, la création d’un espace social et non marchand. Je vous rappelle que Euryale, notre modératrice en chef, l’incroyable Euryale, vous met, on dit Fiveux ? Five ? Five, merci Euryale vous raconte. OK, d’accord, OK, excusez-moi, excuse-moi. Et donc dans le chat, mais aussi sur le site où nous avons tous les liens qui sont ramassés sur les pages des émissions. Et je vous rappelle, si ça vous intéresse, que nous avons dévoilé la semaine dernière le nouveau site qui sera en place dans quelques semaines, le nouveau site d’Au poste. À Lille, le 9 janvier à 19h30, conférence gesticulée « Je t’aime camarade » de Florence P. Sur le soin militant et les violences internes aux organisations politiques, récits autobiographiques et analyses critiques des pratiques militantes, nourries des luttes féministes et populaires, entrée à prix libre, durée 1h45, avec des échanges. À Rennes, Rennes Rennes ! À Rennes samedi 10 janvier à 14h, le grand rassemblement pour l’eau, notre santé et notre démocratie, mobilisation contre l’annulation préfectorale de la commission locale de l’eau sous pression des syndicats agricoles, productivistes, revendication, application du sage vilaine, interdiction des pesticides. Là aussi les pesticides, on en parlera cette semaine dans Au poste, je vous donnerai toutes les informations dans quelques instants. Protection des eaux du mine et transition agroécologique.
Poitiers son centre-ville, sa gare, ces deux minutes d’arrêt. Et ses souvenirs. Poitiers, samedi 10 janvier 2026, 15h à 18h, réunion publique sur la répression du 25 mars 2023 à Sainte-Soline, tant d’informations et de mise en perspective judiciaire et politique de violences policières est poursuivie et poursuites visant les opposants et les opposantes au Méga-Bassine. Organisation collective, détails annoncés un peu plus tard sur Démosphère Poitiers, mais on vous annonce déjà le rendez-vous samedi à 15h. Tournefeuille, tournefeuille, hop, c’est à Toulouse, tournefeuille… Ah, attends, j’ai perdu mes notes Avant-première du film d’animation Olivia y Teromota Invisible dans le cadre du festival des droits humains, projection familiale dès 8 ans, suivi d'échanges, précédé d’une galette populaire qui est un film qui aborde la crise sociale et la solidarité à hauteur d’enfants. C’est dimanche au cinéma Utopia à Tournefeuille, du côté de Toulouse, à 11h. Jeudi, le 8 à Fougères c' est pas loin de Rennes, à Fougères. Rencontre-discussions, violence sexiste et sexuelle et justice transformatrice avec Marie Chartron et Victoria Bernier-André. Échange sur les réponses féministes au VSS. Dans les collectifs militants, prix libre, restauration sur place. Bordeaux 18h, soirée, CNT, Gironde, convivialité, ateliers, installations, Linux, espaces militants, réguliers, mélanges, traités numériques, discussions politiques et parfois atelier cuisine, c’est ouvert à tous, c' est ouvert à toutes, c est sans prérequis, c est jeudi, le 8 janvier, à 18 heures et c est à Bordeaux. Paris, 19e, jeudi 15 janvier, à 18h30. Conférence fascination, fascisation, pardon, sans frontières. Penser la montée de l’extrême droite en Europe au siège de Médecins sans frontière avec le sociologue bien connu de nos services, Ugo Palheta et le documentariste Christophe Cotteret. Ah, alors attendez, attendez, il va falloir que j’appelle notre invité qui a du mal à se connecter. Attendez, attendez, je termine donc le, comment on appelle ça, le rendez-vous c’est jeudi qu'à janvier à 18h30 la conférence est organisée par les étudiants et les étudiantes de Nanterre, entrée gratuite sur inscription, le rendez- vous est donc pris à 18 h 30. Je fais une petite pause, le temps d’appeler notre invité et je reviens. Ne bougez pas, chers amis, je vous rappelle le Discord si vous voulez nous donner des informations sur des actualités, des rendus. Ah, je vois que l’invité est là. Je vois que notre invité est là. Formidable. Je vois que notre invité est là, il a réussi à se connecter. Alors les choses vont bien. Christophe, est-ce que vous m’entendez ?
Christophe Ventura
Oui.
David Dufresne
Ah ben ça y est, je vous entends, alors Christophe, on se retrouve dans une minute. Touchez à rien, c’est parfait, bravo, à tout de suite, merci beaucoup. Voilà, donc Christophe Ventura, fin connaisseur de l’Amérique latine, journaliste au Monde diplomatique, bien connu de nos services, sera donc avec nous dans quelques instants le temps d’envoyer le petit jingle, mes petits jingles.
Bonjour, Monsieur Ventura, Christophe, c’est bien vous, super. Pourquoi vous n’arriviez pas à vous connecter à l’instant ?
Christophe Ventura
Non, c’est parce qu’en fait, je n’avais pas cliqué dans les 5K sur le son, la salle, etc. J’avais compris que c'était un choix, qu’on faisait le choix dans ce qui était bon. Bref, je pense que ça ne marchait pas.
David Dufresne
Bon, d’accord, super, parce que voilà, c'était juste pour savoir,c’est un peu original. Bon, c’est un petit côté Washington.
Christophe Ventura
Ça annonce pas la fin, non j’espère pas.
David Dufresne
Non, pas du tout, pas du tout, merci beaucoup Christophe de vous être levé tôt ce matin. Vous êtes journaliste au Monde diplomatique, vous êtes celui qui raconte l’Amérique latine depuis un certain nombre d’années. Vous avez publié, et c’est en une du Monde Diplomatique, je vais le montrer tout à l’heure, un article dont le titre est tellement bien que je voulais piller « Trump, pirate des Caraïbes » en deux mots dans quel état vous êtes-vous par rapport à ce que vous savez de l’Amérique latine et des événements qui se sont déroulés il y a quelques jours ? Qu’est-ce que vous vous dites ? La première chose que vous vous êtes dite ?
Christophe Ventura
La première chose que je me suis dit, c’est que je m’en suis dit qu’on basculait dans un type de scénario qui était entre guillemets malheureusement attendu. On savait que c'était une des formes possibles de l’interventionnisme trumpien en Amérique latine, mais évidemment en suivant tout cela, comme tout le monde, il y a une part émotionnelle qui s’exprime et c’est le choc, surtout quand on connaît Caracas, le Venezuela, ce qui est mon cas. Il y a quelque chose d’un petit peu charnel, si je puis dire. Et puis ce que je me suis dit aussi, c'était qu’on basculait parce qu’on rentrait dans une logique qui allait de rentrer un saut dans la connue et dans une élévation des tensions et de l’agressivité américaine dans la région. Mais aussi parce que ça n’a été pas forcément relevé beaucoup. En fait, c’est la première fois que les États-Unis militairement interviennent directement sur un territoire sud-américain. Les interventions américaines militaires dans la région ont eu beaucoup, beaucoup, des dizaines, mais elles se sont toujours concentrées, si on reprend l’histoire longue, du Mexique à l’Amérique centrale en passant par la Caraïbe insulaire, c’est-à-dire les pays caribéens, les îles caraïbes, le Venezuela est un pays caribeen. Mais c’est un pays qui fait partie d’un continent et qui fait partie de l’Amérique du Sud. Et c'était la première fois que les Sud-américains sont frappés militairement par les Américains. En 1973, ils avaient soutenu le coup d'État de Pinochet au Chili, mais ils étaient militairement, directement impliqués, présents avec leurs troupes là où ils ont violé un territoire sud-américain pour le bombarder et donc enlever un chef d'État, Nicolas Maduro. Et c’est tout ça que je me suis dit comme ça en première analyse.
David Dufresne
Alors, en relisant vos papiers religieusement hier, je me suis rendu compte… Alors d’une part qu’il y a quelques éléments que vous racontez que j’ai retrouvés après dans la presse. Donc j’aie l’impression que vos petits camarades de jeu aiment bien lire le Monde diplomatique sans forcément le citer. Bon voilà, ça c'était juste pour vous. Pour vous flatter, mais surtout ce qui est assez frappant, c’est que vous annonciez que des opérations allaient venir. Maintenant, on va parler juste deux secondes d’un point de vue technique. Est-ce que on pouvait s’attendre à une telle opération à laquelle on a assisté ?
Christophe Ventura
D’une part, oui. Pourquoi ? Parce que tout le dispositif qu’il met en place depuis des mois quand même, il faut le rappeler. On est dans quelque chose comme je le raconte dans l’article. On a commencé à démarrer fin août, début septembre. Ce n’est pas avant-hier que les Américains sont arrivés aux portes du Venezuela. Ça fait des mois qu’ils se préparent, les Américains, de manière très sérieuse. Ça fait, des mois, comme je raconte dans l’article, qu’en fait, c’est pas simplement les bateaux qui sont au large du Venezuela, mais c' est tout un dispositif militaire qui se déploie dans l’arc caribéen de Porto Rico aux Îles Vierges américaines, en passant par le Honduras, qui est l’une des pièces du déploiement américain. Et ça a à voir, bien sûr, avec l'élection aussi au Honduras qui vient de se dérouler, du Honduras en passants par le Panama, etc. Bref, et on l’a vu à la fin, puisqu'à la fin maintenant, on commence à avoir des éléments techniques, comme vous dites, sur ce qui s’est passé. Il semblerait que ce soit une armada de 150 aéronefs qui a été déployée depuis tout l’arc caribéen. Et peut-être même, on le saura plus tard, on verra est-ce que des avions sont partis de plus loin, genre équateur, qu’il y a une frontière. On va le voir. En tout cas, 150 Aéronefs qui sont partis, une opération héliportée, oui, on savait parce que le dispositif américain correspond à ce type d’opérations qui sont des sortes de raids. D’ailleurs, le mot est employé par Trump lui-même dans une nombreuse allocution qu' il a faite. Il a parlé de raid concernant l’opération, donc il s’agit bien de ça.
David Dufresne
Question du tchat, est-ce que le Venezuela s’est défendu ?
Christophe Ventura
C’est ce que je viens de dire, c’est-à-dire que l’armée vénézuélienne et le système de défense vénézuélien a été paralysé, neutralisé, n’a pas répondu, je veux dire, les Américains sont arrivés. Ils ont manifestement détruit les radars vénézuéliens, la DCA, donc les armes anti-aériennes, mais à ce moment-là, il n’y a pas de réaction massive de l’armée vénézuélienne qui est pourtant organisée, qui se préparait à ce genre de situation. Il s’est passé apparemment une réaction de défense de Maduro au dernier moment dans la dernière phase de l’intervention quand ils sont rentrés manifestement dans une sorte de bunker, on va dire, où Maduro et Sylvia Flores manifestement dormaient et ils ont attrapé, ils ont tiré de leur lit. Et à ce moment-là, oui, il y aurait eu une réaction de la sécurité personnelle du président avec, je vous dis, manifestement quelque chose d’assez brutal puisqu’ils ont été quand même balayés très vite. Il faut dire, là, c'était une évidence, mais je ne l’ai pas rappelé, mais de toute façon, de quoi parle-t-on ? Je veux dire, il n’y a pas photo entre les capacités militaires vénézuéliennes et puis les États-Unis. C’est ce qu’a voulu montrer Trump aussi, c’est qu’aujourd’hui, d’ailleurs, il ne s’arrête pas de s’en délecter publiquement. Il dit que personne n'égale l’armée américaine. Et il a raison, je veux dire. C' est une armée dont le budget dépasse les huit ou neuf nations qui le suivent. Il n’y a pas de comparaison possible, le saut technologique est trop grand, je veux dire les américains ont une avance technologique en matière de renseignement, en matière de tout ce que vous voulez, qui fait que de toute façon, si les américain décident de rentrer dans Caracas et de faire ce qu’ils veulent, la vérité des prix c’est que une armée comme celle du Venezuela ou bien d’autres pays, de toute façons n’est pas en mesure de résister à l’offensive américaine. Il faut être clair, c'était un rouleau compresseur.
David Dufresne
Alors Christophe, est-ce que je ne vous ai pas mis dans un piège ? En parlant de l’effet de sidération provoqué par cette opération express, c’est-à-dire, est-ce que cet effet de sidération n’est pas fait aussi pour nous empêcher de parler ou de penser le fond de l’histoire ? Est-ce qu’il n’y a pas, oui, une forme d’effets de sidération, de fascination qui nous empêcherait de réfléchir ? Est- ce que vous pensez que quelque chose comme ça est… Et penser quand on voit comment Trump raconte les choses en disant « j’ai regardé ça comme j’assistais à une série télé », on voit très bien la tentation, non ?
Christophe Ventura
Oui, tout à fait, il y a une partie qui est faite pour ça. Tout est minutieusement calibré et scénarisé pour que ça occupe le terrain de ce point de vue-là et que les gens commentent effectivement, en quelque sorte, la performance militaire. On l’a déjà vu d’ailleurs, je refais un petit peu, je dérive un peu, mais pas complètement. On a déjà assisté à ça dans un des épisodes tragiques de la guerre israélienne en Palestine. On l’a vu avec l’affaire des téléphones explosifs où à ce moment-là, tout ce qui était commenté généralement dans les médias dominants, c'était la performance de l’armée israélienne, la technologie, Encore une fois, je crois que c’est un peu le modèle pour Trump, tout ce qu’a fait l’Armée Israélien, de son point de vue à lui. C’est ce qui marche et ce qu’ils savent bien faire. Et donc, les Américains leur ont un peu emboîté le pas sur tout ça. Évidemment, il y a un storytelling. Et d’ailleurs, notre ami Trump le dit bien. Ah, c’est votre ami au Monde diplo maintenant. Bien sûr, c’est For good television en anglais. C’est pour faire de la bonne télé. Bah voilà, on est en plein dedans.
David Dufresne
Alors voilà Christophe, là nous ne faisons plus de la good télévision, nous faisons de la véritable bonne information. Et merci, merci beaucoup. Dans votre article, vous expliquez, jamais citée, la Chine est visée à chaque ligne. Alors c'était à propos du document américain dont vous venez de parler. Son emprise commerciale, financière et technologique de l’Amérique latine est à la fois décrite en détail et dénoncée en creux. Donc, depuis deux, trois jours, on nous parle du pétrole vénézuélien sur lequel les États-Unis veulent mettre la main. On va en parler. Mais ce que vous, vous dites, c’est qu’il se joue surtout la question du partage du monde entre la Chine, la Russie, qui achète aussi du pétrole au Vénézuéla, et les États Unis. C’est ça qu' il faut comprendre.
Christophe Ventura
Oui, tout à fait. C’est un des piliers de la stratégie de Trump, de ce nouveau corollaire Trump de la doctrine Monroe, qu’il réactualise et qu' il assume totalement. C'était exactement ce que vous venez de dire. Un des piliers, c’est ce que je ne me rappelle pas, mais c'était vraiment la reprise de contrôle et le containment, comme on dit en anglais, l’endiguement. De la puissance chinoise qui est devenue incontournable en Amérique latine et surtout en Amérique du Sud d’ailleurs puisque l’Amérique du Sud, les pays sud-américains ont pour premier partenaire commercial, économique, technologique, la Chine et non plus les États-Unis ni l’Europe. Donc là, la Chine en Amérique du Sud c’est elle qui domine la scène sauf sur le plan militaire où les américains ont encore l’avantage, ce que je raconte aussi avec le maillage d’accords sécuritaires qu’ils ont dans toute la région qui leur permet au nom de la lutte anti-drogue, de la contre la cyberattaque, la lutte contre l’immigration, de poster leurs troupes, leur marine, leurs appareils de surveillance, tout ce que vous voulez, dans plein d’endroits de la région et en Amérique du Sud, en Équateur en ce moment beaucoup.
David Dufresne
Sentier Battant nous dit dans le tchat que l’enlèvement et l’exploration de l’exfiltration j’imagine de Nicolas Maduro ressemblent beaucoup à l’opération de kidnapping de Manuel Noriega au Panama en 1989-90. Trump a-t-il voulu renouveler cette opération volontairement pour marquer un retour à cette époque que l’on croyait révolue en Amérique latine pour marquer les esprits ? Et là dans la question ce qui est important c’est qu’en effet, qu’est-ce qui se joue ? En ce moment, en Amérique centrale, en Amérique latine avec ce retour de la doctrine Monroe dont il faudra bien dire aussi deux mots si vous voulez bien. Alors déjà Noriega, Maduro, on fait le lien ou pas, la relation ou pas ?
Christophe Ventura
Moi, je l’ai fait, mais partiellement, pas complètement. Bien sûr, on l’a fait dans le sens d’une exfiltration d’un dirigeant. Mais le Panama, c'était un peu différent, quand même, parce que d’abord, il y avait 30 000 soldats américains qui étaient mobilisés sur place. Je veux dire, les Américains sont arrivés sur le terrain, sur là. Donc, c'était une occupation qui a eu du Panama temporaire par l’armée américaine. Et puis la période n’est pas la même, parce que là il s’agit pour les Américains avec Noriega, il s’agit de se débarrasser d’un ami, c’est ça qu’y auront fait les Américains, parce que il a été de notoriété publique, et c'était très documenté que Noriega lui était un narcotrafiquant, mais avec l’accord des Américains, parce-que ça permettait à Noriega de financer les contrats ; à l'époque, on est à la fin de la guerre froide, Les contre-guérillas en fait, d’extrême droite de la région qui se battaient au Nicaragua, au Salvador, au Honduras, etc. Mais parce que la période de la guerre froide se terminait, les Américains avaient besoin de faire passer la région à autre chose au moment où le thème de la relance de la domination américaine, c'était la puissance de la démocratie. Et c’est la démocratie qui allait expliquer après la continuité de l’intervention des américains au nom de la démocratie et non plus de la lutte contre le communisme. Et donc, Noriega ne correspondait plus, disons, à la période. Il était un petit peu périmé, en quelque sorte, comme type de dirigeant et très gênant. Donc, c’est pour ça qu’ils l’ont éliminé. Mais quand je dis ami, parce que Noriega est un agent de la CIA. Il était, il travaillait pour la CIA américaine. Donc, je disais parce qu’avec Maduro, on n’est pas du tout dans ce format. Ce statut, ce n'était pas la même histoire. Donc voilà, et l’intervention, je le disais sur le plan technique. Encore une fois, c’est moins le Panama de Noriega ou l'île de la Grenade en 83, qui était un peu avant.
David Dufresne
Aucune question sur la demande ?
Christophe Ventura
Ça ne l’intéresse pas. Lui, il pense que le problème disparaîtra en détruisant l’offre, ce qui est vraiment l’illusion la plus totale. Et donc, les pays, en tout cas, je développe ça parce que les pays. Vous me dites que Trump veut des pays centro-américains, caribéens et sud-américains, que leur priorité de gouvernement national se soit les priorités de la politique américaine en matière de lutte contre l’immigration, de lutte contre le narco et de lutte contre les drogues. Et puis aussi de containment de la Chine, ça c’est le volet commercial, économique. C’est d’offrir aux Américains leurs infrastructures territoriales dont les Américain ont besoin, les ports, les routes, les aéroports, etc., c'était ce qu’il est en train de faire au Panama. Il a montré avec le Panama, avec l’affaire du canal, c’est pour ça que le Panama rentre de ce point de vue là dans ce que j’expose. Il l’a fait au Honduras avec les bases militaires, il l’as fait en Équateur avec un certain nombre de ports, il l’a fait là aussi à Babouri, au Pérou, je repars en Amérique du Sud, parce qu’il y a le port de Chancay qui est chinois, mais les Américains sont en train d’avoir deux autres ports qu’ils ont demandé aux Péruviens pour en quelque sorte contrôler le port de Chancay. Ils font tout ça et c’est ça en fait que veut Trump. Il veut que les latino-américains se mettent au service des intérêts primordiaux pour la sécurité des États-Unis.
David Dufresne
Alors Christophe, vous êtes absolument passionnant et je vais encore vous garder si vous avez un petit peu de temps. Il y a une question de Anaisgrafitti qui vous dit, mais est-ce que tout ça, la lutte contre la drogue, est- ce que ce n’est pas un simple cache sexe ? Et question subsidiaire, qu’en est-il, d’après vous, des trafics de drogue au Venezuela ?
Christophe Ventura
Le trafic de drogue n’est pas une chimère, ça existe, c’est un vrai problème. C’est vraiment un cancer en Amérique latine. Mais vous savez, les Latins américains s’en plaignent, ils ne sont pas contents. Ce n'était pas quelque chose dont ils étaient particulièrement heureux. C'était les premières victimes de tout ça, les latinos américain, comme toujours. C'était d’abord en Amérique latine que les gens meurent des cartels, de leurs guerres, de leur guerre d’influence entre eux, de la guerre entre eux et les États. Les forces militaires de police. Je veux dire, si aujourd’hui l’Amérique latine, c’est la région où il y a le plus d’homicides dans le monde, si on met de côté les pays où il y a des guerres au sens militaire du terme, c' est en Amérique latine qu’il y a plus de morts. Le taux d' homicides les plus hauts du monde sont en Amériques latines, et en particulier dans la zone caribéenne et Amérique centrale, et Colombie et Équateur aujourd’hui d’ailleurs qui est le premier d’entre eux au niveau équateur. Les Latinos Américains sont les premiers à souffrir de tout ça sur la planète. Mais le problème des Latinos américains, c’est leur malédiction à eux. C’est là qu’on produit exclusivement l’une des principales drogues au monde qui est la cocaïne, puisque la feuille de coca, qui est au démarrage de cette filière, ne pousse qu'à l'état naturel au Pérou et en Bolivie et désormais en Colombie. Elle est produite dans ces trois pays. C' est là qu' on produit de la cocaïne. Ce n’est pas au Venezuela. C’est en Colombie, le numéro 1 qui écrase la production mondiale avec une production qui correspond à elle seule, à peu près à 50 % de la cocaïne mondiale est produite en Colombie et ensuite se partagent le reste, le Pérou avec 25 % et la Bolivie avec à peu plus de 12 ou 13, je ne me souviens plus. Donc non, c’est même un peu plus pour la Colombie que 50 %, vous voyez, si je fais des comptes. Donc on est dans ces ordres-là pour que les gens nous comprennent. C’est ces trois pays qui produisent la cocaïne et c'était ça le point de démarrage. Le problème des latinos américains depuis toujours avec cette drogue et après avec aussi le fait qu’ils produisent d’autres plus modérément comme l’héroïne, la marihuana et les mexicains.
David Dufresne
En octobre dernier, vous écriviez dans le Monde diplomatique un article, une enquête intitulée « Au Venezuela, une crise sans fin. Au cours de la dernière décennie, le Venezuela a connu toutes sortes de dysfonctionnements internes et subit des ingérences déstabilisatrices. Le pays de la Révolution bolivarienne se consume. Pourquoi le scrutin présidentiel du 28 juillet 2024 n’a-t-il rien résolu ? Ça, c'était le chapeau. Christophe, moi je ne veux pas faire le malin, je ne connais rien, donc je m’en remets à vous. Quand on nous dit que Maduro est un dictateur, est-ce vrai ou faux ? Est-ce qu’on parle de régime dictatorial, de régime autoritaire, et vous savez qu’ici on n’aime pas trop ça, est- ce qu' on parle d’autre chose ?
Christophe Ventura
Alors, non, je ne pense pas qu’on puisse qualifier Nicolas Maduro de dictateur. Parce que dictateur, ça veut dire quoi ? Ça veut dire c’est quelqu’un qui s’arroge tous les pouvoirs de manière, disons, indéterminée, inconditionnelle, qui ne procède pas, disons de l'élection et qui met une chape de plomb sur la société avec interdiction d’expression contestataire, d’opposition politique de de presse critique non, Nicolas Maduro, c’est pas ça. Parler d’un régime qui est devenu autoritaire, oui, je pense qu’on peut là par contre le dire. Alors, à mesure que ce régime s’est retrouvé confronté en permanence à une lutte permanente entre une opposition avec une frange d’opposition qui elle également avait des méthodes qui étaient des méthodes qui pouvaient assumer la violence politique, la violence de rue face au chavisme qu’elle voulait débouter et des ingérences qui ont été permanentes avec des déstabilisations, des tentatives d’assassinat déjà qui avaient eu lieu, tout un coup d'état contre Chavez en 2001 et donc qu’est-ce que ça produit, ces dysfonctionnements-là, structurels, ça fait que tous les régimes politiques, quand ils sont confrontés à cela, il y a deux options, où ils disparaissent, où il se raidissent et quand on se raidit, on rentre dans la logique de la forteresse assiégée. L’autoritarisme, il arrive à ce moment-là. Au Venezuela, c’est ce qui s’est passé, et au Venezuela, ça s' est passé d’une manière, à mon avis, assez singulière, dans le sens où ça n’a jamais empêché qu’il y ait des formes d’opposition tout à fait claires.
David Dufresne
Alors, il y a Elsa qui vous dit, oui, mais alors, pourquoi ? Et la réponse est, dans votre article que je suis en train de montrer à l'écran, pourquoi 8 millions de Vénézuéliens ont quitté le pays, c’est-à-dire un quart de la population, et notamment en allant aux États-Unis, ce qui est une des données du problème, quelle est la réponse qu’on peut apporter à cette question ? Pourquoi 8 millions de Vénézuéliens ont quitté le pays ?
Christophe Ventura
Les 8 millions de vénézuéliens sont partis d’abord parce que la vie est impossible au Vénézuela depuis 2015 au sens économique. Les gens sont d’abord partis à cause de la crise économique et la crise sociale, de la pauvreté et de la déflagration qu’a connu le pays à partir de 2015, mais surtout à partir de 2019, où le pays a enchaîné une crise économique abyssale. Avec, il faut le rappeler,on n’imagine même pas ce que c’est en fait, nous en France. C’est un pays qui, en 10 ans, a perdu 75 % de son PIB. C' est-à-dire que l'économie vénézuélienne a fondu de 75 % en 10 ans. On parle de ça au Venezuela.
David Dufresne
Alors on parle de ça mais vous n’avez pas donné l’explication, c’est parce qu’en fait il y a un embargo sur le pétrole qui est la richesse principale maintenue par les Etats-Unis, c’est ça, c’est les Etat-Unis qui ont en partie créé la pauvreté vénézuélienne, c’est ça ?
Christophe Ventura
Ils l’ont vraiment sacrément même entretenue, cette pauvreté et créée. C’est comme toujours, c’est un peu la tempête parfaite, c'était une combinaison de paramètres qui ont créé la déflagration économique vénézuélienne. Je parlais tout à l’heure de Maduro, ça me refait faire la transition, parce que Maduro c' est la deuxième période du chavisme, il prend le pouvoir en 2013, dans les conditions qu’on connaît, où Chavez meurt prématurément si je puis dire et Chavez décide soit il donne la suite de la révolution aux militaires avec un dirigeant qui s’appelle Diosdado Cabello qui est le numéro deux du Vénézuéla Aujourd’hui, largement sur le devant de la scène avec madame Delcy-Rodriguez après l’enlèvement de Maduro, soit ils donnaient le pouvoir aux civils, c’est-à-dire Maduro qui représente la composante civile de la Révolution Bolivarienne. La Révolution Bolivarienne, c’est une alliance civilo-militaire. C’est une alliance entre les militaires et les civils pour gouverner et ils décident de le donner à Maduro. Maduro prend le pouvoir. En six mois, qu’est-ce qui se passe ? Il est élu, pas beaucoup, mais il est élu. À l'époque, personne ne discute son élection au niveau international, les observateurs, mais déjà une partie de l’opposition dit qu’il a fraudé. Déjà à cette époque-là. Donc depuis 2013, il y a le récit par l’opposition d’un président non légitime. Et une partie, de la droite, qui incarne Madame Machado, vous avez beaucoup vu, n’a jamais reconnu la légitimité électorale de Nicolas Maduro. Alors que celle de 2013 est indiscutable, celle d’après a été discutée, mais en fait, elle avait été tout à fait viable. Et celle de 2024, c’est autre chose.
David Dufresne
Alors Christophe, on me dit qu’il faudrait vous inviter pendant deux heures. Je vous avais dit hier par email, ça va durer dix minutes. Ça fait déjà 40 minutes. J’ai quand même encore. Deux petites questions rapides, mais c’est absolument passionnant de vous écouter. Deux petites questions rapidement. Est-ce que c' est justement, c’est le tchat qui parle de ça, est-ce-que c’est justement à la faveur du desserrement un petit peu de l’embargo que le Venezuela s’est mis à vendre du pétrole à la Chine et donc la Chine a pris de l' importance au Venezuela. Raison pour laquelle Trump se dit aujourd’hui, non, non, ça ne va pas du tout. Donc, on va contrôler le pays. Est-ce qu’on peut faire ce lien pétrole ou pas ? Et après, j’aurai une autre question très rapide.
Christophe Ventura
Alors oui, on peut le faire, mais là aussi, pas exactement, disons, juste dans la période des serments de l’embargo. La Chine et le pétrole vénézuélien, c’est déjà une longue histoire. Ça a commencé avec Chavez. Le chavisme, qu’est-ce qu’il a fait ? Il a récupéré la manne pétrolière du pays qui était avant exclusivement pour les Américains. Il en a laissé un bout aux Américain parce que les Amériques ont toujours eu du pétrole vénézuélien. Encore, il y a quelques semaines, parce que malgré tout ce que je vous ai raconté, Trump donnait des exemptions, c’est des dérogations pour Chevron, la compagnie américaine. Qui, elle, avait le droit de continuer à exploiter le pétrole. Donc, en étant une contradiction encore assez hallucinante. Mais ce qu’a fait Chavez et ce qu’a poursuivi Maduro, c’est qu’une partie de la manne, ils l’ont prise et une partie des tuyaux du pétrole, ils les ont pris pour diversifier leurs alliances énergétiques. Pas seulement dépendre des Américains, ils ont commencé à travailler avec les Chinois et les Russes. Ça, c'était déjà dans les années 2000. Donc aujourd’hui, 80 % du pétrole qui part du « Vénez » va en Chine. En 2025, c'était encore ce chiffre-là, donc la Chine, c est elle qui a beaucoup profité de cette évolution-là depuis le début des années 2000 et c' est devenu pour les Chinois un fournisseur très important, le Venezuela, et secondairement la Russie aussi, donc cette histoire s’inscrit depuis une vingtaine d’années, le truc c' est que comment le Venezuela envoie du pétrole à la Chine, quand il n’y avait pas les sanctions, c' était simple, quand y avait les sanctions il le faisait quand même, les Venezuela, en contournant les sanctions. Et c’est un des effets des sanctions, j’en profite pour le dire, les sanctions américaines créent la contrebande de pétrole, comme c'était avec la prohibition et l’alcool. C’est la même chose. Les sanctions américaines, quand vous empêchez un pays d’exporter sa ressource pétrolière, qu’est-ce qui se passe ? Le pays l’exporte quand même, en passant par des réseaux trafiquants, de la contrebande, etc., en passant par des flottes fantômes. Dans le journal, dans le Diplo, on a déjà pas mal parlé de ça, on avait fait des choses sur les flottes fantômes russes, etc.
David Dufresne
Absolument.
Christophe Ventura
C’est l’appareillage des sanctions qui crée la contrebande. Le marché noir apparaît quand vous faites l’interdiction de quelque chose. C'était toujours comme ça. Donc, les sanctions américaines sont responsables aussi de la contrebande qu’ils dénoncent du pétrole. Mais les Vénézuéliennes l’ont fait. Et une partie du pétrole vénézuélien passe sous le manteau par des flottes fantômes qui vont quand même en Chine. Et c’est comme ça que le Venezuela a survécu pendant les sanctions aux pires années entre, je vous dis, 2019 et 2022-23 donc voilà, c’est ça le pétrole.
David Dufresne
Alors, je voulais vous faire aborder, mais ouvrir un tout petit peu la focale. Je voudrais juste citer votre article au Vénez"", puisque c’est comme ça qu’on dit visiblement, au Vénez, une crise sans fin. Article d’octobre dernier, vous écriviez « Washington peut désormais compter sur de nombreux pays alignés, même parmi ceux dont Pékin est le premier ou le deuxième partenaire commercial, L’Argentine, la Bolivie, le Costa Rica, le Salvador, l'Équateur, le Honduras, le Guatemala, le Guyana, le Paraguay, la République dominicaine sont gouvernés, écriviez-vous, par des dirigeants conservateurs d’extrême droite ou dépendants de Washington. Tous répondent aux exigences de Trump. Est-ce que ce danger-là, pour nous amis des libertés, est-ce-que ce danger est sous-estimé en Europe, cette fascisation de l’Amérique du Sud ?
Christophe Ventura
Parmi en fait, c’est celui de janvier 26 Vous voyez, c’est la situation aujourd’hui. Aujourd’hui, c’est exactement ce que vous venez de décrire. C’est ça la situation, effectivement. Tous ces pays-là sont des vassaux heureux de M. Trump en Amérique latine et donc on voit bien que le rapport de force en Amérique latine a quand même beaucoup changé depuis les années où la gauche dominait. On voit que c’est plus le cas aujourd’hui. Alors oui, bien sûr, je veux dire, ce qui se passe en Amérique latine, ça se passe dans des configurations nationales, latino-américaines, mais bien sûr la tendance de fond qui est de voir ces formes d’extrême droite surgir et dominer partout, eh bien, l’Amérique latines est l’un des laboratoires mondiaux, encore une fois, et on voit comment ces forces arrivent au pouvoir en Amérique latine. Et c’est donc bien sûr pour ça que ça doit nous préoccuper en Europe, parce qu’en Europe, c' est la même chose, C’est-à-dire dans la configuration européenne, ces forces interviennent toujours lorsque vous avez des gouvernements qui ont été au pouvoir pendant des crises économiques et sociales, sanitaires, avec le Covid puisque j’en parle dans cet article, dans lesquels elles ont échoué en quelque sorte à solutionner ces crises et qu’il y a une usure du pouvoir qui s’ajoute à cela, que vous avez un échec de politique qui visait à transformer la société, que ça n’a pas marché et que ça a pas été fait.
David Dufresne
Christophe, je sens que votre téléphone vibre depuis tout à l’heure. Je pense que la rédaction en chef doit vous appeler depuis trois quarts d’heure, dire mais qu’est-ce que tu fous ? Il nous faut du papier. Et en tant qu' abonné au Monde diplomatique, je vais vous libérer parce que j’attends votre science. Merci infiniment Christophe Ventura. C’est super sympa, très sympa. Merci beaucoup d'être venu. Mais j’ai bien entendu qu’il faudrait une autre émission. Le chat la réclame. Je risque de vous envoyer un petit email dans les heures qui suivent. À très bientôt. À très bientôt. Merci infiniment. Bonne journée à vous. Merci.
Jingle
La riposte c’est vous, suivez la chaîne, activez la cloche, donnez au poste.
David Dufresne
Il est 8 heures 18 ! France Déter Au poste-news, le rival de CNews et de Fox News réunis ! Voilà, j’espère que cet entretien vous a intéressé, interloqué. Ça devait durer 10-15 minutes, mais on ne se refait pas. Ça a duré 45 minutes. Ce qui veut dire que je vais passer à la trappe beaucoup de choses que j’avais préparées pour vous. Mais ce n’est pas grave, le lundi matin, c' est notre mission, l’information, le direct. Alors attention, attention, on arrête ce petit jingle et on va passer à la suite Radio Police.
Jingle
.
David Dufresne
Alors, alors alors, c’est Radiopolice, notre revue de presse de la Maison Poulaga. Ah, ah bah ça alors, merde, désarmons-les, je voulais vous mettre un article de Désarmons les, incroyable ! Je voulais vous parler d’un article passionnant publié hier sur le site, pas hier, le 30 décembre, publié sur le site Désarmons-les, gaz lacrymogène, comment l’État intoxique sa population sans aucune évaluation sanitaire. Derrière le nuage blanc, le brouillard politique, une revue médicale indépendante, prescrire démonte l’un des plus grands angles mordus mais un tiers de l’ordre à la française, l’usage massif des gaz lacrymogènes sans aucune évaluation sanitaire sérieuse. Peut-être que vous pourrez retrouver cet article un petit peu plus tard. A lire également dans Le Monde, cet article du 29 décembre intitulé « La prison, un nouvel asile au bord de l’implosion. » Une enquête signée Grégoire Bizot et Camille Stromboni. Un mort de plus, c’est toujours la même mécanique d’abandon à Argentin. Yanis, 22 ans, souffrant de troubles psychiatriques lourds, meurt après s'être pendu dans sa cellule, sa famille, son avocat. Tout le monde avait alerté, courrier, hospitalisation ponctuelle, signe rouge clignotant. Rien n’a suffi. La prison continue de servir de dépotoir à la crise psychiatrique française. Faute de lits, faute de volonté politique. On enferme, on isole, on laisse crever. Le cas de Yanis n’est pas une bavure individuelle, c’est une défaillance systémique documentée y compris par un rapport parlementaire enterré dans l’indifférence ministérielle. La société punitive remplace le soin, la cellule remplace l’hôpital. C’est à lire dans Le Monde, enquête du 29 décembre 2025.
David Dufresne
Convocations de la semaine. Je vous l’ai dit tout à l’heure, on démarre sur les chapeaux de roues. Merci infiniment et c’est l’occasion de le dire. Merci infiniment aux donateurs et aux donatrices du mois dernier, de la fin d’année. Vous nous avez donné, enfin vous avez versé 43 000 euros. C’est une somme considérable. Cette somme nous permet d’abord de rééquilibrer les comptes, parce que je vous l’avais un peu dit dans les mois qui précédaient, on n’y était pas. Grâce à vous, eh bien, on y est. Et on peut voir un peu venir 2026, alors ça ne veut pas dire qu’il faut arrêter les dons, ce n’est pas ce que je dis, mais je dis merci, voilà, merci beaucoup pour votre soutien. Et j’ai vu passer un petit message tout à l’heure dans le chat concernant les abonnements. La formule d’abonnement au site auposte.media arrivera avec le nouveau site dans quelques semaines.
David Dufresne
Bonjour, une petite seconde, voilà. Bonjour vous m’entendez, Simon ?Pourquoi vous êtes dans le rouge ? C’est votre couleur politique ou quoi ?
Simon Grysole
Alors je sais pas, c’est la lumière orange des vieilles ampoules du plafond.
David Dufresne
Génial ! Lumière orange, bienvenue au poste. Merci beaucoup. Merci d’avoir accepté notre invitation Simon Grysole. Je n’ai pas réussi à comprendre quel était votre rôle exact dans le journal L’Empaillé, magnifique trimestriel, en papier diffusé en kiosque, dans les épiceries, dans les librairies, dans les départements de l’Occitanie, de l’Aquitaine, du Limousin, de la Drôme et d’Ardèche. Quel est votre rôle exactement, mon cher Simon ? Vous êtes le patron ? Vous n'êtes pas le patron, vous êtes quoi ?
Simon Grysole
On est à 6 en ce moment et on essaie d’avoir une certaine horizontalité. Donc on est tous à la fois journalistes, on fait l’administratif, la diffusion, on se partage un peu tout.
David Dufresne
Vous partagez tout, y compris les déboires, donc. Alors, le 8 janvier, à Perpignan, vous nous donnez rendez-vous pour vous soutenir, car voilà que vous êtes depuis deux ans dans une procédure judiciaire assez désagréable, qui est intentée par le directeur de la police municipale de Perpignan. Je vous laisse nous expliquer les faits.
Simon Grysole
Nous, on insiste un peu que pour nous, c’est la mairie RN qui nous attaque, pas à l’intermédiaire du chef de la police municipale. C’est un article, une enquête qu’on a faite il y a déjà maintenant deux ans, il y en a un peu plus, où on passait en vue un peu tout ce qui était reproché à cette mairie d’extrême droite, et la liste est longue. Et disons qu’ils nous attaquent sur un petit détail, C’est pour ça que nous on insiste vraiment pour dire que c’est vraiment un procès bâillon. Qui a pour but de nous faire perdre du temps et de l’argent. En l’occurrence, c’est un procès pour injure, pour avoir traité le pauvre directeur de la police municipale de Caïd et d’avoir énoncé un fait, le fait qu’il procède à des saisies de drogue qui sont très médiatisées. Ça, on se demande pourquoi c'était le motif de l’injure, mais voilà…
David Dufresne
Alors, l’article, on peut le lire, il est toujours disponible sur le site de L’Empaillé. Là, je suis en train de le montrer à l'écran. Il s’intitule « Perpignan purge sur la ville 19 janvier 2024 ». Alors, en fait, ce qui vous est donc reproché, c’est d’avoir dit que Louis Aliot le maire de Perpignan, avait "embauché un caïd"de la police nationale parisienne, Philippe Rouch. Et donc c’est pour cette phrase et l’utilisation du terme caïd qu’il a déposé plainte contre vous, mais vous vous dites qu’en fait il agit sur plutôt sur ordre, c’est pour vous faire taire.
Simon Grysole
Et disons que, je relisais tout l’article tout à l’heure, c’est vrai qu’ils auraient pu nous attaquer sur pas mal de choses en diffamation. Et là, on est vraiment sur du détail. Un caïd, pour le coup, il l’est. Ce type vient de la BRB à Paris. Bon, on utilisait ce mot dans ce sens-là. C’est vraiment pas le plus important dans l’Article. …
David Dufresne
Alors, c’est d’autant moins le plus important que, en fait, puisque j’ai relu l’article, alors là, je mets une photo puisque, au départ, L’Empaillé est un journal papier. D’ailleurs, on nous dit qu’il est disponible à la médiathèque de Prades. C’est voilà, puisqu’il y a des lecteurs de L’Empaillé dans le chat. Il est disponible là et ailleurs. En fait, quand on lit l' article, ce que vous racontez sur la police municipale de Perpignan, En fait, vous citez abondamment, on peut dire, Blast, le média Blast qui lui avait fait une enquête spécifiquement sur la police. Blast lui qui n’a pas été attaqué, me semble-t-il, par Perpignan.
Simon Grysole
Ils ont eu un procès qu’ils ont gagné en avril 2025 si je me trompe pas et pour le coup voilà eux ils qualifiaient la police municipale de milice tellement ils avaient toute une succession de vidéos d’interpellation très violentes et brutales de la police et nous on reprend un peu leur enquête dans le papier mais pour le coup ils ont gagné.
David Dufresne
Ils ont gagné. Alors, je cite le papier. Enfin je cite votre papier qui cite le papier de Blast pour diriger le tout Aliot a embauché,un caïd de la police nationale parisienne, donc ça c’est vous Philippe Rouch, enfin c’est vous qui écrivez, qui enchaîne les saisies de drogue largement médiatisées. Mais au menu de cette minis municipale, entre guillemets selon le Média Blast, il y a également un contrôle policier renforcé dans toute la ville et un véritable harcèlement de la population mise en place dans les quartiers populaires via des contrôles aux faciès et des interpellations violentes, notamment au Vernais et à Saint-Jacques. L’enquête de Blast en 2023 est édifiante. Plusieurs vidéos choquantes montrent des policiers qui lâchent des chiens ou des coups de pied sur des jeunes qui profèrent des menaces de mort des gaz lacrymogènes sans restriction. Françoise Attiba, militante à la LDH, affirme que Aliot a la haine des pauvres. Alors pourquoi je dis ça ? C’est parce que, en gros, ce qu’on voudrait vous faire faire, c’est vous empêcher de nous dire ça et nous de le lire.
Simon Grysole
Ouais, je suppose, en tout cas, essayer de nous mettre des bâtons dans les roues, oui, ça paraît évident. Même dans cet article, il me semble qu’on mentionne aussi qu’il y a une partie de la police, c’est un groupement tactique qui est chargé de la lutte contre la drogue, soit-disant. Ils ont un écusson avec un tête de mort viking qui est courant dans les réseaux, dans les groupuscules néo-fascistes. Bon voilà, c'était des choses qu’ils auraient limite pu attaquer, mais en fait, bon là, c’est des faits. Même quand la militante de la Ligue des Droits de l’Homme parle de haine des pauvres, on aurait pu imaginer des choses comme ça qui auraient été, pour le coup, intéressantes à argumenter, C’est un procès qu’ils ont perdu d’avance, l’avocat est assez clair là-dessus, c’est une plainte qui est faite à la base vite, qui fait deux pages et demi, qui ne vaut pas grand-chose. Mais voilà, le fait en plus qu’il ait reporté la première audience, alors nous on a préparé le rassemblement, on a payé les billets de train, c’est beaucoup d'énergie qu’on redéploie pour le 8 janvier. Bon voilà, c’est pour nous épuiser un petit peu ce qui marche pas trop, mais en même temps, c’est des attaques contre la presse indépendante. Qui sont assez récurrentes de la part de Aliot comme de l’extrême droite en général.
David Dufresne
Vous écrivez que dans votre cas, le directeur de la police municipale de Perpignan a la possibilité de puiser dans le budget municipal pour lancer des plaintes. Pour un média associatif précaire comme L’Empaillé que vous représentez, il est compliqué de débourser des honoraires et de dégager du temps pour préparer la défense. C’est ça le principe d’une procédure bâillon, c’est d’asphyxier
Simon Grysole
Ce qui est super, c’est que le Fonds pour la Presse Libre qui vient de créer le Fond Riposte avec Media Défense, qui est une association anglaise. Ça vient d'être créé pour soutenir les médias indépendants au niveau des frais judiciaires. A priori, tout va être pris en charge de notre côté par ce fonds-là. Ce qui n’empêche pas le temps passé.
David Dufresne
Voilà, alors c’est un fond qui a déjà, je crois, aidé trois médias, dont le vôtre, mais voilà où on en est, c'était dire qu’il faut récolter de l’argent pour défendre la presse indépendante. Qui fait son boulot, mais qui est attaqué de toute part. Alors c’est pas que l’extrême droite, c' est aussi le monde des affaires. C’est aussi des élus locaux. Mais là, en l’espèce, voilà, c' est la ville de Perpignan. Est ce que vous pouvez nous parler un peu plus de l’empaillé ? Comment avez-vous dit ? Donc c'était un truc un peu conspiratif, si j’ai bien compris. Non, je déconne. Comment travaillez-vous ? Qu’est ce que vous voulez faire, transmettre ? En publiant chaque trimestre votre canard.
Simon Grysole
Nous, on va dire qu’on a un peu trois axes. On a l’axe de soutien à toutes les luttes régionales, que ce soit les luttes écolos, féministes, antiracistes, etc. Et on essaye d’avoir le temps d’enquêter aussi sur le pouvoir régionaux, que ce soient les médias, les patrons, les politiques, Et un troisième axe, on aime bien aussi mettre en avant un côté un peu, on va le dire, produire de l’imaginaire à travers des fictions, des poésies, des récits personnels, intimes, voilà, on a ce côté-là, et voilà, une petite équipe, on espère arriver à faire du boulot sur la région en termes de contre-infos, ce n’est pas toujours facile, c’est qu’on passe beaucoup de temps dans la diffusion, tu as parlé tout à l’heure de notre réseau d’autodiffusion, comme on l’appelle, c’est à peu près 400 lieux de dépôt vente sur toute la région qui nous prennent énormément de temps, et en même temps c’est grâce à eux qu' on arrive à vivre Mais on se rend compte des fois que la partie journaliste de notre temps de travail est des fois moins de la moitié du temps disponible.
David Dufresne
Pourquoi avez-vous choisi le papier ?
Simon Grysole
C’est une évidence, il n’y a pas eu de débat, il n’y en aura jamais, je crois. On essaie de mettre en ligne quand même sur Internet, mais c’est vrai qu’on tient beaucoup au papier. On pense que, bien sûr, il faut aussi des médias sur Internet. Ça a son importance, il n y a aucun souci là-dessus. Mais il manque des journaux papier et nous, on pense qu’il y a vraiment quelque chose à défendre. Il y a un super article dans le Monde Diplo ce mois-ci, qui parle de la défense des journaux papier. C'était vrai que c'était autant de pouvoir le lire au matin. Sur sa table de déjeuner que de transmettre en manif à ses potes, de laisser dans un café associatif. Là, pour le coup, notre réseau de dépôt vente, c’est tous des journaux qui parlent de lutte sociale et de révolution qui sont mis sur la table de nombreux cafés, de nombreux cinémas. On pense que c'était vraiment assez primordial aujourd’hui.
David Dufresne
Pardon, oui, il y a Valérie qui vous dit, il ne faut pas craquer, soutiens. Il y a Mikéthos qui nous dit qu’on peut lire l’empaillé au Café Lecture, les Augustes, à Clermont-Ferrand. Il y à Julien qui nous dit, surtout pour un journal local, c’est vraiment bien. Et je voulais en profiter pour vous faire parler aussi du syndicat de la presse, pas pareil, dont vous êtes membre. Quel est donc ce syndicat occulte ?
Simon Grysole
Alors le SPPP a été créé, je ne sais plus justement, je l’ai demandé ce matin mais je pense que ça fait bien deux ans maintenant. Ça regroupe beaucoup de journaux papiers pour le coup, même si c’est pas du tout fermé à tous les médias indépendants. On retrouve autant L’Empaillé, CQFD, La Brique, Le Mouet, L'Âge de Fer, Silence. Donc voilà, tous des titres qui sont peut-être moins visibles que des sites ou des journaux nationaux Mediapart Au poste, à Reporterre, Streetpress, etc. C’est vrai qu’on défend un peu cette petite presse indépendante si on veut, même si on a un certain écho aussi. Et le but, c’est autant de se soutenir, d'échanger Comme là, sur notre site internet, on a un salarié en ce moment. Sur notre site Internet, on fait des abonnements groupés. Voilà, j’oublie sûrement des choses qu’ont fait, des tables de presse communes sur des gros événements, Le but c’est aussi de se souder un petit peu et ça marche pas mal pour l’instant. Il y a une bonne dynamique. On doit avoir une quarantaine de médias, peut-être 50 maintenant, qui sont affiliés au syndicat.
David Dufresne
Est-ce que vous avez le sentiment qu’il y a un besoin particulier de se regrouper aujourd’hui ? Je dis ça à la fois par rapport à ce qui vous arrive, ce procès qui vous est intenté, et puis évidemment le fond de l’air brun qui s’avance partout. Est- ce que vous croyez qu' il y a une nécessité au-delà de la nécessité économique de se regrouper ? Là dans un syndicat par exemple ou autre.
Simon Grysole
Je pense que c’est valable pour les médias, pour les collectifs antifascistes et collectifs contre l’extrême droite. C’est valable pour tout le monde. Je pense qu’au plus on est unis et soudés, au plus on n’est fort, il n’y a pas de souci là-dessus. Oui, pour la presse, c' est pareil, de tout temps, c' est toujours valable. C' est assez intéressant d'échanger. Et de se regrouper à plein de titres, je me répète un peu.
David Dufresne
Non, non, mais il n’y a pas de souci, mais est-ce que ça veut dire qu’il faut taire ces différences ? Parce que l’ennemi commun est plus grand que nos différences.
Simon Grysole
Non je pense pas je pense que ça fait écho à l’Empaillé c’est vrai que non on a pris ce titre là parce que s’empailler en tout cas c’est débattre vivement sans concession et nous on défend ça même à l’intérieur de notre canard et je pense que c’est valable au-delà je pense qu’il faut surtout pas faire les différences, il faut au contraire à la fois s’allier et à la fois des débats de ce qui nous ressemble pas toujours, enfin je sais pas, dans le syndicat il y a autant un courant peut-être plus anti industriel, il ya des courants plus libertaires, plus écolos, et tant mieux, tant mieux après il faut Il faut savoir se coordonner, s’allier tout de même.
David Dufresne
Alors jeudi, dernière question, jeudi à 13h, rassemblement devant le tribunal de Perpignan. Est-ce que, alors je ne sais pas si c’est votre secteur, parce que l’Empaillé, c'était quand même un empire, je veux dire c’est tout le sud-ouest, le sud ouest est le centre de la France, enfin c’est énorme votre machin. Alors je ne sais pas si vous êtes spécialiste de Perpignan, mais si c' est le cas, quelle est la situation ? Là-bas, par rapport aux municipales, est-ce que vous avez de grandes enjambées, est-ce que vous avez quelques informations ? Est-ce que Aliot est sûr d'être réélu ? Qu’est-ce qui se passe du côté de l’opposition ? Avez-vous des informations par rapport à ça ?
Simon Grysole
Je ne vais pas être très prolifique, il y a le fait que Aliot a pris six mois ferme et trois ans d’inéligibilité au procès des assistants parlementaires du RN, que le procès se déroule en janvier, février. Mais ça ne va pas l’empêcher à priori de faire campagne, voire d'être élu, à ce que j’ai bien compris. Et à ce moment-là, ce serait son numéro 2 qui prendrait le relais s’il était condamné en appel. Mais à priori, lui, il part toujours. Il y a des grandes chances de ce que j’ai compris. Il y en a vraiment un peu comme à Béziers, c’est un peu gagné d’avance, même si c'était un peu dur de dire ça. J’espère qu’il y a quand même des gens qui vont se battre sur Perpignan, j’en doute pas pour essayer de l’en empêcher. Mais je n’ai pas plus d’infos sur la liste d’opposition.
David Dufresne
Bon courage… Oui, alors il n’y a pas d’exécution immédiate pour Aliot, je veux dire pardon, Alliot Marie moi, les ministres de l’Intérieur, c’est un truc, j’ai ça dans la tête..
Simon Grysole
On espère bien qu’il sera condamné en appel. On avait titré sa une, il y a deux numéros, ciao Aliot, on espère que ça va se révéler exact.
David Dufresne
Eh bien, ciao mon cher Simon. Merci beaucoup d’avoir pris le temps de venir ce matin. Le tchat est ravi de découvrir des titres de presse indépendante. Ça donne de l’espoir sur votre métier de journaliste, dit Common Source. Une autre presse est possible, mais pas pareille. Bon courage, Simon, pour jeudi. Et puis tenez-nous au courant de ce qui se passe pour vous. À très bientôt. Merci beaucoup. Et voilà, camarades, qu’est-ce qu’on va faire maintenant ? Il nous reste 11 minutes, j’ai encore un certain nombre de petites choses à vous raconter, mais d’abord, je vais mettre un petit machin. Tiens, qu' est-ce que je pourrais mettre ? Celui-là, je l’aime bien, celui-là.
David Dufresne
Comment allez-vous, les aupostiens il est 8h50, comment allez- vous, comment ça se passe pour vous ? Racontez-nous dans le tchat et j’envoie le jingle de la rubrique tant attendue. Là je saute plein de pages, la rubrique tant attendue, ici Londres.
Jingle
Les Français parlent aux Français Quelques messages personnels, les sanglots longs des violons de l’automne. Je répète, les sanglots longs des violons de l’automne bercent mon cœur d’une langueur monotone. Radio Paris ment, radio Paris ment. Radio Paris est allemand. Radio Paris ment, radio Paris ment. Radio Paris et allemand La fortune vient en dormant, heureux qui, comme Ulysse, a fait un long voyage de Marie-Thérèse à Marie-Louise. Un ami viendra ce soir.
David Dufresne
Oui, Radio Londres, ici, Londres la revue de presse. Antifa, les aupostiens parlent aux aupostiennes, les aupostiennes parlent aux aupostiens. Résumé, exprès de cette petite revue, la semaine confirme une dynamique lourde. L’extrême droite avance en réseau, attaque la justice, verrouille les médias, banalise ses violences. De Trump qui menace des magistrats européens au sondage bolloréen du JDD, en passant par les ratés locaux du RN et les récits glaçants des victimes, le tableau est cohérent. Derrière la façade institutionnelle, c’est bien un projet autoritaire global qui se déploie, mais on ne va pas se résigner. Trump, ça vous a peut-être échappé. Trump vise les juges qui ont condamné Marine Le Pen. L’extrême droite internationale franchit un cap supplémentaire dans l’attaque frontale contre l'État de droit. C’est l’Humanité qui nous parle d’un article du Spiegel, journal allemand. L’administration Trump envisage des sanctions ciblées, notamment des restrictions de visa, contre des magistrats européens, parmi lesquels ceux qui ont condamné Marine Le Pen. A-t-on besoin de commenter ? Trump s'érige donc en protecteur des leaders nationalistes poursuivis par la justice, tandis que Le Pen se pose en victime d’un complot judiciaire. Cette convergence marque une nouvelle étape dans la construction d’une internationale autoritaire où les indépendants judiciaires sont désignés comme ennemis. Une mécanique typiquement fasciste assumée et décomplexée.
Jingle
Je suis arrivé, j’ai fait le cacou là comme ça, j’suis rationalisé, mutualisé, supprimé, bon, alors on a fait ce qu’on a pu, visiblement la police de projection que j’sais proposé, là ça vaut pas un clou, ça fait monter les tensions dans le pays, ça aide pas à lutter contre la délinquance, alors c’est sûr que électoralement ça fait voter à droite.
David Dufresne
Il est 8h57, on va bientôt se quitter, je vous ai donné les convocations de la semaine, donc carton plein cette semaine pour Au poste, vous pouvez aller sur le site aupostet.media Mais je voulais revenir sur les lieux du crime, c’est notre petite rubrique qui se penche sur le passé. C’est évidemment en relation avec l’accident, pardon l’incendie pour l’instant, accidentel dans un bar de Crans Montana en Suisse qui a fait 40 morts, une centaine de blessés dans la nuit du 1er janvier. L’INA ressort ses archives et nous dit que ce drame survenu en Suisse rappelle un autre survenu en 1970, l’incendie du dancing le 5-7 à Saint-Laurent-du-Pont. Je vous mets les premières minutes.
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Tragédie dans l’Isère, aux premières heures de cette journée de la Toussaint, plus de 140 morts dans un incendie. Ils étaient allés danser, c'était des jeunes en grande majorité. Ils étaient allés au 5-7, un club, une boîte aux décors psychédéliques, situé à 14 kilomètres de Voiron, près du village de Saint-Laurent-du-Pont. À 1h30, alors qu’il devait y avoir dans les 180 à 200 danseurs dans cet établissement, le feu a pris. Tout de suite, il s’est étendu très rapidement. Ça a été la panique, la bousculade et cette tragédie. L’un de ces faits que l’on dit divers et qui, dans l’histoire des faits divers, restera sans doute comme étant la tragédie de Saint-Laurent-du-Pont ce 1er novembre 1970. Nos équipes étaient très vite sur place. Les sauveteurs ont été prévenus très vite mais ils n’ont rien pu éviter. Le drame était écrit et il s’est déroulé en quelques minutes. Nos équipes, donc, étaient sur place cette nuit et Alain Chabout doit être maintenant de retour à notre bureau de Lyon pour pouvoir nous dire d’abord quel est le dernier bilan, bien qu’il soit très difficile de dénombrer les victimes.Bien, vous savez, Jean-Lanzi, le dernier bilan est de 148 victimes.
David Dufresne
Voilà, je voulais vous montrer ces quelques extraits d’abord parce que, et ouais, il y a du swag, il y a du swag là dans ces archives. Voilà, parce que je trouve que c’est toujours important de se rappeler du passé. Évidemment, ça n’est en rien pour relativiser ce qui s’est passé en Suisse, mais c' est aussi pour avoir d’une certaine manière le plaisir de voyager dans le temps, dans le noir et blanc, dans ces images de présentateurs sans prompteur, avec simplement des notes sous les yeux. Et puis dans quelques instants, vous allez voir l’infographie décortiquée par ce monsieur. Mais ce que je voulais aussi faire, mais voilà que le chat, on n’est vraiment pas chez les cons, voilà que le chat m’a devancé, c’est qu’en fait, ce drame, ce drama du dancing le 5-7 à Saint-Laurent, en fait, précéder d’une semaine la mort, enfin de quelques jours, la mort du général de Gaulle. Et c’est la raison de la une du journal satirique Hara-Kiri avec le célèbre titre de Une « Bal tragique à Colombey, un mort », ce jeu de mots vaudra au journal sa fermeture avant qu’il ne renaisse plus tard, sous le nom de Charlie Hebdo. À l'époque, on était tous Charlie. Ce n’est pas le Charlie Hebdo de ces derniers mois, de ces années. Voilà l’infographie avec le stylo. D’une certaine manière, la télévision n’a rien réinventé.
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Il y avait deux ou trois pistes de danse et l’orchestre se trouvait ici. Lorsque l’incendie s’est déclaré, les gens se sont précipités vers ces portes de secours qui étaient fermées. Ils se sont entassés dans ces coins et ils sont morts ici d’une manière atroce. Je vous dis, on aurait dit des morceaux de bois calcinés les uns sur les autres. D’autres se sont préparés par le tourniquet, mais il ne tourne que dans ce sens. Donc il n’y a pas de problème, un ou deux ont pu passer sur le tourniquet. Mais un ou deux seulement.
David Dufresne
Voilà, voilà, je vais couper le son, voilà chers amis, c’est la fin de cette matinale, de cette reprise pour 2026. Merci infiniment à toute l'équipe et dans quelques instants, je veux recevoir, mais hors caméra, je vais recevoir le chef de la propagande d’Auposte puisque c'était ainsi que nous allons l’appeler Théophile. Nous n’allons pas l’appeler le community manager, on va l' appeler le chef de la propagande. Je vais le recevoir dans quelques instants, je vais lui faire un petit café pour discuter avec lui de comment on peut essayer d’occuper un petit peu le terrain des réseaux sociaux, le sous commandant Bien, bien Florent, merci à toi.

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