Albert Lévy
Magistrat français né le 20 mai 1951, Albert Lévy a mené une carrière marquée par des dossiers sensibles, une forte exposition médiatique et de nombreux conflits avec les pouvoirs politiques et judiciaires. Son parcours, singulier dans la magistrature française, est indissociable de son engagement contre la corruption et le crime organisé.
Après des études de droit sanctionnées par une maîtrise, Albert Lévy obtient le certificat d’aptitude à la profession d’avocat. Il exerce d’abord comme avocat à Marseille avant d’intégrer la magistrature. Le 1er janvier 1989, il est nommé substitut du procureur de la République au tribunal de grande instance de Dunkerque.
Deux ans plus tard, en 1991, il rejoint le tribunal de grande instance de Toulon. Il y est chargé de dossiers liés au grand banditisme et à l’affairisme local. À Toulon, son travail s’inscrit dans un contexte politique tendu, notamment après l’élection de Jean-Marie Le Chevallier à la mairie en 1995. Albert Lévy s’attaque alors à des affaires mettant en cause des liens entre criminalité organisée, monde économique et responsables politiques, ce qui lui vaut de fortes oppositions et une mise à l’écart progressive au sein de l’institution judiciaire locale.
Au milieu des années 1990, une affaire de fuite de procès-verbal dans la presse conduit à des poursuites contre lui pour violation du secret professionnel. La procédure judiciaire est longue et complexe. Après plusieurs rebondissements, Albert Lévy est finalement relaxé par le tribunal correctionnel de Paris le 14 novembre 2006.
Sa carrière est également marquée par des attaques personnelles. Il est la cible de propos antisémites publiés dans une revue professionnelle de magistrats, faits pour lesquels l’auteur sera condamné pour injure publique à caractère racial.
En 2012, Albert Lévy est aussi visé par un projet d’enlèvement attribué à des membres de l’organisation Forsane Alizza, dissoute depuis, à la suite de la mise en examen de l’un de ses membres. Cette menace entraîne la mise en place d’une protection policière.
En 1999, il est nommé substitut du procureur à Lyon. Il poursuit ensuite sa carrière au sein de la juridiction interrégionale spécialisée, où il exerce les fonctions de vice-président chargé des fonctions de juge d’instruction. Il quitte la magistrature le 30 juin 2017.
Parallèlement à son activité judiciaire, Albert Lévy s’engage au sein du Syndicat de la magistrature, dont il est vice-président et membre du bureau national. En 2007, il se met en disponibilité pour se présenter aux élections législatives sous l’étiquette des Verts. À partir de 2020, il rejoint La France insoumise et s’engage dans le cadre de l’Union populaire, il est candidat aux municipales 2026 dans le 3ème arrondissement de Lyon.
Figure clivante de la magistrature, Albert Lévy est souvent décrit comme un magistrat indépendant, intransigeant et résolu à exercer ses fonctions sans concession, au prix d’une carrière marquée par les conflits, les procédures et une exposition personnelle durable.
En 2024, lors dans la campagne des élections législatives anticipées, il co-signe la tribune publiée par Au Poste Réponse collective à une infamie : Sur l’accusation d’antisémitisme portée contre la France Insoumise » et vient expliquer son geste accompagné de Ludivine Bantigny et Jérémy Rubenstein .
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La France insoumise antisémite ? Les historiens Bantigny et Rubenstein et le juriste Lévy ripostent… Au Poste
Ludivine Bantigny, Albert Lévy et Jeremy Rubenstein, co-signataires de la tribune publiée lundi par Au Poste « Réponse collective à une infamie : Sur l’accusation d’antisémitisme portée contre la France insoumise » étaient ce matin avec nous pour expliquer leur geste, leur intention, leur colère et leurs espoirs.
