Monique Pinçon-Charlot
Monique Pinçon-Charlot est sociologue, ancienne directrice de recherche au CNRS, spécialiste de la haute bourgeoisie et des élites sociales. Elle mène l’essentiel de ses travaux en collaboration avec son mari, Michel Pinçon, rencontré durant ses études de sociologie. Elle le suit au Maroc (1967-1969) durant son service national avant de revenir finir leurs études en 1970 à l’université expérimentale de Vincennes. Ses premiers travaux portent sur la ségrégation spatiale. En 1986, elle co-écrit entre autres
Ségrégation urbaine(1986), une recherche qui démontre la répartition sociale des HLM parisiens : aux ouvriers et employés les HLM d’agglomération et aux cadres et hauts fonctionnaires les HLM intramuros. Avec son mari, elle écrit des travaux qui font référence, comme
Voyage en grande bourgeoisie(PuF, 1997),
Sociologie de la bourgeoisie(La Découverte, 2000) et
Les Ghettos du gotha(Seuil, 2007) où ils exposent les pratiques et la concentration de la haute bourgeoisie française à travers la ségrégation socio-spatiale, les réseaux d’influence et l’endogamie : « Si l’on a rencontré le collectivisme dans nos enquêtes, c’est essentiellement dans les beaux quartiers ! ». Le couple prend sa retraite universitaire en 2007, leur permettant de publier des ouvrages plus engagés. C’est ainsi qu’ils publient par exemple, en 2010,
Le Président des riches. Enquête sur l’oligarchie dans la France de Nicolas Sarkozy(Zones/La Découverte) – ce qui leur fait publier, en 2019,
Le Président des ultra-riches. Chronique du mépris de classe dans la politique d’Emmanuel Macron(Zones/La Découverte). En 2011, Monique Pinçon-Charlot soutient Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle de 2012, avant de se présenter en 2017 aux élections législatives des Hauts-de-Seine avec le soutien du PCF. En 2020, elle intègre le conseil scientifique de l’Institut La Boétie et rejoint en 2022 le Parlement de la Nupes. Après le décès de Michel Pinçon en septembre 2022, la même année de la sortie du film documentaire de Basile Carré-Agostini
À demain mon amourqui suit le couple dans sa vie et son travail, Monique Pinçon-Charlot continue d’écrire et d’intervenir dans le débat public. C’est d’ailleurs à l’occasion de la parution de son dernier ouvrage
Le Méprisant de la République(Textuel, 2023) qu’elle est venue Au Poste en octobre 2023. Avec sa pétulance, elle y ausculte la violence des mots de l'Etat, « l’arrogance de Macron » lors de la bataille contre la réforme des retraites, là « pour masquer la logique de prédation du système capitaliste ».
Dernières émissions

« Le capitalisme est à bout de souffle, et nous avec » — Monique Pinçon-Charlot
Ils ne paient pas d’impôts, mais ils achètent les médias, les lois, et même l’avenir de la planète. Monique Pinçon-Charlot, sociologue des riches, démasque l’oligarchie française : une caste qui s’enferme dans ses ghettos dorés, manipule la démocratie, et accélère le chaos climatique. « Le capitalisme est à bout de souffle, et nous avec », lance-t-elle, impitoyable. Des cercles secrets aux fraudes fiscales géantes, des présidents milliardaires à la mainmise sur Paris, elle révèle comment une poignée d’hommes et de femmes a confisqué le pouvoir, l’espace, et jusqu’à l’air que nous respirons.

Monique Pinçon-Charlot à l’assaut du « Méprisant de la République »
A la violence sociale, économique, physique, il faut ajouter celle des mots (méprisants) envers ceux (méprisés) « qui ne sont rien ». La violence symbolique, qui redouble de cruauté.