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Sonia Backès

Ministre

AuPoste "auditionne" devant le Sénat Sonia Backès la ministre déléguée à la citoyenneté : le sujet le Fonds Marianne, dont elle assure n 'avoir eu « aucune discussion avec Marlène Schiappa »

Sonia Backès : la fidélité républicaine à l’épreuve du fond Marianne

Dans l’arène politique néo-calédonienne, Sonia Backès joue depuis des années la carte de la République. Née en 1976 à Nouméa, formée à l’ingénierie informatique, elle a très tôt choisi son camp : celui des loyalistes, des partisans du maintien de la Nouvelle-Calédonie dans le giron français. Devenue une figure centrale du camp anti-indépendantiste, elle a multiplié les portefeuilles dans les gouvernements locaux, piloté l’enseignement, les finances, l’énergie, et pris en main la province Sud en 2019.

Lors de la présidentielle de 2022, elle soutient Macron – retour sur investissement immédiat : elle est nommée secrétaire d’État à la Citoyenneté, avec dans son escarcelle, un chantier glissant : la lutte contre les dérives sectaires.

Mais ce sont les dérives de l’État lui-même qui la rattrapent. En juin 2023, la sénatrice  est convoquée au Sénat dans le cadre de la commission d’enquête sur le Fonds Marianne, ce dispositif créé au lendemain de l’assassinat de Samuel Paty pour « promouvoir les valeurs de la République ». Un nom solennel, une mission sensible… et une gestion calamiteuse. Certaines associations ont touché des centaines de milliers d’euros pour des contenus approximatifs, voire franchement douteux, parfois utilisés pour flinguer des adversaires politiques.

Face aux sénateurs, elle  reconnaît ce que les enquêtes ont déjà mis au jour : « des fautes, des erreurs, des manquements ». Elle assure qu’à son arrivée, son cabinet n’a été informé de rien – silence radio jusqu’aux révélations de Marianne et de France 2. Elle découvre alors les magouilles du CIPDR (le Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation) par la presse. Réaction immédiate, dit-elle : saisine de l’Inspection générale, transmission au parquet. Classique opération de maîtrise des dégâts. Mais le fond du dossier reste explosif : des centaines de milliers d’euros attribués sans contrôle réel, au nom de la République, pour des campagnes numériques parfois plus partisanes que républicaines.

Elle défend toutefois le bilan global : selon elle, la majorité des assos financées ont « fait le boulot ». Ne pas jeter l’outil avec ses travers, dit-elle. Pourtant, la mécanique même du Fonds Marianne, son absence de garde-fous, son fonctionnement entre entre-soi bureaucratique et activisme gouvernemental, a illustré les dérives d’un État qui fabrique ses propres influenceurs – à coups de subventions opaques.

Retour au pays en septembre 2023, après une défaite humiliante aux sénatoriales – battue par l’indépendantiste Robert Xowie. Elle démissionne du gouvernement comme le veut la règle macroniste. Mais loin d’un retrait, elle relance l’offensive idéologique à Nouméa : plaidoyer pour la séparation des provinces, dénonciation d’un vivre-ensemble devenu fiction. Le ton est donné : « Le monde kanak et le monde occidental », dit-elle, ne se mélangent pas. Finie la République une et indivisible ?

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