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Yannis Lantheaume

Avocat

Avocat au barreau de Lyon, Yannis Lantheaume s’est imposé ces dernières années comme l’un des visages juridiques de la contestation des violences policières. Spécialiste de droit pénal, de droit public et de droit pénitentiaire, il conjugue pratique contentieuse et engagement collectif, notamment au sein du Comité de liaison contre les violences policières, actif dans la métropole lyonnaise.

Son implication prend une ampleur particulière au moment du mouvement des Gilets jaunes. À cette période, il observe chez de nombreux manifestants une méconnaissance profonde des droits en garde à vue. Avec plusieurs confrères et consœurs du barreau de Lyon, il participe alors à la création d’un collectif informel d’avocats baptisé « Activistes du droit ». Leur objectif : assurer un appui juridique concret et développer une pédagogie des libertés publiques. Expliquer le droit au silence, l’accès à l’avocat, la durée légale d’une garde à vue ou encore les enjeux d’une comparution immédiate devient, à ses yeux, une nécessité démocratique.

Au sein du Comité de liaison, il contribue à un travail d’enquête et d’analyse sur les pratiques policières locales. L’approche est méthodique : documenter précisément les faits, examiner les procédures, interroger le rôle des hiérarchies et du parquet. Parmi les thématiques régulièrement abordées figurent les violences en manifestation, les difficultés à déposer plainte, ou encore les soupçons de faux en écriture publique. Sur ce dernier point, il rappelle que le législateur qualifie le faux en écriture publique de crime, au regard de l’atteinte qu’il porte à la confiance publique  un écart, selon lui, avec la réalité des poursuites engagées.

Sa stratégie repose sur une lecture juridique à deux niveaux. D’un côté, la responsabilité pénale individuelle des policiers lorsque des infractions sont caractérisées. De l’autre, la responsabilité administrative de l’État pour les choix d’équipement, de doctrine ou d’organisation du maintien de l’ordre. Cette logique l’amène à s’engager dans des recours contre l’usage de certains dispositifs, comme les drones, les hélicoptères de surveillance ou les lanceurs de balles de défense, lorsqu’il estime que leur cadre juridique est insuffisant ou mal défini.

Lantheaume refuse toutefois une posture « anti-police ». Il souligne la diversité interne de l’institution et distingue les trajectoires individuelles des orientations politiques. À ses yeux, la question centrale réside dans l’usage que l’État fait de la police comme outil de régulation sociale, et dans l’affaiblissement progressif des garanties juridictionnelles censées encadrer l’exercice de la force publique.

Pour cet avocat lyonnais, l’action demeure la réponse au découragement. Informer, saisir les juridictions, soutenir les plaignants et rappeler les principes de l’État de droit constituent, selon lui, autant de leviers pour maintenir vivante l’exigence démocratique.

Convoqué Au poste en mai 2021 en tant que membre du comité de liaison contre les violences policières de Lyon  il  intervenait aux côtés du journaliste Lionel Perrin dans un entretien consacré aux « sept péchés capitaux de la police », au micro de David Dufresne. Au cœur de l’échange : violences policières, maintien de l’ordre, garde à vue, impunité institutionnelle et usages contestés des technologies de surveillance.

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