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Amandine Gay : « La suprématie blanche est un régime politique »
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Saison 11

Amandine Gay : « La suprématie blanche est un régime politique »

  • Amandine Gay
  • Réalisatrice, productrice, autrice et activiste
1 h 5130/01/2026
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La réalisatrice et afroféministe analyse la suprématie blanche comme un régime politique structurant la société française. Elle relie santé, capitalisme, racisme et patriarcat à partir d’exemples concrets et documentés. De l’affaire Naomi Muzenga au pluriversalisme, en passant par son propre parcours, elle propose une lecture située et rigoureuse. Une belle (et longue) (et franche) conversation exigeante sur la manière de penser et d’organiser les luttes sans effacer les rapports de domination.

« Comment vivre libre dans un monde façonné par l’oppression raciale ? » Avec Vivre, libre (Éditions La Découverte), Amandine Gay, réalisatrice et militante afroféministe, répond par un manifeste intime, politique, et à succès. À travers son parcours de femme noire, adoptée et bisexuelle, elle déconstruit la suprématie blanche, non comme une idéologie qui serait aux mains de quelques uns (puissants), mais comme un système qui structure nos vies – amitié, sexualité, travail.
Sans concession, elle interpelle : « On peut être complice de la suprématie blanche sans être raciste. » Un livre-vérité, mi-récit autobiographique mi-analyse sociale (de bell hooks à Charles W. Mills), qui force à regarder en face nos privilèges et nos silences. Car pour Gay, la lucidité n’est qu’un début : l’urgence est d’agir.

La rencontre avec Amandine Gay

Définition structurante de la suprématie blanche comme un cadre politique global, pensée explicitement comme «un régime politique», qui organise durablement les rapports sociaux, économiques et symboliques, bien au-delà des intentions individuelles ou des comportements isolés.

Analyse du racisme comme système matériel et historique, produisant des effets concrets sur les trajectoires de vie, les droits et les possibilités d’action, et non comme une simple question morale ou culturelle.

Critique approfondie de l’universalisme républicain, présenté comme un dispositif qui se prétend neutre mais qui hiérarchise implicitement les expériences, en imposant un point de vue dominant comme horizon commun indiscutable.

Présentation du pluriversalisme comme alternative politique, défini comme «la possibilité de faire coexister plusieurs mondes», permettant de penser l’égalité sans exiger l’effacement des différences ni la soumission à une norme unique.

Mise à distance de la convergence des luttes comme mot d’ordre abstrait, au profit d’une stratégie de coalition fondée sur le réel des rapports sociaux, avec l’idée assumée que «parfois nous ne sommes pas des alliés objectifs».

Analyse des rapports de classe à l’intérieur même des groupes opprimés, montrant comment des intérêts matériels divergents peuvent produire des conflits, notamment lorsque certaines positions sociales bénéficient indirectement des systèmes de domination.

Refus d’une lecture strictement économiciste de l’émancipation, affirmant clairement que «si on me parle d’anticapitalisme sans parler de capitalisme racial, on n’est pas ensemble», et rappelant l’imbrication historique de l’exploitation économique et de la race.

Insistance sur la nécessité de penser ensemble capitalisme, suprématie blanche et patriarcat, non comme des oppressions concurrentes mais comme des systèmes qui se renforcent mutuellement et structurent l’ordre social.

Réflexion assumée sur la position située de l’autrice, rappelant que toute analyse est produite depuis un lieu social précis, et que reconnaître ce point de vue situé est une condition de la rigueur politique et intellectuelle.

Conclusion sur les formes d’action collective, appelant à des luttes capables à la fois de résister aux systèmes de domination existants et de formuler «d’autres formes de faire société», sans délégation ni effacement des rapports de pouvoir internes aux mouvements.

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Sources, liens & références

Vivre, libre - Amandine Gay - 2025 

: Comment vivre et s'émanciper dans un monde façonné par l'oppression raciale ? En commençant par en reconnaître la dimension systémique : plus qu'une idéologie de haine, plus qu'une question individuelle ou morale, c'est un régime politique, dont les fondements historiques et philosophiques continuent d'opérer aujourd'hui. Dans ce livre, Amandine Gay en dévoile les ressorts à travers une exploration de son propre parcours et des classiques de la pop culture : de la domination adulte à la famille en passant par l'amitié, la sexualité ou le travail, elle identifie les manifestations quotidiennes de la suprématie blanche et les mécanismes de sa perpétuation. En observatrice sagace des rapports de pouvoir, elle pointe les formes ordinaires de la violence raciale mais aussi les moyens de s'en libérer. Dans le sillage des Jacobin.es noir.es dont elle reprend la déclaration d'indépendance postrévolutionnaire, l'autrice nous invite à nous décentrer et à nous engager dans un antiracisme actif, conditions indispensables d'une émancipation qui serait vraiment celle de tou.tes.

editionsladecouverte.fr

Une poupée en chocolat - Amandine Gay - 2021 

: Je suis une personne née sous X, qui ne possède rien de son passé : ni antécédents médicaux, ni arbre généalogique, ni mémoire familiale. Je dois donc écrire mon histoire pour ne pas être qu'une somme de silences, de traumas et de dépossessions. Ce livre est une trace, une archive, une pièce du puzzle que je tente de compléter grâce à l'analyse politique de ce qui m'arrive. On oublie trop souvent que si des familles sont constituées par l'adoption, c'est parce que d'autres, plus précaires, ont été détruites. Qu'il s'agisse des rapports de classes, des inégalités mondiales ou du continuum colonial, en contexte occidental, l'adoption est inscrite dans une histoire de violences. C'est de cette histoire que les personnes adoptées héritent ; contre ses persistances qu'elles luttent. Devons-nous être une tabula rasa pour que l'adoption fonctionne ? Qui sont nos vrais parents ? Est-ce une chance d'être adoptée ? Suis-je une vraie Noire ? Cet essai autobiographique invite à s'interroger sur l'identité, la filiation et la parentalité à partir du regard que nous, personnes adoptées, posons sur la famille et la société.

editionsladecouverte.fr

#AuPoste #DuPasséFaisonsTableBasse #14 - 18h - 4 février 2026 Manuels scolaires: l’histoire, cette poudre à canon! avec Laurence De Cock & Magali Jacquemin 

Du passé faisons table basse | Quand Giorgia Meloni est arrivée au pouvoir, une des premiers choses qu’elle a fait est de s’attaquer aux programmes scolaires d’histoire, avec un retour au récit national, ce que le RN envisage aussi dans son programme sur l’école. L’enseignement de l’histoire, ses programmes, ses manuels, ce qu’aurait dit tel ou tel enseignant en cours est de toute façon une matière inflammable, prompte à embraser les 20 h ou les unes du Figaro à grand coup de « on n’enseigne plus Clovis, Jeanne d’Arc, la France des Lumières mais l’esclavage, l’islam, etc. », « il n’y a plus de chronologie », et autre horreur-malheur-lespoooovrezenfants. Pour éclairer ses questions, expliquer ce qu’est un programme, un manuel, un cours d’histoire, pour historiciser les attaques, réfléchir aux risques que fait peser sur l’histoire scolaire la montée de l’extrême droite et enfin rappeler que l’histoire n’est pas une discipline faite pour inculquer des réponses toutes faites, mais pour apprendre à se poser des questions, j’ai convoqué au Poste, le 4 février à 18 h, Laurence De Cock et Magali Jacquemin. La première est enseignante dans le secondaire et chercheuse en histoire de l’éducation, spécialiste de la fabrique scolaire de l’histoire (Dans la classe de l’homme blanc (PUL), La fabrique scolaire de l’histoire (Agone), Sur l’enseignement de l’histoire (Libertalia) tout en écrivant des livres d’histoire pour les enfants (collection Les explorateurs de l’histoire). La seconde est professeure des écoles et pratique la pédagogie Freinet. Elle est l’autrice du livre Des élèves à la conquête du passé (Libertalia) dans lequel elle réfléchit à l’enseignement de l’histoire en primaire et nous plonge au cœur de sa classe. Toutes deux sont membres du collectif Aggiornamento Histoire géo. Mathilde Larrère

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Le Collectif 50/50 

L'association qui oeuvre pour l'égalité et l'inclusion dans l'industrie du cinéma et de l'audiovisuel française.

collectif5050.com

#AuPoste - s08-23 - 2 octobre 2024 Gaza devant l'histoire avec Enzo Traverso 

International | Quand les mots ne font plus sens, l’Histoire vient nous en donner. Au Poste a la joie de recevoir l’éminent historien italien Enzo Traverso, observateur des politiques de la mémoire et du totalitarisme, traduit dans 15 langues. Il vient avec son ouvrage Gaza face à l’Histoire (Lux), court, incisif, déroutant parfois, dissonant souvent. Un livre en situation, comme il dit.

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#AuPoste #QuiVaFaireLaVaisselle? #4 - 26 janvier 2026 Bisexualité: angle mort des luttes féministes et queer? avec Stéphanie Ouillon & Camille Teste 

Qui va faire la vaisselle? | Longtemps ignorée, caricaturée ou niée, la bisexualité reste à la marge de la marge des luttes féministes et queer. Avec rigueur et précision, Stéphanie Ouillon et Camille Teste retracent l’histoire politique, sociale et médicale de cette identité marginalisée. Chiffres, archives, expériences vécues : elles dévoilent une réalité marquée par l’invisibilisation, la biphobie et des violences spécifiques. Un échange essentiel pour comprendre pourquoi les bisexuel·les sont partout… et pourtant si rarement écouté·es.

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Je conseille le film "la vénus noire" d'Abdellatif Kechiche sur le sujet entre autres fr.wikipedia.org/wiki/V%C3%...  (tiré d'une histoire vraie)
pimikosaicho

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On n'allait pas être d'accord sur tout et ça me faisait jubiler
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