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Besancenot : « J’aimerais qu'à gauche, on soit capable de douter ensemble à haute voix »
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En public, Besancenot régale. Il commence doucement, puis monte et lâche son flot. Avec lui, on a causé de son nouveau livre « En finir avec les présidents », du Présidentialisme, de la gauche, de son organisation, de sa nécessité à s’unir sans se trahir. Et de quelques souvenirs savoureux. Un sacré moment.
« Sans président et sans présidentialisme. » La phrase claque dès les premières minutes. Olivier Besancenot ne fait pas dans la dentelle : son nouvel essai est une charge frontale contre le cœur du régime. Un livre bref, mais dense, qui remonte l’histoire du présidentialisme français jusqu’au bonapartisme, en passant par la guerre d’Algérie et la naissance de la Vᵉ République. Ce soir-là, au Poste, on sent que le sujet le touche au plus profond. Dans un échange vif, complice, parfois acide, avec Dufresne et une salle engagée, l’ancien facteur de Levallois-Perret puis de Neuilly évoque l’histoire pour mieux dénoncer les dérives du présent. Quand il parle d’Emmanuel Macron, Besancenot précise : « Ce n’est pas qu’une question de personne. C’est une question de fonction. » Il ne veut pas d’un autre chef, il ne veut plus de chef du tout.
Le présidentialisme, une machine à broyer le peuple
L'invité démonte la logique du pouvoir solitaire. Une logique verticale, autoritaire, qui, selon lui, empêche tout processus démocratique réel. Pour lui, « le présidentialisme, c’est la matrice du problème », une architecture politique qui rend possible toutes les dérives : celles d’aujourd’hui comme celles à venir.
« On est suspendus à un seul homme. C’est ça le scandale. »
Et le tchat d’ajouter : « Ce n’est plus une démocratie, c’est un spectacle d’illusionniste » (Zoé Lib).
Une histoire française, une histoire coloniale
Ce n’est pas une lubie d’ultragauche. C’est une démonstration historique. L'ancien porte-parole du Nouveau Parti anticapitaliste, rappelle que la Vᵉ République naît en pleine guerre d’Algérie, pensée comme un régime d’exception. Il souligne l’héritage colonial du présidentialisme, et l’obsession française pour l’homme providentiel. Le tchat approuve : « Toujours les mêmes mécanismes de domination. » (Rachid A).
« La Vᵉ République, c’est un modèle autoritaire hérité de la guerre et de la colonisation. »
Contre le présidentialisme, le front des luttes sociales
Pas question de rester dans la critique stérile. Besancenot croit à la puissance du collectif, à l’autonomie des luttes sociales. Ce n’est pas une illusion : c’est un choix stratégique. Il s’oppose à la logique électorale qui réduit toute dynamique à une candidature. « On a le droit de rêver d’autre chose qu’un bulletin de vote tous les cinq ans. »
Il revient longuement sur la mobilisation place de la République, sur les cortèges autonomes, les colères antifascistes, les nouvelles formes d’insoumission. Pas de dogme, mais une certitude : l’émancipation ne viendra pas d’en haut.
« Le vrai front populaire, il est dans la rue, pas dans les urnes. »
L’antifascisme ne se délègue pas
La montée de l’extrême droite ? Il ne l’élude pas mais il en dénonce la récupération cynique : « On nous rejoue le scénario du barrage républicain sans jamais interroger les causes. » Pour lui, lutter contre l’extrême droite exige d’attaquer le système qui la rend possible, y compris le présidentialisme.
Il s’en prend aux commentateurs aux éditorialistes qui, dès la moindre manif, « sortent les jumelles de 2027 », comme s’il ne s’agissait que de préparer la prochaine présidentielle.
« L’antifascisme ne se décrète pas, il se construit. »
Un format libre, un ton direct
Dufresne joue le contradicteur avec malice. Il évoque les critiques, les doutes, les écueils. Besancenot ne s’en dérobe pas. Il répond tout en nuance, parfois avec une ironie tranchante. La complicité est palpable, les désaccords assumés. Le public aussi s’en mêle. Une voix s’élève : « Mais alors, on fait quoi ? » Réponse immédiate de Besancenot : « On construit des contre-pouvoirs. Pas des candidats. »
Une formule que l'on retiendra : « J’aimerais qu’à gauche, on soit capable de douter ensemble à haute voix » La soirée se termine dans un tempo soutenu, presque trop court. Il doit filer : CNews l’attend, ce qui fait rire tout le monde. Mais il aura dit l’essentiel. Un premier passage Au poste dans les locaux de la fac du Campus Censier,face à une salle attentive et participative qui donna lieu à l'évocation de quelques souvenirs savoureux. Un sacré moment!
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Pourquoi Olivier Besancenot rejette-t-il le présidentialisme ?
Parce qu’il considère que cette forme de pouvoir centralisé favorise l’autoritarisme, bloque les dynamiques démocratiques et empêche l’émergence de contre-pouvoirs populaires.
Le présidentialisme est-il lié à la montée de l’extrême droite ?
Selon Besancenot, oui. Il alimente la personnalisation du pouvoir et légitime des formes de gouvernance autoritaires qui ouvrent un boulevard à l’extrême droite.
Que propose-t-il à la place ?
Pas un programme clé en main, mais une stratégie : reconstruire des espaces de démocratie directe, renforcer les luttes sociales, et sortir du réflexe messianique du « sauveur ».
Pourquoi cette perspective est-elle controversée ?
Parce qu’elle remet en cause toute une culture politique ancrée dans l’histoire française — celle du chef, du candidat, de l’homme providentiel et cela fait vaciller les fondations mêmes du régime.
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Cet article est le fruit d'un travail humain, d'une retranscription automatique de l'émission par notre AuBotPoste revue et corrigée par la rédaction.
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Sources, liens & références
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