4 668 € récoltés sur 16 000 €
Loyer
Gestion
Transport
Salaires
Divers
Site
Je soutiens Au Poste !
Pour défendre les libertés et nourrir le débat public
Au Poste retourne le réel Pour défendre les libertés et nourrir le débat public 100 % libre et LIVE Sans montage ni formatage
Bisexualité : angle mort des luttes féministes et queer ?
Abonnez-vous pour sélectionner votre plateforme favorite
YouTubePeerTubeAudio
Société

Bisexualité : angle mort des luttes féministes et queer ?

Voter pour cette émission

En vous abonnant, vous choisissez chaque mois l’émission mise en avant sur AuPoste.media.

Longtemps ignorée, caricaturée ou niée, la bisexualité reste à la marge de la marge des luttes féministes et queer. Avec rigueur et précision, Stéphanie Ouillon et Camille Teste retracent l’histoire politique, sociale et médicale de cette identité marginalisée. Chiffres, archives, expériences vécues : elles dévoilent une réalité marquée par l’invisibilisation, la biphobie et des violences spécifiques. Un échange essentiel pour comprendre pourquoi les bisexuel·les sont partout… et pourtant si rarement écouté·es.

Curieuses, indécises, immatures, traîtresses à la cause… Bien que nombreuses (en France, 10% des moins de 30 ans revendiquent cette identité), les personnes bisexuelles sont encore victimes de préjugés même au sein des communautés LGBTQIA+ et d’un manque de représentation, de la pop-culture aux sujets de recherche, en passant par les médias et les politiques de santé publique. Pourquoi ? Que produit la marginalisation et l’effacement de celles et ceux qui n’ont jamais cessé de militer dans les mouvements queer ?

Dans ce nouvel épisode de “Qui va faire la vaisselle ?”, Nora Bouazzouni reçoit Stéphanie Ouillon, autrice de Quelle bisexualité radicale ? Sur les traces de la bisexualité politique en France (1967-2007) (Tahin Party, 2025) et créatrice de la Newsletter bi·e, et Camille Teste, autrice d’Embrasser la bisexualité (Les Renversantes, 2025).

La rencontre avec Stéphanie Ouillon et Camille Teste

Les deux autrices constatent un manque structurel de ressources en français sur la bisexualité, malgré une présence démographique massive, rappelant que «10% des moins de 30 ans revendiquent cette identité» et que cette absence participe directement à l’invisibilisation politique et culturelle. «On s’est rendu compte qu’il n’y avait presque aucun livre sur la bisexualité en français»

Stéphanie Ouillon explique que la bisexualité est historiquement absente des pensées queer et féministes, malgré leur volonté affichée de déconstruire la binarité sexuelle, soulignant que «la bisexualité est le fantôme de l’identité sexuelle». «La bisexualité a été systématiquement absente, c’est un angle mort»

Camille Teste met en évidence les conséquences matérielles de cette invisibilisation à travers les données de santé mentale, précisant que les personnes bisexuelles sont «surreprésentées dans la dépression, les addictions et la précarité». «Les personnes bisexuelles vont moins bien que les personnes hétérosexuelles mais aussi que les gays et les lesbiennes»

Les invitées reviennent sur l’histoire médicale et psychiatrique de la bisexualité, décrite comme une phase transitoire ou une pathologie, rappelant que «le mot bisexualité a d’abord servi à décrire un état embryonnaire». «La bisexualité n’a jamais été pensée comme une identité adulte stable»

La biphobie au sein même des communautés LGBTQ+ est longuement analysée, notamment à travers les accusations de trahison et d’instabilité. «On nous a dit que la bisexualité était une arnaque politique»

Camille Teste décrit la charge cognitive permanente liée au fait de devoir prouver son identité, rappelant que «la bisexualité est la seule orientation qu’on doit sans cesse pratiquer pour être crue». «On nous demande toujours de prouver qu’on est bi»

Les discriminations spécifiques dans le monde du travail et de la santé sont détaillées, notamment la sexualisation immédiate de l’identité bi. «Quand on dit qu’on est bisexuel·le, on n’entend pas une identité mais une sexualité supposée»

Stéphanie Ouillon insiste sur la notion de passing hétéro ou queer, expliquant que cette assignation extérieure a un coût psychique élevé. «Le passing a un coût émotionnel énorme»

Les autrices montrent que la bisexualité a été effacée des récits militants, y compris lors des grandes mobilisations historiques, soulignant que «les bisexuel·les ont souvent dû se taire pour rester dans les luttes». «Ce n’était pas stratégique de dire qu’on était bi»

En conclusion, elles affirment la nécessité de prises de parole autonomes, rappelant une phrase fondatrice du militantisme bi. «Ce sera fini quand les bisexuel·les auront parlé»

Transcription de l’émission

Nora Bouazzouni
Eh bien bonjour, bonjour et bienvenue à tous dans “Qui va faire la vaisselle ?” Parce que nous on fait la révolution je suis toujours Nora Bouazzouni et je suis toujours ravie de vous retrouver en direct et en chat, n’hésitez pas. Alors il y a déjà du monde au poste CSE, a pris un abonnement de niveau 1, c’est son 59ème mois d’abonnement. J’adore parce que ça fait un peu comme on parle en chiffres bébé. Tu connais l'âge des bébés, 36 mois, 18 mois, 59ème mois d' abonnement, merci beaucoup CSE.
Stéphanie Ouillon
Moi c’est une envie qui s’est construite au fil des années où je lisais pas mal dans la sphère anglophone des essais queer, quelques livres bi que j’arrivais à attraper par-ci par-là quand je pouvais tout en constatant que même dans des librairies anglophones le rayon Bi il n’existe pas. En tout cas, c'était quelques livres comme ça. Et de par mes lectures, en fait, j’ai construit cette frustration de me dire on parle de concept, de vision du monde queer qui vise à questionner comment sont construits nos sexualités, nos identités, et on parle notamment de déconstruire la binarité hétéro-homosexuelle et quoi de plus pertinent pour ça que de parler de bisexualité.

Contre la Bollorisation des esprits !

Depuis 5 ans, #AuPoste défend les libertés publiques, la gauche critique, l’histoire vivante, les arts de la fugue et les voix qu’on bâillonne. Depuis 5 ans, nous avons choisi de rendre accessible gratuitement toute notre production car nous défendons l’information en circuit libre.

Plus que jamais, une presse libre, fouilleuse et indocile est vitale.

Au Poste n’a pas de prix. Mais un coût. vos dons font tourner la baraque.

Je soutiens Au Poste !Don récurrent ou abonnement annulables à tout moment.

Sources, liens & références

La newsletter bie 

Newsletter francophone féministe d'exploration autour des enjeux de bi/pansexualité.

lanewsletterbie.wordpress.com

Arcadie 

Pour les articles homonymes, voir Arcadie (homonymie).

fr.wikipedia.org

Sortir de la maison hantée - Pauline Chanu - 2025 

: L'hystérie n'est-elle qu'une fiction du passé ? On l'associe généralement à un diagnostic obsolète, né de l'esprit d'hommes de la fin du XIXe siècle et resté figé dans les mémoires par les photographies de femmes en train de faire l'arc de cercle, pieds et mains au sol, les yeux révulsés. Supprimée des classifications psychiatriques, l'hystérie est supposée avoir aussi disparu du vocabulaire juridique. Le terme peut même nous faire sourire tant son caractère misogyne relève aujourd'hui de l'évidence. Et pourtant, l'hystérie continue de nous hanter. Elle est toujours présente dans les cabinets des médecins, les couloirs des hôpitaux psychiatriques, au sein des cours de justice, des commissariats de police, dans nos familles et nos imaginaires. Si ce signifiant flottant se terre parfois sous d'autres noms, il s'agit toujours de faire des femmes des folles pour cacher les violences dont elles sont réellement victimes. Car l'hystérie ne tombe pas du ciel : pour qu'il y ait " hystérisation ", il faut d'abord des " hystériseurs ". À partir de rencontres avec des femmes psychiatrisées, d'affaires contemporaines, d'entretiens avec des historien.nes, des avocat.es, des médecins, d'archives d'hôpitaux, de témoignages laissés par des autrices internées, Pauline Chanu exhume la voix des femmes enfouies sous les diagnostics et nous invite à laisser parler les fantômes. Celles-ci nous montrent la porte de sortie de la maison hantée.

editionsladecouverte.fr
(le rapport du FHAR en question a été co-signé par une dénommée Françoise d'Eaubonne, mais chut)
AuPoste_fr

Infolettres

L’information comme acte de résistance !

Recevez chaque dimanche la newsletter d’Au Poste.

Un point de vue critique et indomptable.

S'abonner :
Le temps long comme arme contre le pouvoir
Joseph Paris
Canapé orange d'Au Poste

Au Poste est mis à la disposition de toutes et tous selon les termes de la licence Creative Commons Attribution : Pas d’Utilisation commerciale - Partage dans les mêmes Conditions.