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« Démocratiser le travail, libérer le temps » : l’utopie qui pourrait sauver la planète
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André Gorz

« Démocratiser le travail, libérer le temps » : l’utopie qui pourrait sauver la planète

1 h 5613/02/2026
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« Un million d’emplois pour le climat » : ce slogan, lancé il y a quelques années par des associations écologistes, résume un paradoxe explosif. Comment concilier la lutte contre la pollution et la préservation des emplois ? Comment repenser le travail à l’ère de la crise écologique ? Et si la solution passait par une révolution radicale : travailler moins, mais mieux ? Ce soir, dans Au Poste, la philosophe Céline Marty, spécialiste d’André Gorz, nous explique pourquoi notre rapport au travail est au cœur des enjeux écologiques. Entre bullshit jobs, démocratisation du travail et libération du temps, elle déconstruit les idées reçues et propose des pistes pour un avenir où l’écologie et l’emploi ne seraient plus des ennemis. Prêt à tout remettre en question ?

Et si le travail était central dans la question écologique? Cette intuition, André Gorz, philosophe, journaliste l’a eue dès les années 1970. Car le travail est une aliénation et s’inscrit dans une idéologie productiviste incompatible avec la préservation de l’environnement. Plutôt que de chercher à toujours produire davantage, nous devrions au contraire faire preuve de "réalisme écologique" et envisager la décroissance. Pour cela, Gorz prône une "réforme révolutionnaire": l’autogestion du travail, de nos besoins et rythmes de vie.

En pratique, c’est en rapprochant mouvement ouvrier et luttes écologistes que ce projet émancipateur pourrait voir le jour. Des thématiques toujours d’actualité cinquante ans plus tard, dont le mouvement écolo pourrait s’inspirer aujourd’hui.

Céline Marty est professeure agrégée de philosophie et docteure en philosophie. Elle a soutenu une thèse consacrée à André Gorz, dont elle a tiré l’ouvrage L’écologie libertaire d’André Gorz. Démocratiser le travail, libérer le temps (2025), après avoir publié Découvrir Gorz (2025) et Travailler moins pour vivre mieux (2021).
Hélène Assekour

La rencontre avec Céline Marty

La transition écologique et l’emploi : Céline Marty rappelle que la transition écologique ne doit pas se faire au détriment des travailleurs. « Oui, il y a des enjeux écologiques, mais on ne veut pas que les travailleurs soient des perdants. » Elle souligne l’importance de repenser les métiers pour éviter de sacrifier des vies au nom de l’écologie.

Les bullshit jobs : Elle évoque le concept de bullshit jobs, ces emplois inutiles qui occupent une place centrale dans notre société. Une critique acerbe de l’organisation actuelle du travail.

André Gorz et l’écologie libertaire : Marty s’appuie sur les travaux d’André Gorz pour défendre une vision libertaire de l’écologie, où le travail serait démocratisé et le temps libéré. « Adieu au prolétariat » devient un leitmotiv pour repenser notre rapport à l’emploi.

La réduction du temps de travail : « Il faut travailler moins. » Une affirmation radicale, mais selon elle, nécessaire pour concilier bien-être et préservation de la planète.

La délégation du pouvoir politique : « Moi mes affaires économiques sont trop importantes pour que je participe à la vie politique, donc je délègue ce pouvoir politique à des représentants pour me consacrer à la ville économique. » Une critique de la séparation entre économie et politique, qui empêche une véritable transition.

Redéfinir le travail : « Redéfinir le travail. » Pour Marty, il ne s’agit pas seulement de créer des emplois verts, mais de repenser en profondeur ce que signifie « travailler ».

L’utopie réaliste : « Démocratiser le travail, libérer le temps. » Une proposition concrète pour sortir du modèle actuel, où le travail est synonyme d’aliénation.

L’impact de la crise écologique : « Comment aussi la crise écologique va impacter nos métiers, nos emplois, nos travaux à l’avenir ? » Une question centrale pour anticiper les bouleversements à venir.

Le rôle des entreprises polluantes : « Comment on fait quand on dénonce des entreprises polluantes pour réfléchir aussi au sort des personnes qui sont employées par ces entreprises ? » Un dilemme qui divise les écologistes.

L’écologie comme levier de changement : « L’écologie libertaire d’André Gorz. » Marty voit dans l’écologie une opportunité de transformer notre société, y compris notre rapport au travail.

La fin du travail tel qu’on le connaît : « Je travaille mon piano. » Une métaphore pour illustrer l’idée d’un travail épanouissant, loin des logiques productivistes.

Le pouvoir des travailleurs : « Il faut que les travailleurs aient leur mot à dire. » Une condition essentielle pour une transition juste et équitable.

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Sources, liens & références

Me réjouis de comprendre ce que le titre sous-entend.
ljoffrey​
​​Bousour. Un titre en 2 mots qui ouvrent un large champ de réflexion... et l'appétit intellectuel.
cyril
titre intriguant! on se réjouit du développement de ce coté libertaire.
eternelFugace

Débrouilles rurales Les modestes économes au prisme de l'ethnographie ethnocomptable de leurs espaces domestiques - Fanny Hugues - 2024 

Cette thèse porte sur les débrouilles rurales, c’est-à-dire des modes de vie caractérisés par la modicité des revenus et une importante économie de subsistance. La précarisation du marché de l’emploi et le recul des droits sociaux depuis la fin du XXᵉ siècle, le contexte contemporain de forte inflation, tout comme l’invisibilisation – voire la stigmatisation – dont ils font l’objet invitent à questionner les conditions sociales et matérielles qui font tenir ces modes de vie minoritaires au sein de la morphologie sociale rurale.Comment vit-on concrètement avec peu de revenus dans les campagnes françaises, sur la durée et sans être dans la survie ? Autrement dit, quelles sont les ressources monétaires et non monétaires localisées qui assurent la reproduction des débrouilles rurales ? Comment sont-elles constamment combinées, agencées et assemblées en fonction des contraintes et des possibilités matérielles, spatiales, temporelles et techniques ? En quoi sont-elles inégalement accessibles et mobilisées ? Qu’est-ce qui compte, que compte-t-on, sur quoi et sur qui compte-t-on pour considérer bien vivre avec peu de revenus en milieux ruraux ?Les résultats proposés dans cette thèse s’appuient sur une enquête ethnographique multi-située et ethnocomptable menée auprès de 31 foyers dans des espaces ruraux situés au sein de 6 départements. Tout en soulignant les pratiques communes aux modestes économes, les monographies de ménages permettent de déceler les (petites) différences socio-économiques qui induisent des manières inégales de se débrouiller. Aussi, cette thèse s’inscrit dans une approche attentive aux dispositions, aux trajectoires et aux rapports sociaux.La thèse s’organise en cinq parties. La première partie rend compte de l’intérêt d’une méthodologie hybride pour enquêter les débrouilles rurales depuis les espaces domestiques. Elle dessine un espace des débrouilles rurales fondé sur la typologie de 4 groupes sociaux : « femmes précarisées », « retraité·e·s agricoles », « ouvrier·e·s et paysan·ne·s » et « petit·e·s intermédiaires ». La seconde partie explore les conditions matérielles d’existence des modestes économes, soit leurs ressources monétaires et foncières. La gestion de leurs budgets restreints et leur stabilité résidentielle s’avèrent cruciales pour maintenir l’équilibre de leurs économies domestiques. Leurs socialisations économiques éclairent l’homogénéité de leurs conduites ascétiques, tandis que l’étude de leurs trajectoires immobilières révèle l’hétérogénéité de leurs parcours. La troisième partie étudie la manière dont l’espace domestique élargi, qui constitue la scène principale des débrouilles rurales, est inégalement investi et s’inscrit sur un continuum entre subsistance et consommation. L’espace à soi et le temps à soi sont incontournables pour mener les pratiques de subsistance, telles que la production domestique alimentaire et de bois de chauffe. Elles font l’objet d’arbitrages économiques, temporels et symboliques qui reflètent des positions de classe, de genre et d’âge. La quatrième partie s’intéresse aux savoir-faire techniques de bricolage et aux sociabilités d’entraide sur lesquels repose l’essentiel des débrouilles rurales. L’interdépendance des économies domestiques au sein d’espaces locaux offre l’accès à des biens et services sinon inabordables par la voie marchande, sans pour autant échapper aux rapports de pouvoir qui structurent les débrouilles rurales. La cinquième partie examine les écologies morales des modestes économes et leurs rapports à la question environnementale, particulièrement à l’égard des normes écologiques dominantes. Le sens pratique et moral qui guide leurs pratiques économes, hérité de l’enfance et réactualisé tout au long des trajectoires, les conduit à affirmer trois formes d’écologies morales socialement situées : « anti-gaspillage », « paysanne » et « anti-consumériste ».

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Le nouveau BTP   bois terre paille
Guillaume

Le désir de nouveautés - Jeanne Guien - 2025 

: " C'est nouveau, ça vient de sortir, c'est la mode... " Pourquoi ces discours font-ils vendre ? Comment expliquer qu'un produit mis récemment sur le marché paraisse plus désirable et plus fiable que les autres, aussitôt déclassés et considérés comme vieux, dépassés, obsolètes ? Au gré de la diffusion du capitalisme depuis le XVIe siècle, la nouveauté est devenue un étalon de valeur. Dans la publicité et la communication des entreprises, elle est appliquée à tout et n'importe quoi, n'importe comment : des voitures restent nouvelles un an, des styles vestimentaires le redeviennent tous les vingt ans, des objets jetables le sont pendant quelques minutes, voire quelques secondes... Pourtant, en dépit de leur obsession pour le sujet, économistes et marketeurs peinent à définir la nouveauté et à justifier l'aura qu'ils lui prêtent. Ils sont incapables de mesurer le nombre de " nouveaux produits " commercialisés chaque année et constatent que la grande majorité de ces " lancements " échouent, cette offre ne répondant à aucune demande. Les acteurs du marché n'en continuent pas moins à encourager et à encenser l'" innovation ". Cet ouvrage raconte comment, par leurs discours et leurs pratiques, marketeurs, publicitaires, économistes, mais aussi négociants, managers, politiques, designers ou scientifiques ont construit la nouveauté et sa valeur, sous des formes variées, absurdes, agressives. Du commerce colonial vantant les produits " exotiques " aux promesses de " progrès " et de " modernité " mécanique, électrique ou numérique, en passant par la " mode ", le " style " ou les produits jetables, il s'agit toujours de prêter aux consommateurs, et surtout aux consommatrices, un désir incontrôlable de nouveautés, afin de légitimer un modèle économique dévastateur : acheter, jeter, racheter.

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je suis pour une sécurité sociale de plein de trucs à force d'écouter au poste : de l'alimentation, du travail, du temps libre, des communications, des médias indépendants, des auteurs, de l'intermittence, des transports, e l'énergie... ce serait pas un média de gauche ici?
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L'oeil de l'État  - James C. Scott - 2021 

: Pourquoi, malgré des intentions parfois sincères et orientées vers le bien-être de leurs populations, les États modernes les ont-ils si souvent malmenées, voire meurtries ? Pourquoi, malgré les moyens colossaux mis en œuvre, les grands projets de développement ont-ils si tragiquement échoué et ravagé l'environnement ? Dans cette recherche foisonnante, James Scott démonte les logiques bureaucratiques et scientifiques au fondement de ces projets " haut-modernistes ", poussant à toujours plus de lisibilité et de contrôle sur la nature et les sociétés humaines. À partir d'une large palette d'études de cas allant de la foresterie scientifique à la création des premiers recensements et des noms propres, de la doctrine révolutionnaire de Lénine à celle de Le Corbusier en matière d'urbanisme, et de la collectivisation de l'agriculture soviétique aux politiques de villagisation en Tanzanie et ailleurs, Scott dénonce ces entreprises de planification autoritaire qui finissent par appauvrir et étouffer le monde physique et social. En appuyant leur pouvoir sur des formes de classification, de standardisation et d'abstraction, ces projets tendent tous à négliger les mécanismes et les processus informels d'ajustement pourtant essentiels à la préservation d'ordres sociaux viables. Ils échouent aussi car ils marginalisent les savoirs locaux de celles et ceux qu'ils ciblent. À l'encontre de ces approches autoritaires centralisées et surplombantes, Scott défend le rôle de formes de savoirs plus modestes, étroitement liées à l'expérience pratique et davantage capables d'adaptation au gré des circonstances.

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