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Grasset et le BolloréGate, surveillance de Rima Hassan, Festival du Film politique : une matinale au cœur des batailles
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Grasset et le BolloréGate, surveillance de Rima Hassan, Festival du Film politique : une matinale au cœur des batailles

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Entre surveillance politique présumée d’une eurodéputée, offensive de Bolloré sur le monde du livre et résistance culturelle face au RN en Région --- Au Poste offre ce matin trois invités, trois fronts, et une seule question : jusqu’où ?

La rencontre avec Vincent Bringhart, Thierry Discepolo et Francine Raymond

Vincent Brengarth, bien connu de nos services, avocat de la députée européenne Rima Hassan était avec nous dès 7h30 pour détailler les mesures de surveillance extra (ordinaires et judiciaires) déployées contre sa cliente. Il rappelle que Rima Hassan s'est toujours présentée spontanément aux convocations antérieures, ce qui rendait la procédure de flagrance injustifiée. Dès l'arrivée au commissariat du 10e arrondissement à Paris, les tensions montent: placement en cellule, inventaire retardé de deux heures, formulation litigieuse lors de la découverte de contenants de CBD. «Il y a une volonté d'humiliation. En tout cas, c'est comme ça que je le ressens.»

Ce qui frappe l'avocat, c'est la chronologie des fuites. À sa sortie du commissariat, avant même que l'audition de fond ait débuté, un article révèle déjà le placement en garde à vue, le service et la publication visée — informations que Rima Hassan elle-même n'avait pas encore reçues. «Je lis en fait quel va être l'objet de la convocation. Ce qui est totalement ahurissant.» Les enquêteurs auraient également fait une remarque sur l'emplacement du téléphone de sa cliente au moment même de la notification des droits, trahissant une géolocalisation en temps réel. En parallèle, des données couvrant janvier à mars 2026 avaient été réquisitionnées auprès de la SNCF, Thalys, Air France et l'Agence nationale des données de voyage: «Il n'y a rien juridiquement ni judiciairement qui justifie le fait de vouloir investiguer sur ses déplacements depuis le mois de janvier.» Brengarth voit dans l'enchaînement des événements un séquençage délibéré: «Tout était tendu depuis le départ vers l'objectif qu'un procès puisse avoir lieu contre Rima Hassan. C'est scandaleux.»

Thierry Discepolo, fondateur des éditions Agone, replace l'affaire Grasset dans une structure de fond: moins de dix groupes captent 90% du chiffre d'affaires de l'édition française. Le départ de 200 auteurs ne changera rien s'ils rejoignent un autre grand groupe. Il conteste l'image d'Olivier Nora en éditeur artisan: 150 ouvrages par an avec quarante employés, c'est un PDG. La tribune d'Antoine Gallimard lui inspire une formule cinglante — «la solidarité c'est la rapine» — tant elle se résume à des offres d'emploi. «Ce qu'on voit, ce qui semble être une vertu pour les grands groupes éditoriaux, c'est une sorte de souplesse de ligne éditoriale où on va de l'extrême gauche à l'extrême droite très tranquillement, comme s'il était normal que tout ça se mélange dans un chiffre d'affaires.» Sa prescription est radicale: briser la concentration, créer un statut d'éditeur indépendant, et surtout ne pas chercher à grossir. «Restez maigres. Quand on est entouré d'ogres, il faut rester maigres.»

Francine Raymond, présidente de Ciné Bastide, association organisatrice du Festival International du Film Politique, explique la décision unanime de retirer la demande de subvention de 10 000 euros à la mairie RN de Carcassonne. La rupture va au-delà de l'argent: la municipalité fournissait aussi des salles. «Ce n'était plus possible avec une municipalité d'extrême droite» Elle annonce en primeur Au Poste que le festival restera à Carcassonne pour sa neuvième édition en janvier, malgré les sollicitations d'autres villes. Face à l'accusation d'intolérance du maire, elle répond avec clarté: «On ne peut pas faire comme si on ne savait pas ce qu'était l'idéologie du Rassemblement National.» Et d'élargir le propos: «C'est presque devenu une exigence démocratique de dire qu'on ne peut pas travailler ou faire comme si c'était un parti comme un autre.»

Chaque lundi matin, Au Poste tente de mettre un peu de trouble dans l’ordre médiatique dominant.

"France Déter" accueille des invité·e·s, tient des revues de presse particulières, donne le temps des nuages et des luttes, explore le passé, étrille le présent.

Sans oublier la météo des luttes, notre revue de presse antifa, les convocations de la semaine, radio police, revue de presse de la maison poulaga.

C’est en direct, c’est fait maison.

Transcription de l’émission

00:00:00David Dufresne
Salut ! France Déter, vous êtes bien sur France Déter. Au poste ! C’est l’heure, debout les déters ! Bonjour, bonjour Euryale, bonjour les aupostiennes, les aupostiens, comment allez-vous ? Est-ce que le micro est de meilleure tenue ? J’espère que vous allez bien, amis du café, amis de la police, amis des libertés, bonjour, bienvenue sur France Déter, la matinale d’Au poste, c’est l’heure ! Il est 7 h 08, debout les déters, en vacances ou pas en vacances, je suis comme chaque lundi matin au poste, on tente de mettre un peu de trouble dans l’ordre dominant ! France Déter accueille des invités, tient des revues de presse particulières. Donne le temps des nuages et des luttes. Exploite le passé, explore le présent. C’est en direct, c’est fait maison, il y a du café. Bonjour à tous, au menu de ce lundi, alors c’est du chargé, c’est du lourd et c’est formidable, et c’est Au poste et c’est France Déter. Vincent Brengarth, bien connu de nos services, avocat de la députée européenne Rima Hassan, sera avec nous dans une vingtaine de minutes pour détailler les mesures de surveillance extraordinaires, peut-être même extrajudiciaires, déployées contre sa cliente. C'étaient des révélations de la semaine dernière de Mediapart, mais vous allez voir qu’il va y en avoir d’autres. Tout à l’heure, Vincent Brengarth sera donc avec nous à 7 h 30. À 8 h 10, on refait le monde de l'édition avec Thierry Discepolo, figure maîtresse de l'édition indépendante. Il est à la tête des éditions Agone. Il sera avec nous depuis le centre de la France. Retour sur l’affaire Grasset, sur ses secousses et sur ce qui est en train de se passer dans l'édition. Bonjour, bonjour, et nous irons enfin à Carcassonne à 8 h 40 avec Francine Raymond, présidente de l’association Ciné Bastide, association organisatrice du Festival international du film politique, qui a maille à partir avec la municipalité. Si vous n'étiez pas dans le coin, la municipalité est passée RN, et Francine viendra nous expliquer pourquoi son association vient de retirer sa demande de subvention auprès de la mairie, sans oublier la météo des luttes, notre revue de presse antifa, les convocations de la semaine, Radiopolice, etc.
00:03:57David Dufresne
Comment allez-vous les uns les autres ? Ah, le micro est toujours faible, là ? Attendez, je vais monter un petit peu. Dites-moi si c’est mieux ici. Dites-moi si… Ah ouais, je sais pourquoi. Attends, bouge pas, bouge pas, bouge, tac, tac. Là, ça devrait être pas trop mal. Je monte, voilà. Comment allez-vous dans le tchat ? Alors, on va démarrer par, tout de suite, la petite revue de presse express. Le Monde : entre l’Iran et les États-Unis, escalade navale et dialogue de sourds à l’approche de l’expiration du cessez-le-feu. C’est la une du Monde. Pour L’Humanité, reportage sur les réfugiés libanais de retour chez eux dans le sud du Liban. C’est la une de L’Humanité. Sinon, si vous n’avez pas à rigoler ce week-end, eh bien… Qu’il se passe là ? Hop, hop, hop, ah bah ouais, attends, voilà, voilà, voilà, c’est mieux. Vous pouvez vous marrer puisque Vallot, Jadot, Glucksmann espèrent construire sans une primaire. J’ai vu passer un truc, j’ai cru que c'était de l’IA. Mais non, c’est François Hollande qui se dit prêt. Ces gens sont complètement dingos. Affaire Grasset : Bolloré s’occupe lui-même de sa défense dans son propre journal. Nous allons parler longuement de cette affaire dans quelques instants, avec Thierry Discepolo, de la maison Agone. En ce qui concerne Mediapart, retour sur les 7 semaines de guerre en Iran, au Liban et ailleurs : les leçons d’une succession effrénée d’opérations militaires, c’est la une de Mediapart, et également ce reportage de François Bougon à Barcelone, où Pedro Sánchez appelle au réveil des forces progressistes face à l’internationale réactionnaire, à l’occasion d’un sommet de dirigeants et d’un grand rassemblement progressiste. Le Premier ministre espagnol a enjoint ce week-end à la gauche de lancer la contre-offensive. L'ère de l’internationale d’extrême droite touche à sa fin, a-t-il dit, et voici la citation que j’ai repérée. Voilà, voilà, attends, bouge pas, bouge, bouge pas, c’est où ? Hop, non, ce n’est pas ça, hop. Le regain d’optimisme à main… Ça, là, on voit ce que c’est. Voilà, c’est ici. Alors… Il y a un peu de la prophétie auto-réalisatrice là-dedans, mais ça fait du bien à entendre, il est 7 h 14. Je sais, c’est Pedro Sánchez qui parle. Je sais, je sais que l’internationale d’extrême droite et une droite servile font beaucoup de bruit, que parfois on a l’impression qu’il n’y a pas d’autre voix. Mais ne nous laissons pas tromper, dit Pedro Sánchez : ils ne crient pas parce qu’ils sont en train de gagner, ils crient parce qu’ils savent que l’heure est venue, a-t-il lancé samedi. Les gens se rendent compte qu’ils n’ont pas de projet, qu’ils n’ont pas de solution. Leur politique n’a apporté que la guerre, l’inflation, les inégalités, la fracture sociale, a-t-il ajouté. L'ère de l’internationale d’extrême droite touche à sa fin. Nous allons inaugurer une nouvelle ère de progrès. Voilà, et notamment il avait en ligne de mire Orbán et sa défaite. Alors bon, bon, on espère, on espère que ça va fonctionner, mais on n’est sûr de rien. Libération fait sa une sur la riposte de Vincent Bolloré : crise chez Grasset. On en parle, comme je vous l’ai dit tout à l’heure, long papier de Sophie des Déserts qui laisse entendre que monsieur Bolloré, Vincent, il n’est pas content du tout. Et c’est la raison pour laquelle il a pris la plume hier dans Le Journal du dimanche, fait exceptionnel. Il a donc utilisé son hebdomadaire pour expliquer son point de vue contre ce qu’il appelle la petite caste. Et d’après Sophie des Déserts, de Libération, le monsieur n’est pas content du tout, du tout, du tout, et ne s’attendait pas à un tel tollé. Donc nous allons nous faire plaisir, nous allons continuer ce tollé aujourd’hui. France Info : guerre au Moyen-Orient, la marine américaine a pris le contrôle d’un cargo iranien, l’Iran promet de riposter bientôt, ça joue toujours à la guerre du côté de Washington. Même si, même si ici ou là, la presse commence à trouver le temps un peu long, et les Républicains, singulièrement, qui ont très, très peur, et ils ont bien raison, pour le mois de novembre, vous savez, les… Comment on appelle ça ? Les midterms américains, voilà. Ça, c'était pour France Info. Politis : départ de Grasset, à qui profite le crime. Reporterre : la gare de Luméville, haut lieu de la lutte contre Cigéo, encerclée par les gendarmes. Reportage d’Alexandre-Reza Kokabi, publié hier à 21 h 23. Et mise à jour il y a 7 minutes : la gare de Luméville, haut lieu de la résistance au projet d’enfouissement des déchets nucléaires Cigéo, du côté de Bure, a été encerclée dimanche soir par des gendarmes mobiles, après une journée de mobilisation. Son expulsion pourrait être imminente. StreetPress : tout le lycée veut sauver Saïda, Azerbaïdjanaise de 16 ans, menacée d’expulsion. Ça se passe au lycée Alphonse-Daudet de Nîmes. La vie de la jeune collégienne a basculé au moment où une OQTF a été délivrée à sa famille. Tout l'établissement est derrière elle et se mobilise. Courage à toi. Ensuite, les nouvelles classiques données par StreetPress sur la fascosphère, et notamment 11 militants d’extrême droite condamnés pour des violences à Albi. Les Jours : en Haute-Saône, une maison d’enfants pétrie de violences, agressions sexuelles, suicide d’un éducateur, enquête sur un foyer pourtant réputé qui illustre le manque de volonté politique envers la protection de l’enfance, c’est la une des Jours. Et le petit, comment pourrais-je dire, le beau, le magnifique graffiti de la semaine qui nous est offert par le compte BlueSky Radical Graffiti. Le voici : le futur qu’ils veulent pour vous. Amazon, ICE, Data Center. C’est très, très beau, ça, c’est vraiment… Ça, c’est vraiment ce que j’aime le plus. On va ouvrir l’image. Hop, on va essayer de l’agrandir. Voilà, ça, c’est magnifique. Ça, c’est absolument magnifique ! Les amis, je vous mets un petit message à caractère promotionnel, le temps d’aller vous chercher la carte de la météo. Non, d’abord, il y a la météo tout court. La météo tout court, la voici, la voilà. Je vous fais pas de dessin. Vous connaissez l’Hexagone. Vous savez où vous êtes. Vous savez lire une carte météo, pas la peine que je le fasse pour vous. Regardez, jetez un petit œil sur le petit écran. Profitez-en puisque vous êtes sur votre clavier pour aller sur le site auposte.media et regardez la beauté de ce site que nous avons mis en ligne il y a deux mois. Et justement, à propos de ce site, petit message à caractère, comment dirais-je, promotionnel, parce que figurez-vous qu’on a besoin de vous. Si vous voulez qu’au poste perdure, continue, etc., eh bien il faut vous abonner. Il faut vous abonner sur le site auposte.media.

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Sources, liens & références

un Vincent qui nous fait du bien ! ❤️
eternelFugace
Excellent Maître Brengarth !
pharoahserge
Éditions Agone
@editionsagone.bsky.social
Bluesky
la radicalité de l'invité fait du bien!
liliiborea
Gallimard va venir flatter toustes les auteurices qui viennent de partir de chez Grasset
bibliolingus

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