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Dans Massacrer et laisser mourir (Libertalia), la philosophe Elsa Dorlin et le chercheur indépendant Mathieu Rigouste, reviennent sur une part terrible de la République : le massacre des protestataires guadeloupéens.
A la manœuvre: un préfet dénommé Pierre Bolotte, formé à la contre-insurrection en Indochine puis en poste en Algérie durant la «bataille d'Alger», bientôt «père» des BAC (brigades anticriminalité) en Seine Saint-Denis, devenues centrales dans le dispositif policier actuel. De l'importance du passé pour éclairer le présent.
Pour Mathieu, c'est sa deuxième convocation Au Poste. Pour Elsa, c'est une première.
Présentation du livre sur Libertalia
En Guadeloupe,la répression sanglante d’un mouvement de grève par les forces de l’ordre française, sous l’égide de Pierre Bolotte les 26 et 27 mai 1967, a fait des dizaines de morts.
Dans leur ouvrage, Elsa Dorlin et Mathieu Rigouste font plus qu’un hommage aux victimes :
s’ils plongent dans ces deux jours sur lesquels l’histoire est aveugle, c’est aussi pour nous apprendre que ces deux jours là sont “la matrice du maintien de l’ordre aujourd’hui, en France hexagonale et en outre-mer.” Les territoires colonisés, et notamment les Antilles dans la décennie 59/69, sont le lieu d’un régime d’exception de la loi, où le pouvoir français recycle des dispositifs administratifs, policiers, “mais aussi des politiques familiales, sexuelles, économiques pour expérimenter et affiner un maintien de l’ordre que l'on va retrouver à peine quelques années plus tard en France hexagonale” décrit Elsa.
Tout est organisé dans ce massacre, ce n’est pas un dérapage.
Pierre Bolotte va incarner cette mécanique de la gestion de la contre-insurrection, qui couple la terreur (massacres, fichage, internement, déportation, torture), à une gouvernance que Dorlin appelle le “laisser mourir”, c’est-à-dire à des politiques “empêchant tout mode de conscientisation ou d’organisation politique” - notamment à travers un contrôle étroit de la jeunesse -mais aussi comme le dit Mathieu Rigouste, “une gestion raciale de la reproduction [avec] un contrôle dénataliste au même moment où les populations blanches en France, sont soumises à une injonction à la reproduction.”
L’idée qui guide la contre-insurrection est celle pensant que la population - les classes populaires - abritent les ferments d’une subversion, dont il faut la pénétrer de services de renseignements, il faut la harceler, intervenir à l’interieur en permanence pour empêcher ces ferments de devenir un mouvement révolutionnaire.
De retour en France Hexagonale, devenu préfet de Seine-Saint-Denis, Bolotte crée les brigades de surveillances de nuit - le prototype de la BAC - “à qui on demande d’aller faire du flag, du saute-dessus”, autrement dit “déclencher des chasses à l’homme qui finissent par des captures à partir d’un système de reconnaissance à l’intersection de la race et de la classe” explique Mathieu. Si les territoires ne sont plus ceux d’outre-mer, la gestion, elle, reste bien coloniale.
La réforme de l’éducation nationale, la gestion raciale auprès des populations scolarisées, mais aussi le SNU, tout comme les politiques familiales et sexuelles montrent bien qu’il y a une sorte de continuité, d'historicité de ces dispositifs.
“On a souvent opposé le modèle de la prédation, plutôt cynégétique, à celui du pastoral, avec l’image du berger qui gouverne les corps et le social [or] ce sont les deux faces d’un même dispositif qui caractérise la colonialité du pouvoir” expose Elsa. Ainsi, les auteurs invitent à penser les oppressions ensemble. Qu’ils soient en outre-mer ou en France Hexagonale, ces massacres et ce ‘laisser mourir”, ont la même fonction : “faire mieux vivre une minorité blanche bourgeoise”.
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: Aujourd'hui encore, malgré les enseignements de l'Histoire, certaines vies comptent si peu que l'on peut tirer dans le dos d'un adolescent tout en prétendant qu'il était agressif, armé et menaçant. Du jiu-jitsu des suffragettes aux pratiques insurrectionnelles du ghetto de Varsovie, des fusils des Black Panthers aux patrouilles queer, Elsa Dorlin retrace une généalogie philosophique de l'autodéfense politique. En 1685, le Code noir défendait " aux esclaves de porter aucune arme offensive ni de gros bâtons " sous peine de fouet. Au XIXe siècle, en Algérie, l'État colonial interdisait les armes aux indigènes, tout en accordant aux colons le droit de s'armer. Aujourd'hui, certaines vies comptent si peu que l'on peut tirer dans le dos d'un adolescent noir au prétexte qu'il était " menaçant ". Une ligne de partage oppose historiquement les corps " dignes d'être défendus " à ceux qui, désarmés ou rendus indéfendables, sont laissés sans défense. Ce " désarmement " organisé des subalternes pose directement, pour tout élan de libération, la question du recours à la violence pour sa propre défense. Des résistances esclaves au ju-jitsu des suffragistes, de l'insurrection du ghetto de Varsovie aux Black Panthers ou aux patrouilles queer, Elsa Dorlin retrace une généalogie de l'autodéfense politique. Sous l'histoire officielle de la légitime défense affleurent des " éthiques martiales de soi ", pratiques ensevelies où le fait de se défendre en attaquant apparaît comme la condition de possibilité de sa survie comme de son devenir politique. Cette histoire de la violence éclaire la définition même de la subjectivité moderne, telle qu'elle est pensée dans et par les politiques de sécurité contemporaines, et implique une relecture critique de la philosophie politique, où Hobbes et Locke côtoient Frantz Fanon, Michel Foucault, Malcolm X, June Jordan ou Judith Butler. Prix Frantz Fanon 2018 (Caribbean Philosophical Association) Prix de l'Ecrit Social 2019


C'est un épisode de l'histoire contemporaine martiniquaise qui ne figure pas dans les manuels scolaires. Du 20 au 22 décembre 1959, Fort-de-France est le théâtre d'un soulèvement populaire. Bilan : trois victimes âgées de 15, 19 et 20 ans.
C'est passionnant! On est vraiment pas chez les cons là!
Lycée Louis-le-GrandÉcole libre des sciences politiquesCollège StanislasInstitut d'études politiques de ParisFaculté de droit et des sciences économiques de Paris (d)
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fr.wikipedia.orgAntifa | Durant des années, le journaliste Ricardo Parreira et le designer Geoffrey Dorne, ont répertorié tous les symboles graphiques utilisés par l’extrême droite en France. De leur observation a surgi un site tout frais: indEXTREME, à la fois musée des horreurs et précieux outil de connaissance.
Hello ! En tant que Guadeloupéen ça fait très plaisir de voir des hexagonaux s’intéresser à ce qu’il s’est passé à cette période qui encore aujourd’hui est entourée de mystères. Rien que le nombre de mort est encore aujourd’hui sous estimé. De plus Mai 67 était un test de choses qui ont été mises en place plus tard notamment avec la BAC de Pierre Bolotte
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