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Depuis des mois, Au Poste voulait convier le sociologue Ugo Palheta, un des meilleurs connaisseurs du fascisme (l’ancien, comme le néo).
On s'est dit qu'un bon moment pour le faire serait le surlendemain des élections européennes. On doit à Palheta notamment deux ouvrages remarqués La Nouvelle Internationale fasciste (Textuel) et La Possibilité du fascisme (La Découverte), comme l'excellent podcast Minuit dans le siècle, où il décortique les origines du fascisme et ses transformations.
Déjà en 2018, La possibilité du fascisme n'était que trop d'actualité. Ugo Palheta explique la « phase aigüe » dans laquelle la crise politique en France vient de rentrer comme un événement - le double choc du score du Rassemblement National et de la dissolution de l'Assemblée - accélérateur de ce qui se joue en continu depuis l'entrée du pays dans le néo-libéralisme à l'orée des années 1980. Dans cette configuration, il devient nécessaire pour les appareils de gauche, les mouvements syndicaux et les électeurs de réagir rapidement, ce vers quoi l'accord pour un nouveau Front Populaire semble se diriger. Et pour nous, ce matin Au Poste, de comprendre avec le sociologue de quoi est faite l'ascension de l'extrême-droite.
La crise politique que nous vivons est une « crise d'hégémonie » de la représentation politique. Les dominants ne peuvent plus compter sur leurs représentants politiques traditionnels, Les Républicains et le Parti Socialiste ne pèsent plus rien, et Macron, du fait des politiques anti-sociales menées, se retrouve largement délégitimé ; et dans le même temps, l'extrême-droite a continué de progresser, ce qui était de mon point de vue inéluctable, les mêmes causes produisant les mêmes effets depuis quarante ans.
La personnalisation de la figure de Jordan Bardella est souvent invoquée pour expliquer le succès de son parti, et bien qu'elle soit très loin d'être suffisante, cette explication n'est pas à écarter. Palheta note une forme de « dépolitisation » dans cette stratégie qui profite plus aux formations d'extrême-droite, dans la mesure où elle permet de faire passer au second plan un programme qui, lui, n'a rien de présentable. Le stratagème ne peut fonctionner qu'avec la complicité des médias, qui n'assurent plus l'analyse de ces programmes. Même si elle passe sous nos radars, l'édition antisémite en France est très vivace, et il existe une galaxie de livres et de publications qui s'alimentent et renouvellent l'expression des idées d'extrême-droite.
Quand les fascistes reviendront, ils auront le parapluie bien roulé sous le bras et le chapeau melon.
Cette « matrice politique » n'a que peu changé depuis la création du parti en 1972. C'est elle qui permet d'établir la filiation entre la formation actuelle et les courants fascistes de l'entre-deux-guerres, notablement plus violents et armés - bien qu'il y ait toujours eu une façade présentable du fascisme, ancrée dans les élites sociales (civiles, religieuses, militaires). Nous ne vivons plus l'omniprésence de la violence comme au lendemain de la Grande Guerre, et les organisations ouvrières n'étant plus ce qu'elles étaient, les fascistes d'aujourd'hui n'ont pas la nécessité de développer des « appareils paramilitaires de masse ». Dans son action, même s'il subsiste des bandes violentes, le néo-fascisme prend des formes beaucoup plus institutionnelles, s'intéressant plutôt aux appareils répressifs de l'État - en témoigne le taux élevé de sympathisants du RN au sein de la police et de l'armée.
[Au RN,] on ne sent pas une volonté de construire des appareils politiques militants. Ce qui est une singularité du fascisme, c'est d'être un mouvement d'extrême-droite qui chercher à organiser les masses.
Le RN se distingue donc des formations fascistes des années 1920 en tant qu'il ne se donne pas la capacité de former massivement des militants, il reste une formation aux objectifs presque exclusivement éléctoralistes. Il est en cela un produit de l'arc néo-libéral de ces dernières décennies, caractérisé par une forte dépolitisation. Pour autant, les partis d'extrême-droite conservent le noyau du projet fasciste et peuvent ainsi être caractérisés de « néo-fascistes ». Ce projet repose sur l'idée que « notre nation/race/identité » est en déclin, se décompose, se délite... sous l'effet de l'invasion migratoire, des minorités, de ce qui n'appartiendrait pas « organiquement » à la nation.
Ce qui est en commun entre le fascisme et le néo-fascisme ne relève pas d'un programme au sens électoral, les formations fascistes ne sont pas doctrinaires. Ce qui ne veut pas dire qu'elles n'ont pas d'idéologie, seulement celle-ci ne sera pas déclinée sous la forme d'un programme. Mais il y a un cœur idéologique.
Face à ce prétendu déclin, les fascistes prônent la « régénération » de la communauté, selon une perception ethno-racialiste (et non juridique) de l'identité nationale. La « francité » est associée à la blanchité, ce qui permet d'y associer sans difficultés les descendants d'immigrés européens. Dans cette vision, la gauche accueillerait avec complaisance les causes de ce déclin - selon l'époque et le pays, le communisme, le socialisme, les « wokes », etc - et représente donc un danger existentiel pour les fascistes. En soutenant la lutte des classes, elle serait ce qui fracture la nation, la déchire de l'intérieur.
Un des fondamentaux du fascisme est la haine de l'égalité, l'hostilité absolue contre tous les mouvements d'émancipation, que ce soit le mouvement syndical, le mouvement féministe, le mouvement anti-raciste. [...]
La volonté de faire ressurgir la nation en « mettant au pas » ce qui l'empêche d'être elle-même, en la « purifiant », est la vision commune des formations d'extrême-droite qui par ailleurs ne s'entendent pas toujours, et parfois pas du tout, sur les modes d'application de cette vision.
Car les différences dans l'esthétique et les discours ne doivent pas nous faire croire que le parti de Marine Le Pen aurait « changé », se serait « adouci » et se différencierait tant de Reconquête, par exemple. Et l'on ne le croirait sûrement pas si il n'y avait pas eu un intense travail médiatique dans ce sens, sur le temps long ; et ce dès 1984, année de la première invitation de Jean-Marie Le Pen à la télévision. Un des ressorts constants dans le traitement médiatique du Front National puis du Rassemblement National réside dans le renvoi à des critiques d'abord adressées à la gauche, comme avec le terme de « populisme », autant une manière de mettre « les extrêmes » dans un même sac que d'éviter le terrain du fascisme et des idées réellement prônées. Les analyses politiques démontrent pourtant que la porosité entre les deux bords du spectre électoral n'existe que, très à la marge.
Sans plus l'exprimer en ces termes, la lecture fasciste de la société récupère directement la structure de la tradition antisémite héritée du XIXe siècle, qui oppose les élites juives mondialisées aux peuples enracinés.
S'il est nécessaire de rappeler les racines antisémites du RN, ce n'est pas suffisant : par leurs prises de positions, les cadres actuels du RN embrassent clairement cet héritage. La mue dans le discours de l'antisémitisme vers l'islamophobie - beaucoup plus banalisée dans l'espace médiatique - est assumée comme étant un opportunisme stratégique, qui n'abandonne aucunement les grilles de lecture précédentes. Le parti, qui compte parmi ses fondateurs des anciens de l'OAS, contient déjà les germes de cette islamophobie. Le RN bénéficie aussi, selon le sociologue, d'une « rente idéologique » concernant la xénophobie, faisant qu'ils n'ont plus besoin d'insister autant sur ces points de discours, se faisant plus facilement passer pour « présentables ».
L'ascension de l'extrême-droite, en Europe et dans le monde occidental depuis les années 1980, suit comme son ombre l'avènement du néo-libéralisme dans ces pays. Ugo Palheta explique ce que ce système économique et social contient comme germe pour le fascisme :
Le fondement du néo-libéralisme est l'intensification de toutes les concurrences, notamment sur le marché du travail. Cette montée des concurrences provoque une montée des précarités mais aussi des incertitudes, une généralisation de la peur du déclassement. Dans les années 1970, les gens avaient le sentiment que tout va vers le mieux, aujourd'hui c'est l'exact inverse. Tout le monde a un sentiment à la fois de déclassement global, mais aussi de peur pour soi-même et ses enfants du déclassement, ce qui est le produit de quatre décennies de mise en concurrence généralisée.
En parallèle, les questions d'immigration et d'insécurité, puis de l'islam, sont « politisées de manière intensive ». La figure de l'immigré extra-européen est instituée en ennemie, dans un contexte social d'inquiétude globale.
Ce n'est pas vrai que le Parti Socialiste a joué les minorités contre les classes populaires, il a abandonné les deux en même temps. À quelques années près, les socialistes adoptent des politiques néo-libérales et une rhétorique xénophobe en ce qui concerne l'immigration.
La population française, majoritairement attachée à ses acquis sociaux d'après-guerre, ses services publics et sa Sécurité Sociale, ne se convertira jamais entièrement au néo-libéralisme. Traditionnellement rompue aux mouvements de masse comme expression politique, elle réagit. Plus de deux millions de personnes descendent dans la rue à l'hiver 1995 contre le « plan Juppé » de réforme des retraites et de la Sécurité Sociale, qui finira par être retiré. Depuis lors, à de très rares exceptions comme avec le CPE en 2006, la rue n'est plus considérée par les gouvernements comme un lieu d'expression légitime et les mots d'ordre qui en émanent ne sont plus écoutés, comme en témoigne le maintien de la réforme des retraites de 2023. Les ministres de l'Intérieur successifs se tiennent derrière leur police. Le capitalisme est en crise et l'État s'y adapte par un raidissement autoritaire.
Les travaux du sociologue Félicien Faury montrent que l'extrême-droite recueille la part du corps électoral la plus fataliste quand aux possibilités de changer la société, la moins encline à s'emparer des outils de lutte que sont le syndicalisme, la grève, et ainsi de suite ; fatalité alimentée par les politiques autoritaires et répressives de plus en plus violentes. À celles et ceux qui n'ont pas l'espoir de changer le rapport de force entre les classes dominantes et les classes dominées, elle propose de se tourner vers les figures-repoussoirs martelées médiatiquement, de réclamer pour elles et eux-mêmes ce que l'État leur donnerait indûment. C'est ainsi que le mythe de la préférence étrangère pour l'accès aux prestations sociales, et équivalents, s'enracine.
Le problème de la classe dominante est de trouver une force politique qui à la fois maintient le statu quo social qui permet de continuer l'exploitation des travailleurs, tout en offrant une situation de stabilité politique.
En pratiquant l'autoritarisme, les gouvernements récents favorisent la réception par la population d'un authentique gouvernement d'extrême-droite, à mesure que les affects autoritaires et liberticides qu'il prône sont tristement banalisés. La classe dominante n'a aucun mal à réprimer la population, mais ne parvient plus à asseoir sa domination, la faire consentir aux masses. Nous avons dit que les partis traditionnels ne parviennent plus à jouer ce rôle-là. Et c'est ici que l'extrême-droite, pour peu qu'elle donne des gages au patronat quant au maintien des conditions de l'exploitation économique, peut se voir attribuer le rôle. Selon Ugo Palheta, c'est exactement ce à quoi nous assistons quand le Rassemblement National révise ses positions sur l'UE, abandonne la sortie de l'euro, maintient « une position orthodoxe au sujet de la dette publique », et se met à assumer un programme économique tout à fait libéral. Les médias traditionnels auparavant hostiles se convertissent à leur tour aux thèses d'extrême-droite, travaillent à les rendre audibles et présentables, pavant la voie à leur accession au pouvoir.
Dans ce contexte politique plus que chargé, Ugo Palheta appelle la gauche à ne céder ni au désespoir, ni à la tentation de se ranger derrière les vents dominants du moment.
Contrairement à ce qui est souvent dit à gauche, nous n'avons pas perdu la bataille culturelle. Sur les questions de service public, de salaires, de fiscalité, d'impôt... une grande partie de ce que défend la gauche est largement majoritaire dans le pays. D'autre part, il y a des sujets sur lesquels nous sommes indéniablement minoritaires, comme l'immigration. La tentation est de choisir l'un contre l'autre. Mais si on abandonne la bataille sur les sujets sur lesquels on est minoritaires, il n'y a aucune raison qu'on devienne majoritaire dans le pays, ou que les choses s'améliorent sur la manière dont sont perçus les sujets en question. On a besoin de mener les batailles qui n'ont pas été suffisamment menées au cours des quatre dernières décennies.
Qui est Ugo Palheta ?
Ugo Palheta est un sociologue spécialiste du fascisme contemporain. Il est maître de conférences à l'Université de Lille et co-dirige la publication de la revue Contretemps.
Quel est le dernier ouvrage d'Ugo Paletha ?
Le dernier ouvrage du sociologue Ugo Paletha s'intitule « La Nouvelle Internationale fasciste » (Textuel) et est paru en 2022.
Quelle thèse défend Ugo Palheta ?
Ugo Palheta a écrit plusieurs ouvrages mettant en parallèle la montée de l'extrême-droite avec le virage autoritaire des gouvernements néo-libéraux dans le monde occidental. Il explique en quoi le néo-libéralisme favorise la montée d'un électorat d'extrême-droite, et en quoi cette dernière peut se rendre utile à la classe dominante.
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: Tentations autoritaires des États occidentaux, renouveau du nationalisme et du racisme, entrée dans la longue stagnation du capitalisme qui fait peu à peu voler en éclats les alliances de classes, etc. : autant de forces souterraines rendant plausible l'hypothèse d'un retour du fascisme en France. Pour Ugo Palheta, les gauches doivent urgemment inventer un nouvel antifascisme. Mouvement réactionnaire de masse contre l'égalité des droits ; migrants enlevés, tabassés et laissés pour mort par des milices à Calais ; large diffusion de thèses réactionnaires, xénophobes et islamophobes ; intensification du quadrillage répressif des quartiers populaires et violences policières impunies ; manifestations interdites et criminalisation croissante de toute contestation ; scores inégalés du Front national à toutes les élections depuis 2012. Sous des formes disparates et encore embryonnaires, mais dont la seule énumération dit le pourrissement actuel de la politique, c'est le fascisme qui fait retour. Et celui-ci s'annonce non comme une hypothèse abstraite mais comme une possibilité concrète. Pourtant, la possibilité du fascisme est généralement balayée d'un revers de main par les commentateurs : comment la République française, patrie autoproclamée des droits de l'homme, pourrait-elle engendrer le monstre fasciste ? La France ne s'est-elle pas montrée " allergique " au fascisme tout au long du XXe siècle, comme le prétendent certains historiens français ? Le Front national n'a-t-il pas renoncé au projet ultranationaliste, raciste et autoritaire qui le caractérisait depuis sa création ? N'assiste-t-on pas au renouveau du capitalisme français sous les auspices d'un jeune président réalisant enfin les " réformes " prétendument nécessaires ? C'est à démonter ces fausses évidences que s'attache ce livre, scrutant ainsi la trajectoire d'un désastre possible, enraciné dans la triple offensive – néolibérale, autoritaire et raciste – dont Emmanuel Macron est la parfaite incarnation, mais un désastre résistible, pour peu que le danger soit reconnu à temps et qu'émerge un nouvel antifascisme, capable de mener de front le combat contre l'extrême droite et celui contre les politiques destructrices qui favorisent son ascension.

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instagram.comPolitique | Les médias face à la menace fasciste. Débat avec Ugo Palheta (sociologue), Annie Collovald (sociologue), Samuel Gontier (Télérama), organisé par Acrimed et VISA (Vigilance et initiatives syndicales antifascistes). #AuPoste était dans la salle.
Internet | Retrogaming, twitcheries et turbo futur politique : Au Poste a convoqué le vidéaste. Avec lui, on a causé de sa place dans la fabrication de l’opinion, de la gauche (et de ce qu’il en reste), de l’émission Backseat, de son complice Ostpolitik, et de tout le reste.

Histoire | AuPoste se lance à corps perdu dans un série d'entretiens avant le 30 juin. Dès dimanche soir, Johann Chapoutot, historien spécialiste du nazisme et de l'Allemagne, a accepté notre invitation. Parce qu'«on a besoin de se serrer les coudes», écrivait-il.
| L'Observatoire des Multinationales publie ce matin un rapport passionnant sur le réseau Atlas, basé outre-Atlantique, véritable machine de guerre idéologique d’une nouvelle extrême-droite, libertarienne et ultraconservatrice, engagée dans la fabrication des opinions.
| Jamais la littérature sur la police n'a été aussi abondante et passionnante que depuis quelques années. Il manquait un (mauvais) genre, et quel genre: la Bande dessinée. C'est chose faite.
Cinéma | Il y a cinq ans, ce fut une déferlante et une déflagration. Le mouvement des Gilets Jaunes, l'un des plus importants depuis le Front populaire, allait remettre les citoyens au cœur de la ville, des ronds-points et de la Politique. Plus de 350 personnes sont venues célébrer l'anniversaire lors de notre Au Poste Ciné-Mutins Club.
Politique | Il est arrivé avec son nouveau livre, «Mal travail» (Les Liens qui libèrent) et son débit mitraillette. Du travail, donc, et des souffrances qui enrichissent le CAC 40, on a causé. «Le travail devrait être de la brasse coulée, c'est de l'apnée aujourd'hui», dit le député de la Somme. Mais aussi, on a parlé franc: de son ascension, de ses vues et de ses visées. De ses prises de positions, sur le racisme, la police.
| LVMH, les Bernard (Arnault et Squarcini), Debout les femmes, la police, l’Assemblée, Brel et tout le tralala. On a pris le café avec le député de la 1ère circonscription de la Somme. Drôle, vif, profond.
Antifa | Lors de la conférence inaugurale du Front national, en 1972, se tenaient à la tribune un ancien de l'OAS, un ancien Waffen-SS, un milicien sous Vichy, un chef d'Occident.

Libertés | C’est une déclaration de Rocard, devenue indépassable. Depuis, la phrase claque comme un couperet. Elle tranche tout débat. Pierre Tevanian, philosophe, co-animateur du site Les mots sont importants, et Jean-Charles Stevens, juriste, auteurs de « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde » (Anamosa), démontent mot à mot ce « coup de force rhétorique ». Arguments, chiffres et références à l’appui, il s’agit de défaire une « xénophobie autorisée », mais aussi de réaffirmer la nécessité de l’hospitalité. Ils étaient convoqués Au Poste.
| Antoine Chevrollier, auteur et réalisateur, signe avec #Oussekine une mini-série impeccable. 4 x 52 minutes pour retracer ce qui restera comme un moment clé dans l’histoire du maintien de l’ordre dit « à la française ». Malik Oussekine, un étudiant de 22 ans frappé à mort par des policiers français dans la nuit du 5 au 6 décembre 1986, dans le hall du 20 rue Monsieur-le-Prince, à Paris. Chevrollier, déjà à l’œuvre dans Baron noir et le Bureau des légendes, est venu nous raconter comment il a enquêté, écrit, réalisé et monté ce Oussekine de haute-facture. Quels choix, quels questionnements, quel souffle ? C’est mardi, et ça va être fort.
Cinéma | A une semaine de la sortie de « Nos frangins », débat public avec l’équipe du film ! Le nouveau Bouchareb (sélection Cannes 2022, consacré à la mort, le 6 décembre 1986, des mains de la police, de Malik Oussekine et à celle, la même nuit, des mêmes mains, mais oubliée depuis, d’Abdel Benyahia, dans un bar de Pantin. Une réussite! Avec Samir Guesmi exceptionnel. Les deux étaient avec nous pour notre première rencontre nomade pour de bon au Lieu Dit, QG des résistants de Ménilmontant!
Main courante | Froid sur Paris, 36 ans plus loin.

Nos invités #AuPoste
Politique | Il est arrivé avec son nouveau livre, «Mal travail» (Les Liens qui libèrent) et son débit mitraillette. Du travail, donc, et des souffrances qui enrichissent le CAC 40, on a causé. «Le travail devrait être de la brasse coulée, c'est de l'apnée aujourd'hui», dit le député de la Somme. Mais aussi, on a parlé franc: de son ascension, de ses vues et de ses visées. De ses prises de positions, sur le racisme, la police.

| Il est 22h, #AuPoste se rend rue des Petits Hôtels, à Paris, où quelques centaines de manifestants font pression sur les appareils politiques. Leur revendication: ne nous trahissez pas.


au-poste.tpopsite.comPolitique | Hier chérie de toutes et tous, ou presque, l'écologie est devenue «punitive», négative, néfaste même. L'extrême droite la torpille, l'Europe la planque sous le tapis (vert), et en France, la gauche de gauche en relève le flambeau. Que reste-il aux Écologistes (ex-EELV, ex-Verts)?
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: Né à Sarcelles de parents sépharades exilés d'Algérie et de Tunisie, de culture et de langue françaises, attaché à Israël et à l'idée d'un " foyer juif ", humaniste engagé contre tous les racismes, je fais partie de cette génération qui a vu ses repères exploser. C'est l'échec des accords d'Oslo et la politique israélienne de plus en plus agressive à l'égard des Palestiniens qui ont profondément bouleversé la coexistence intérieure de ces identités. Comment dès lors articuler mon identité juive et mon identité de gauche, attachée à l'émancipation des peuples ? Comment être juif et français, attaché à une certaine conception de la république, fondée sur l'égalité ? À ces complexités s'ajoutent la menace renouvelée de l'antisémitisme et la nécessité d'appréhender les causes de son surgissement, y compris lorsque ces haines émanent de celles et ceux qui se réclament, comme je le fais, de la gauche décoloniale, ou lorsque les antisémites d'hier affichent un philosémitisme de façade au détriment des musulmans, devenus l'ennemi commun d'une partie de la communauté juive et, plus largement, française. Contre tous ces vents contraires, cet ouvrage a pour but de montrer la possibilité de réarticuler cet écheveau d'identités – juif attaché à Israël, de gauche à l'émancipation des peuples, français à l'égalité entre toutes et tous –, seul à même de lutter contre tous les racismes.
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