Arnaud Le Gouëfflec
Né en 1974 à Brest, Arnaud Le Gouëfflec grandit entre la Normandie et la Bretagne. Formation littéraire, CAPES de lettres en poche en 1994. Écrivain, scénariste, musicien. Breton. Indiscipliné des genres pendant des années, il enseigne le français en collège. Puis, progressivement, l’écriture et la musique prennent toute la place. À partir de 2019, il s’y consacre entièrement.
Chez lui, les frontières ne tiennent pas longtemps. Roman, bande dessinée, chanson, chronique, documentaire dessiné. Il circule d’un territoire à l’autre avec une constance rare et une obsession manifeste pour les marges, les figures obliques, les trajectoires à contre-courant.
Il publie dès 2004 Basile et Massue, salué dans plusieurs festivals. Suivent Les Discrets, L’Irrésistible, Mon nom est Person, La Noctambule, Les 12 Travails d’Hercule. Des textes où l’étrangeté affleure, où le romanesque se frotte au burlesque, au mythe, à la culture populaire. On y croise des héros décalés, des quêtes absurdes, des fantômes très contemporains.
C’est sans doute dans la bande dessinée que son nom circule le plus largement. Vilebrequin avec Obion. Topless et Le Chanteur sans nom avec Olivier Balez, ce dernier remarqué au Festival d’Angoulême. J’aurai ta peau, Dominique A, portrait graphique du musicien. Soucoupes. Mondo Reverso. Michel, French lover. Tati et le film sans fin. Et plus récemment Vivre libre ou mourir, Punk et rock alternatif en France 1981–1989 avec Nicolas Moog.
Son goût pour les musiques indociles trouve un prolongement évident dans Underground : Rockers maudits et grandes prêtresses du son publié en 2021. Trente-six chapitres pour exhumer des figures radicales, expérimentales, parfois oubliées. Une cartographie affective des sons qui résistent.
Avant même les albums dessinés, il y a les guitares. Le groupe Le Petit Fossoyeur à la fin des années 1990. Puis la création du label L’Église de la petite folie en 2002. Des disques solo. L’Orchestre préhistorique. Des collaborations multiples. Chez lui, la musique n’est pas un à-côté. C’est un moteur narratif, un rythme intérieur.
Il écrit aussi pour des revues, notamment des chroniques consacrées aux musiciens hors format. Dans La Revue dessinée, il signe « Face B », galerie de portraits d’artistes marginaux. Il contribue également à Fluide glacial et à divers supports indépendants.
Au fil des années, Arnaud Le Gouëfflec construit une œuvre cohérente, transversale, profondément attachée aux voix secondaires, aux créateurs invisibles, aux trajectoires qui bifurquent. Un artisan du récit qui préfère les coulisses aux projecteurs et qui, livre après livre, disque après disque, creuse le même sillon : raconter celles et ceux qui n’entrent pas dans les cases.
En compagnie de Nicolas Moog il est convoqué Auposte en mai 2021 pour la BD Undergound qui maraude chez les rockers maudits et les grandes prêtresses du son, une bible de la musique indé,
Après cette première convocation, ils sont de retour en mars 2024 Avec Vivre Libre ou Mourir, une exploration des années 80 sous le prisme du mouvement punk français, du rock alternatif.
Dernières émissions

Vivre libre ou mourir. La folle utopie du rock alternatif des 80’s
1981-1989, une tornade s’abat sur la France mitterrandienne. Un cyclone fait d'énergie, de DIY, de turbulences sociales, de guitares, de chants, de cris, et même d’hymnes. Celles et ceux qui l’ont vécu, ce maëlstrom, n’en sont pas sortis tout à fait indemnes. Ces jours-ci sort le long travail d’enquête d’Arnaud Le Gouëfflec (il a retrouvé les Bérus, les Wampas, la Mano, Métal urbain, New Rose, Despentes, tant d’autres), magnifiquement mis en images par le dessinateur Nicolas Moog.

Rockers maudits et grandes prêtresses du son
Ils plongent dans les mythes, comme d’autres dans les mirages. Du rock ’n’ roll, ils en font une expérience et une souffrance, totale libération d’esprits frappés. Nicolas Moog, messie messin du dessin, et Arnaud Le Gouefflec.
