Dominique Pinsolle
Dominique Pinsolle est un historien français spécialiste de l’histoire des médias, du mouvement ouvrier et des rapports entre information et pouvoir économique. Maître de conférences en histoire contemporaine à l’université Bordeaux-Montaigne, il consacre ses recherches à l’étude critique de la presse et à ses liens avec le capitalisme. À travers ses ouvrages et ses interventions publiques, il explore deux siècles de contestations des médias dominants et revient sur les formes d’action du monde du travail à l’époque industrielle.
Né en 1981, Dominique Pinsolle appartient à une génération de chercheurs qui interrogent frontalement les rapports entre médias, pouvoir et intérêts économiques. Spécialiste d’histoire contemporaine, il s’intéresse particulièrement aux liens entre presse, capitalisme et mouvements sociaux, en mobilisant les outils de l’histoire politique, sociale et culturelle.
Formé à Sciences Po Bordeaux, dont il sort diplômé en 2003, Dominique Pinsolle obtient ensuite l’agrégation d’histoire en 2005. Il poursuit ses recherches à l’université Bordeaux-3 (aujourd’hui Bordeaux-Montaigne) où il soutient en 2010 une thèse d’histoire contemporaine consacrée au quotidien Le Matin et à ses relations avec le monde des affaires et de la politique entre 1884 et 1944. Ce travail s’inscrit dans une réflexion plus large sur la presse comme acteur économique et politique, loin de l’image d’un simple observateur des événements.
Après plusieurs années comme allocataire-moniteur puis ATER, il devient en 2013 maître de conférences en histoire contemporaine à l’université Bordeaux-Montaigne, où il enseigne et mène ses recherches au sein du Centre d’études des mondes moderne et contemporain (CEMMC). En 2024, il obtient son habilitation à diriger des recherches (HDR) à l’université de Rouen Normandie.
Au-delà du cadre universitaire, il participe régulièrement au débat public. Il publie des articles et tribunes, notamment dans « Le Monde diplomatique », où il analyse les transformations du paysage médiatique, la concentration de la presse et les critiques historiques adressées aux médias dominants.
Il est l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés à l’histoire de la presse et des luttes sociales.
Le 21 mars 2023, l’historien Dominique Pinsolle est convoqué AuPoste pour son livre À bas la presse bourgeoise! Deux siècles de critique anticapitaliste des médias. De 1836 à nos jours
Le 9 octobre 2024, il est invité par Mathilde Larrère autour de son livre Quand les travailleurs sabotaient consacré à l’histoire du sabotage syndical au début du XXᵉ siècle, une pratique ancienne et largement oubliée qu’il replace dans le contexte des luttes sociales de l’époque.
Dernières émissions

« Le sabotage c’est un état d’esprit »
En 1944, l’OSS (l’ancêtre de la CIA) publiait un manuel pour apprendre aux civils à saboter l’occupant nazi --- sans armes, sans héroïsme, juste en bâclant les réunions et en semant la pagaille au bureau. Déclassifié en 2008, téléchargé des centaines de milliers de fois au lendemain de l’investiture de Trump, ce petit livre refait surface avec une force insoupçonnée : et si gripper les rouages était, aujourd’hui encore, l’arme des faibles contre les puissants ?

La douce (et véritable) histoire du sabotage
Alors que s’ouvraient les JO en juillet dernier, panique à bord ! les trains restaient à quai. Horreur, malheur ! Sabotage ! Cette pratique a une vieille histoire, méconnue, mais qu’Au Poste vous invite à découvrir avec mon invité de ce mois, Dominique Pinsolle, auteur d’un livre passionnant sur l’histoire syndicale du sabotage, au début du 20e siècle.

A bas la presse bourgeoise ! Deux siècles de critique anticapitaliste des médias
De 1840 à nos jours, la presse n’a jamais eu (tout à fait) bonne presse. Enfin, une certaine presse. L’historien Pinsolle raconte deux siècles passionnants de critique passionnée des médias. Ceux aux mains des puissants, ceux aux mains des dominés. De tout temps, c’est une histoire méconnue qu’il décrit : comment intellectuels, journalistes, hommes politiques, syndicalistes et militants anonymes ont écrit, débattu, fait grève, imaginé des manières plus démocratiques de produire de l’information.
