Floréal Klein
Floréal Klein est une figure centrale de Les Éditions du bout de la ville, une maison d’édition indépendante implantée au Mas-d’Azil (Ariège) et reconnue pour son engagement politique et social. Il fait partie d’un collectif d’éditeurs qui ont fondé cette structure en 2012, avec l’ambition de produire des livres qui donnent la parole aux personnes directement concernées par les enjeux qu’ils abordent, plutôt que de relayer des discours institutionnels ou académiques : ouvriers, paysans, prisonniers, manifestants ou militants.
L’origine du projet éditorial remonte à la catastrophe nucléaire de Fukushima (11 mars 2011). Avec deux amis militants contre le nucléaire, il écrivit un livre pour documenter les mensonges d’État autour de cet événement et créa la maison d’édition afin de pouvoir publier ce livre en toute indépendance. Oublier Fukushima, paru en 2012, fut le premier titre de la maison : un ouvrage vivant qui donne la parole aux habitants du Japon en lutte contre les autorités qui refusent de les évacuer. Ce livre a rencontré un succès inattendu et a servi de matrice pour la ligne éditoriale ultérieure.
Sous sa direction (collective) les Éditions du bout de la ville ont développé une exigence éditoriale spécifique : il ne s’agit pas de simples recueils de témoignages, mais de textes « situés » qui réfléchissent le monde à partir des expériences concrètes de leurs auteurs, dans une profondeur historique et sociale. Les publications couvrent des sujets très variés, luttes sociales, critiques institutionnelles, récits de vie radicalisés et visent à accompagner l’écriture de celles et ceux qui, souvent, n’ont pas accès aux circuits traditionnels de publication.
Klein et ses coéditeurs sont également engagés dans la vie littéraire locale : ils font vivre des cycles de rencontres, lectures et événements autour de leurs publications, et participent à des projets collectifs comme La Maison de Papier, un lieu dédié à la promotion des éditions indépendantes et de la littérature populaire inauguré en 2024 au Mas-d’Azil. Ce lieu réunit librairie, espaces de travail et programmation culturelle pour soutenir une culture du livre moins élitiste et plus ouverte.
Son travail s’inscrit dans une tradition d’édition critique et populaire, proche des maisons engagées des années 1970, qui cherchent à faire exister des voix « infâmes » : celles qui contestent les pouvoirs, explorent les injustices, et proposent une pensée de l’émancipation à partir de vécus tangibles.
Il est intervenu à deux reprises en février et mai 2022.Lors du premier entretien il défend, à travers les éditions du Bout de la Ville et L’Envolée et la nécessité de donner une parole directe aux prisonniers, considérés non comme des objets d’étude mais comme des sujets politiques capables d’analyser leur propre condition,
la seconde fois il inscrit le cas de Kamel Daoudi dans une continuité politique : celle d’un élargissement du contrôle sécuritaire au-delà de la prison où l’assignation à résidence devient une forme d’enfermement diffus mais permanent .
Les éditions du bout de la ville https://twitter.com/BoutDeLaVilleEd
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