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Julie Matsuda

Militante

Au sein du collectif Matsuda, Julie partage avec Clara l’horizon abolitionniste, mais son positionnement se distingue par un ancrage plus direct dans l’expérience militante et la conflictualité des luttes récentes. Là où Clara développe volontiers une réflexion historique et stratégique sur la non-naturalité de la police, Julie part d’abord du terrain : la confrontation répétée avec l’institution dans les mouvements sociaux.

Elle explique que l’intérêt pour l’abolition naît de cette expérience concrète. À ses yeux, la police apparaît comme un dénominateur commun des mobilisations des dix dernières années : elle est la force qui encadre, réprime et limite les dynamiques de transformation. Ce constat ne relève pas seulement d’une analyse théorique, mais d’un vécu partagé par celles et ceux qui se retrouvent face à elle dans la rue. Julie insiste ainsi sur la dimension matérielle et immédiate du maintien de l’ordre.

Son approche se distingue également dans la manière d’aborder la réforme. Si elle reconnaît que certaines mesures peuvent réduire marginalement les moyens de la police, elle met surtout en avant leur fonction d’absorption des colères. Après chaque scandale, dit-elle, l’annonce d’une réforme permet d’enterrer le conflit et de restaurer la légitimité de l’institution. Elle cite les exemples américains postérieurs au meurtre de George Floyd : malgré l’ampleur du soulèvement, les baisses budgétaires restent limitées et souvent contournées. Pour Julie, la réforme fonctionne fréquemment comme un mécanisme de stabilisation politique.

Elle se montre aussi particulièrement attentive à la dimension féministe de la critique abolitionniste. Là où Clara insiste sur la justice transformatrice comme cadre théorique, Julie met en avant l’échec concret de la police face aux violences sexuelles et conjugales. Elle rappelle que les plaintes sont souvent mal accueillies et que le taux de condamnation demeure extrêmement faible. Selon elle, continuer à présenter la police comme garante de la protection des femmes relève d’une fiction. La lutte contre les violences patriarcales suppose de transformer les structures sociales qui les rendent possibles, et non de s’en remettre exclusivement à la réponse pénale.

Julie accorde enfin une place importante aux pratiques collectives émergentes. Elle évoque les ateliers organisés par le collectif, où les participant·es sont invité·es à réfléchir aux situations dans lesquelles le réflexe d’appeler la police est automatique. L’enjeu est moins d’énoncer un modèle achevé que de rendre visibles des alternatives déjà expérimentées : entraide locale, médiations informelles, solidarités concrètes. Elle insiste sur la nécessité de nourrir l’imaginaire politique à partir d’expériences situées, y compris leurs limites.

Ainsi, si Clara structure la réflexion en termes d’horizon stratégique et d’architecture politique, Julie incarne davantage la dimension pratique et conflictuelle de l’abolitionnisme. Son discours est plus directement lié aux rapports de force, aux mobilisations et aux usages concrets de l’institution policière. Elle ne présente pas l’abolition comme un schéma abstrait, mais comme un processus qui émerge des luttes et des expériences collectives.

Avec Clara du même collectif elle était Au Poste le 16 décembre 2021  pour comprendre, à partir du meurtre de George Flyod comment  le mouvement abolitionniste a repris de la vigueur outre-Atlantique. Elles ont expliqué comment vivre sans police, et avec une justice transformatrice.

Livre https://www.ombres-blanches.fr/product/130829/abolir-la-police-echos-des-etats-unis

Collectif https://x.com/collectifmatsu1

Dernières émissions

  • Abolir la police : comment, qui, pour qui, pourquoi & quand ?

    Clara et Julie, du collectif Matsuda, auteur du livre « Abolir la police : échos des Etats-Unis », étaient #AuPoste ce matin. Avec elles, on a examiné comment, à partir du meurtre de George Flyod, le mouvement abolitionniste a (re)pris de la vigueur outre-Atlantique : quand il ne s’agit plus de dénoncer les dérives de l’institution policière, mais de questionner son existence même. Elles ont expliqué comment, selon elle, vivre sans police, et avec une justice transformatrice, pourrait être possible. Et comment ?

    16/12/2021

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