Michelle Plocki
Michelle Plocki est la fille de Maurice Rajsfus, né Maurice Plocki, historien, militant et inlassable observateur des violences d’État. À travers son parcours et ses prises de parole, elle incarne une mémoire familiale traversée par la Shoah, l’engagement politique et la transmission critique.
Née dans l’après-guerre, elle grandit dans un foyer marqué par une absence silencieuse. Longtemps, elle ignore le destin précis de ses grands-parents paternels, arrêtés lors de la rafle du Vel d’Hiv le 16 juillet 1942, puis déportés à Auschwitz. Ce n’est qu’à l’adolescence que son père lui révèle cette histoire. Jusqu’alors, il n’y avait ni photographies ni récits détaillés : seulement un vide. Cette révélation tardive structure profondément son rapport à la mémoire et éclaire, rétrospectivement, le travail acharné de son père.
À partir de la fin des années 1960, elle voit Maurice Rajsfus se consacrer méthodiquement à l’archive : journaux découpés chaque soir, fiches bristol classées, dossiers accumulés. Elle décrit un homme absorbé par son travail, parfois peu disponible, mais animé par une nécessité intérieure. Elle perçoit dans cette activité une manière de répondre à la disparition des siens, de combler un manque par la documentation et l’écriture. Ce travail donnera naissance à plus de soixante ouvrages, dont une trentaine consacrés à la police et aux violences policières.
Michelle participe ponctuellement aux activités militantes familiales, notamment aux tâches matérielles liées aux publications artisanales et aux bulletins comme Que fait la police ?, fondé par son père en 1994. L’engagement n’est pas pour elle un choix spectaculaire mais un environnement quotidien, fait de discussions permanentes, de débats et d’une vigilance constante face aux dérives autoritaires.
Elle insiste toutefois sur une dimension souvent négligée : malgré son intensité militante, son père demeurait attentif aux siens. Il accompagne son épouse jusqu’à la fin de sa vie, malgré la maladie, et reste présent pour ses enfants et ses petites-filles. L’image d’un militant exclusivement absorbé par la cause ne correspond pas à son expérience.
Dans les dernières années, Michelle observe son père suivre avec inquiétude l’évolution du maintien de l’ordre, notamment lors du mouvement des Gilets jaunes. Fasciné par la diffusion des images sur les réseaux sociaux, il mesure combien la documentation citoyenne des violences policières prolonge son propre travail d’archiviste.
Après son décès en 2020, Michelle s’engage dans la transmission de son œuvre, notamment à travers la création d’une association destinée à faire vivre ses combats. Elle ne revendique pas un rôle d’intellectuelle, mais celui de témoin. À travers sa parole, elle contribue à maintenir active une mémoire qui ne se limite pas à la commémoration, mais interroge le présent à la lumière du passé.
Graphiste à La Pesse ( Haut Jura ) Présidente d'une association Franco-Roumaine elle fut 3ème Adjointe au maire de La Pesse entre 2001 et 2007 puis conseillère déléguée. Elle fut candidate pour sous la bannière Europe Écologie les Verts pour les élections régionales en 2010
Michelle et son frère Marc Plocki étaient AuPoste, le 20 mai 2021 pour parler de leur père Maurice Rajsfus, décédé en juin denier, il était écrivain, historien, activiste, observateur de la chose policière et des fascismes.
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Maurice Rajsfus l’éclaireur raconté par ses enfants
Michelle et Marc Plocki étaient #AuPoste, ce jeudi, pour parler de leur père, décédé en juin denier, écrivain, historien, activiste, observateur de la chose policière et des fascismes. Ensemble, on a parlé de Maurice le travailleur acharné, de la réédition en cours de ses œuvres, de ses archives (désormais en lieu sûr), de ce qu’il reste de lui et de ce qu’il nous reste à faire.
