Simon Cottin-Marx
Simon Cottin-Marx est de ceux qui observent le monde associatif sans complaisance ni nostalgie. Sociologue, maître de conférences au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), il dirige le Centre d’économie sociale et solidaire (CESTES) et a rejoint en 2024 le LISE, le Laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique. Son terrain, c’est l’économie sociale et solidaire, les relations professionnelles, le patronat associatif, et surtout cette zone grise où l’engagement rencontre le salariat.
Depuis plusieurs années, il ausculte ce que devient le militantisme quand il passe par la fiche de paie. Ses enquêtes montrent comment les associations, longtemps perçues comme des espaces d’émancipation, se transforment sous l’effet des financements publics conditionnés, de la logique d’appels à projets et de la rationalisation gestionnaire. Derrière les mots « solidarité » ou « intérêt général », il met en lumière des tensions très concrètes : précarité des emplois, professionnalisation accélérée, montée d’un véritable patronat associatif, redéfinition des rapports au pouvoir public.
Ses recherches s’organisent autour de trois axes clairs : la sociologie de l’économie sociale et solidaire, l’étude des relations professionnelles et du patronat associatif, et l’analyse des formes contemporaines d’engagement. Il s’intéresse autant aux trajectoires individuelles qu’aux structures : comment travaille-t-on sans patron ? Que signifie diriger une association employeuse ? Comment l’État encadre-t-il, finance-t-il et parfois contraint-il ces organisations censées incarner l’alternative ?
Membre de la revue « Mouvements », il inscrit son travail dans un dialogue constant avec les débats politiques et intellectuels actuels. Son approche ne relève ni de l’éloge automatique de l’ESS ni du procès à charge : elle documente, elle compare, elle restitue la complexité d’un secteur pris entre idéal et institutionnalisation.
Ses ouvrages prolongent ce travail d’enquête et de clarification.Dans « Sociologie du monde associatif » il propose une cartographie précise d’un univers souvent mal connu, en détaillant ses logiques internes, ses hiérarchies et ses modes d’organisation.
Avec « C’est pour la bonne cause. Les désillusions du travail associatif » , il explore les contradictions vécues par celles et ceux qui s’engagent professionnellement dans ces structures, entre vocation, contraintes budgétaires et épuisement.
Coécrit avec Gilles Jeannot, « La privatisation numérique. Déstabilisation et réinvention du service public » analyse la manière dont le numérique reconfigure les frontières entre public, privé et associatif.
Enfin, « Travailler sans patron. Mettre en pratique l’économie sociale et solidaire » interroge concrètement les formes d’organisation du travail qui prétendent rompre avec le modèle hiérarchique classique, et examine ce que ces expériences produisent réellement.
Le 24 février 2026 Au poste le reçoit avec Hélène Balazard, chercheuse en science politique, son intervention apporte une dimension analytique et socio-économique forte à la discussion sur le burn-out militant.
Dernier ouvrage
Burn-out militant – Comment s’engager sans se cramer Payot 2025
Mouvements https://mouvements.info/
Dernières émissions

Burn Out Militant (et comment l'éviter)
Non seulement les temps sont durs, mais ils sont épuisants. Pas une asso, pas un collectif, pas une orga n’est épargnée : le burn-out n’est plus réservé au monde du travail. Alors comment se protéger et protéger les autres ?
