Yohanna Brette
Yohanna Brette a un an et demi lorsque sa mère, hôtesse de l’air, meurt le 19 septembre 1989 dans l’attentat du DC10 UTA dans le désert du Ténéré. Cet attentat a été commandité par le régime libyen de Kadhafi.
Après avoir vécu dans différentes familles d'accueil, Yohanna Brette est adoptée à l'âge de 14 ans par une famille amie de sa mère. Selon les voeux que celle-ci avait exprimés. Elle est aujourd'hui une des animatrices et une des porte-parole du Collectif Les filles du DC10.
L'organisateur de l'attentat qui a causé 170 morts est le propre beau-frère de Kadhafi, Abdallah Senoussi. En 1990 la justice française le condamne par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité. Les proches des personnes tuées n'ont pas eu le droit à la parole lors du procès.
En 2012 Mediapart révèle détenir la preuve de la participation du régime libyen au financement de la campagne électorale de Sarkozy pour la présidentielle de 2007. Ceci en échange d'une promesse de révision de la situation pénale de Senoussi. Pour beaucoup de familles de victimes de l'attentat, c'est la stupéfaction, puis la colère. Johanna Brette ressent de plus un sentiment de trahison. Pupille de la nation dès son plus jeune âge sa croyances dans les "cadres étatiques" est ébranlée. Le réconfort et les encouragements que lui prodiguait Sarkozy lors des commémorations officielles de l'attentat lui apparaissent alors comme un sommet d'hypocrisie et de cynisme.
La justice entame alors une longue procédure qui aboutira à l'organisation d'un procès de janvier à avril 2025. Danièle Klein qui a perdu son frère dans l'attentat propose que les familles se portent partie civile, ce que le Parquet national financier accepte. Johanna Brette se retrouve alors avec une dizaine de femmes sur les bancs de la partie civile de la 32ème Chambre correctionnelle. Certaines d'entre elles mettent nommément en cause Sarkozy. Celui-ci répond en adoptant une attitude victimaire qui paraît insupportable à Yohanna Brette. En septembre 2025 Sarkozy est condamné à 5 ans de prison, avec exécution immédiate, pour association de malfaiteurs. De son côté, le Collectif a remporté une victoire : les proches des personnes tuées sont aussi reconnues comme victimes. Mais Sarkozy et ses partisans ne désarment pas : le "cirque médiatique", selon les mots de Yohanna Brette, organisé à l'occasion de son incarcération, de ses 3 semaines de prison (dorées), de sa libération, puis de la publication d'un livre où, une fois de plus il se pose en victime, est ressenti comme une chose intolérable par Johanna Brette.
Le procès en appel a débuté le 16 mars 2026. A cette occasion Johanna Brette est reçue au poste le 13 avril. Forte de l'appui du collectif Les Filles du DC10 , dont elle porte la parole, elle dresse un réquisitoire énergique contre ce scandale d'Etat.
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Carnage au Liban, procés Sarkozy et lutte contre le Méga-Canal
Trois invités, trois fronts. Valentin, militant des Soulèvements de la Terre, contre un canal monstre de 7 milliards planqué dans les Hauts-de-France. Arthur Sarradin, tout juste lauréat du Prix du livre du journalisme aux Assises du journalisme de Tours, 25 ans, en direct de Beyrouth bombardée. Et enfin : Yohanna Brette, porte-parole du collectif Les Filles du DC10 face au procès Sarkozy-Kadhafi. Au Poste, lundi 13 avril, ça n’a pas chômé.
