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Face à la violence du capitalisme : jusqu’où aller ? Avec Nicolas Framont
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Saison 10

Face à la violence du capitalisme : jusqu’où aller ? Avec Nicolas Framont

1 h 1321/11/2025
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Dans un monde où la violence sociale n’a jamais été aussi palpable, Nicolas Framont entend remettre sur la table les questions que tout le monde évite soigneusement : jusqu’où peut-on aller pour riposter à la brutalité du capitalisme ? À travers l’affaire Luigi Mangione, assassin présumé d’un PDG d’assurance santé, l’auteur observe l’explosion d’une sympathie populaire inédite, révélatrice d’un système à bout de souffle. Entre morale, efficacité politique et colère contenue, Framont interroge le rapport de force réel, celui que syndicats, ONG et institutions refusent, selon lui, d’assumer. Une conversation où violence et justice se heurtent de plein fouet — et où les tabous se fissurent.

Est-il condamnable de tuer une personne responsable de la mort et de la souffrance de milliers d’autres ? Luigi Mangione, érigé en icône par une partie du monde, est accusé d’avoir assassiné Brian Thompson, PDG de la première assurance santé privée des États-Unis. Son geste est évidemment illégal, alors que celui de sa victime, responsable d’une politique agressive de refus de remboursements de soins souvent vitaux, est tout à fait acceptable voire estimable dans le système capitaliste.
Face à la violence du capitalisme, Framont demande: ne devrions-nous pas hausser le ton et changer de tactique ?

Où doit s’arrêter la Morale et commencer le pragmatisme ? Ou l’un doit-il neutraliser l’autre? Et est-il bien sérieux de causer publiquement de lutte armée?

C’est la seconde convocation Au Poste de Nicolas Framont. Et on est bien content.

FAITS SAILLANTS

1. Le point de départ du livre : un assassinat politique et un avertissement moral

  • Framont lit en direct l’ouverture de son livre : « Quels qu’en soient les motifs, un meurtre n’a aucune justification valable. Il est condamnat moralement et philosophiquement » 
  • Il insiste que son livre ne fait “nullement l’apologie” du meurtre.
  • Il précise que Luigi Mangione est « présumé innocent ».
  • Le livre analyse l’onde de choc d’un acte « illégal mais politiquement perçu ».
  • Framont explique que son intention initiale était d’aller vers plus de radicalité, mais qu’il a changé au cours de l’écriture : « j’ai changé d’avis au cours de l’écriture du livre » 

2. Le geste initial : comprendre la “violence intolérable” refusée par les médias

  • Framont attaque frontalement le discours médiatique : « on comprend pas, cette violence est intolérable, ne serait-ce que l’expliquer, c’est déjà la cautionner » 
  • Il revendique l’inverse : « moi je vais l’expliquer et je vais dire que c’est normal et je vais parler de la violence du capitalisme ».
  • Pour lui, la violence du capitalisme est omniprésente, massive, structurée.

3. Un enjeu central : ne pas être déformé par sa propre violence

  • Dufresne cite un passage clef du livre : « comment ne pas être transformé soi-même par sa propre violence ?» 
  • Framont explique son souci constant : éviter que la colère légitime devienne injustice ou dérive autoritaire.
  • Il relie cela aux échecs historiques : « Les expériences du communisme… ont été des expériences autoritaires, voire totalitaires. » 

4. La critique sévère des syndicats et ONG “qui accompagnent le désastre”

  • Framont ne “compte plus” sur eux pour obtenir des victoires structurelles: « les associations, les syndicats, tous ces gens-là accompagnent le désastre et faut arrêter » 
  • Il distingue toutefois : utiles localement, impuissants nationalement.
  • Il montre comment la CGT est passée du sabotage à « défendre les salariés ».

5. La figure de Luigi Mangione : un basculement symbolique

  • Dufresne : « Est-il bien sérieux de causer publiquement de luttes armées comme nous allons le faire ? » 
  • Framont analyse la fascination pour une figure « populaire, frappante, un peu surnaturelle ».
  • Il observe un phénomène inédit : de la sympathie pour un meurtrier présumé.
  • Il cite : « 40% des Américains… comprenaient son geste » (son travail l’affirme). 

6. Les mèmes : un révélateur politique, pas un gadget internet

  • Les mèmes ne sont pas anodins : « les mèmes mettaient en lumière… la violence du système du capitalisme médical » 
  • Ils sacralisent Luigi Mangione : « une sorte d’adhésion un peu distanciée… un désir de radicalité » 
  • Pour Framont, c’est la preuve d’un désespoir systémique.

7. Le capitalisme médical, cœur du problème

  • Description de l’assurance américaine : « politique consciente et volontaire de non remboursement… de soins vitaux » 
  • Thompson, le PDG assassiné, avait touché « une prime de 10 millions » l’année précédente.
  • Les pratiques d’assurance refusant des soins via clauses vicieuses sont détaillées : « vous étiez fumeur… vous étiez alcoolique… on ne vous rembourse pas » 

8. Morale vs pragmatisme : le cœur du débat politique

  • Citation centrale du livre de Framont : « Donner la mort est profondément réprouvé… difficile de considérer que le meurtre puisse générer un effet politique positif » 
  • Framont répond : il ne prône pas la lutte armée: « Ce n’est pas de ça dont il va s’agir… mais du rapport de force » 

9. Le véritable débat : comment créer un rapport de force réel ?

  • « Lutte armée » n’est pas le sujet ; le sujet est : « qu’est-ce qu’il faut mettre en place pour avoir un rapport de force avec la bourgeoisie ? » 
  • Framont souligne que beaucoup d’actions non violentes fortes existent déjà.
  • Il rappelle que les militants ont des moyens réels, éprouvés.

10. La conclusion : raviver une question stratégique étouffée

Son objectif : ramener la question de la confrontation politique au cœur de l’époque.

Framont résume : « cette figure-là… ravive ce questionnement éternel… sur quel rapport de force mener avec nos adversaires »

Il affirme que ce débat a été abandonné par la gauche institutionnelle.

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Sources, liens & références

Bonsoir @auposte_fr et aupostien-nes! Je conduis mais je vous écoute. Nicolas Framont, on t'adore
feminasapiens
Framont AuPoste, belle entretien en vu! Salut à toustes
patrickstammer
J'adore Framont 
anisgraffiti
Y'a même des mèmes DavDuf pour vous dire !   x.com/i/status/154914514925...
SentierBattant
salutations AuPoste . Il y a effectivement une grande différence entre le désir de radicalité et le passage à l'acte ...
jeanlucbuzonie
​​Bonsoir, cet interview promet de la bonne réflexion.
Badassleanhoes

#AuPoste #Ecoloscope #4 - 14 octobre 2024 Pourquoi l'écologie perd toujours avec Clément Sénéchal 

Ecoloscope | Après près de dix ans de militantisme chez Greenpeace, Clément Sénéchal, diplômé de de sociologie et de philosophie politique, s’interroge : pourquoi l’écologie essuie-t-elle encore tant d’échecs ? Pour y répondre, l’heure est venue de plonger dans les coulisses d’une “écologie spectacle” en marche depuis les années 1970. Récupérations néolibérales, impasses stratégiques et intellectuelles des ONGs et mouvements de lutte…

auposte.fr
​​Comme à mon habitude j'ai trouvé cette émission excellente. Étant plutôt contemplatif j'écoute dérouler l'invité sans trop poser de question. Encore bravo.
Badassleanhoes

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