Arié Alimi
Arié Alimi est avocat au Barreau de Paris, membre du bureau national de la Ligue des Droits de l’Homme. Spécialiste du droit pénal, dans le cadre d’assignation à résidence et de défense des libertés publiques, il est notamment connu pour avoir défendu des familles de victimes de violences policières, dont celle de Rémi Fraisse, de Cédric Chouviat, de lycéens victimes de violences policières lors de manifestations contre la loi Travail au lycée Bergson de Paris en 2016, mais aussi une vingtaine de Gilets Jaunes dont Geneviève Legay, militante d’Attac blessée lors d’une manifestation de Gilets Jaunes à Nice en 2019. Très attaché à sa religion et culture juive, il a été président de l’Union étudiante des Juifs de France à l’Université Assas durant ses études. En 2014, il est l’avocat de Nabil Koskossi, l’organisateur d’une manifestation pro-palestinienne à Sarcelles en juillet 2014. Cette affaire est extrêmement marquante pour l’avocat, rejeté par la communauté juive parce qu’il avait défendu, comme il le résume « un jeune homme arabe accusé d’acte antisémite ». Il décrit s’être senti « comme un traître », « assigné uniquement comme Juif », subissant une vague d’insultes, menaces de mort. Il revient sur ce moment dans son ouvrage
Juif, français, de gauche... dans le désordre(La Découverte, 2024), dont le titre est inspiré de celui d’un billet sur Mediapart en 2014 suite à cette affaire « Français, avocat, juif né à Sarcelles, dans le désordre ». En 2023, suite aux attentats du 7 octobre, il rejoint le collectif
Golem, unissant des Juif.ves de gauche pour lutter contre l’antisémitisme. Pour Au Poste, il a accepté de se livrer à deux débats avec Simon Assoun, porte-parole du collectif juif décolonial Tsedek!, ayant pour question : « comment être Juif et de gauche en France aujourd’hui ? » Bien connu de nos services, ses prises de position, ses choix professionnels, comme la défense du policier et lanceur d’alerte Amar Benmohamed, ainsi que ses ouvrages dénoncent la dérive policière et autoritaire d’un Etat qui croit encore à ses mythes, comme celui du “monopole de la violence légitime”. Arié Alimi est également enseignant en droit de la responsabilité ainsi qu’en droit pénal à l’université Paris X Nanterre. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont
Le Coup d'etat d'urgence(Le Seuil, 2021),
L'Etat hors-la-loi(La Découverte, 2023).
Dernières émissions

Procès CRS/Burger King et la condamnation de Morandini : pourquoi il a fallu 7 et 10 ans à la justice
Deux affaires emblématiques, un même système à l’œuvre. Du procès des CRS du Burger King à la condamnation définitive de Jean-Marc Morandini, cette matinale interroge l’impunité des puissants. Arié Alimi revient sur sept ans de blocages judiciaires et sur la responsabilité des donneurs d’ordres policiers. Fanny Marlier raconte une enquête fondatrice et questionne le maintien à l’antenne d’un animateur condamné pour corruption de mineurs.

Bardella contesté à Vesoul et Moissac : un geste politique « frondeur » pour Arié Alimi
Un adolescent de 17 ans a enfariné Jordan Bardella à Vesoul, déclenchant une tempête médiatique savamment orchestrée par le RN. Désigné par la famille du jeune homme, Arié Alimi démonte la charge pénale, l’instrumentalisation politique et le récit victimisant du parti d’extrême droite. L’avocat replace l’acte dans une tradition française de contestation symbolique et rappelle que la jeunesse, souvent, sonne l’alarme quand les adultes renoncent. Entre analyse juridique, rappel républicain et avertissement politique, il éclaire ce que ce geste dit de l’époque : une France inquiète, mais encore capable de sursauts.

Scandale des pièces à convictions disparues au parquet de Marseille : le digne et implacable témoignage du père et de la tante de Souheil El Khalfaoui
L’enquête sur la mort de Souheil El Khalfaoui, tué d’une balle en plein cœur par un policier en août 2021 à Marseille, est un cas d'école. L’affaire est aujourd’hui entachée d’un nouveau scandale : neuf pièces à conviction, dont la balle mortelle et des vidéos, ont disparu.