Parce que les débats ne s’envolent pas après le direct !
Toutes les rediffusions d’Au Poste à votre guise !

« Militer » : verbe sale de l'époque
Dévalorisé, dévalué, délavé : militer apparaît désormais comme le verbe sale de l’époque ; signe de la profonde crise démocratique que secoue la France. Employé couramment, militer est aujourd’hui rattaché à une forme de radicalité.

Alain Deneault : en guerre contre la médiocratie
A la sempiternelle question, Que faire ?, le philosophe répond : « Faire que ! Faire mal. Mal faire les choses, ne pas suivre les conseils officiels. » Dans une autre vie, sur un autre continent, on avait eu le bonheur côtoyer Alain Deneault. Depuis Montréal, il bataillait contre l’industrie extractiviste. Alain nous revient avec Faire que ! (Lux éditeur), ouvrage lucide où il nous invite à explorer un nouveau mode d’engagement politique, la biorégion. Et nous somme de sortir de la sidération (et) de l’écoanxiété, pour mieux partir au combat (intellectuel). Attention, le bougre parle vite.

Comment le fascisme inonde notre langue
Auteur de la retentissante retraduction de « Mein Kampf », le traducteur germaniste Olivier Mannoni arrive au Poste avec un nouveau bouquin : « Coulée brune – Comment le fascisme inonde notre langue » (Éditions Héloïse d’Ormesson). Il décrypte pour nous les dérives du langage, où conspirationnisme et extrême droite s’entremêlent.

Technopolice, ou la police totale
Un nouvel imaginaire politique est en cours, qui amplifie la violence d’Etat à travers une ville sous emprise autoritaire, et sans contrôle. Une gestion du désordre assistée par ordinateur où chaque policier deviendrait technologie, le règne des flics-machines.

Mona Chollet : « j’ai un chef tyrannique dans la tête »
C’est sa première convocation Au Poste, et on l’attendait depuis… des années. Pour l’occasion, on a une toute nouvelle caméra. Mona Chollet vient nous parler de son dernier ouvrage Résister à la culpabilisation - Sur quelques empêchements d’exister, dans la collection « Zones » à La Découverte.

« Marine Le Pen est la version adoucie du RN ; Bardella, la jambe droite du duo »
#AuPoste est fier de lancer son nouveau rendez-vous régulier : Extrêmorama, co-animé par Nicolas Lebourg, historien bien bien réputé des extrêmes droites, et bien bien connu de nos services. Un club de la presse focus sur les fascismes, et qui va réunir les meilleurs chercheurs et chercheuses, journalistes, historiennes et historiens de France et de Navarre.

L’Exil, toujours recommencé. Avec Anne-Claire Defossez et Didier Fassin
Il y a dix ans, Didier Fassin avait plongé dans les BAC des quartiers pour une enquête anthropologique remarquable et remarquée (La Force de l’ordre). Cette fois, avec la sociologue Anne-Claire Defossez, Fassin a arpenté les Alpes, à la frontière franco-italienne. Ensemble, ils ont rencontré des exilés dont le périple raconte les monde et ses bouleversements. Des pandores qui ne savent pas — ou plus, ou ne veulent pas — savoir à quoi et à qui ils servent. Des maraudeurs solidaires qui disent notre humanité. Mais pas seulement : Defossez et Fassin ont aidé les migrants ; elle dans leur démarches administratives ; lui comme médecin.

Que reste-il de 1968 et de ses héros ordinaires ?
C’est un pavé (sans mauvais jeu de mots), avec style et avec entrain, qui s’ouvre sur une mise en garde salutaire : ce livre n’est pas un panthéon d’héros déjà auto-héroïsés. Neveu est allé à la recherche de quidams, militants de fond, pour qu’ils et elles lui racontent sans fanfaronnerie ce qui les anima il y a 54 ans déjà. Avec style, donc, Neveu leur engagement d’avant-hier, leurs désillusions d’hier et leur combat d’aujourd’hui. Que reste-il, non de 1968, mais de l’engagement ?

Défaire l’imaginaire de la Silicon Valley. Jobs, Musk, et les autres. Avec Anthony Galluzzo
Musk et Bezos aujourd’hui, Jobs et Gates hier, Carnegie un siècle plus avant… Autant de noms à éplucher, de « miracles » à questionner, tant ils encombrent nos imaginaires et nous empêchent de saisir la dimension fondamentalement systémique, méritocratique et injuste de l’économie de marché. Avec pour symbole total : la Silicon Valley.

« Violences judiciaires » : et si le problème de la justice c'était… la police ?
Raphaël Kempf, avocat bien connu de nos services (il est convoqué pour la troisième fois au Poste) sait de quoi il parle, quand il parle de « violences judiciaires », titre de son dernier ouvrage paru en ce mois de septembre 2022. En effet, depuis plusieurs années, il défend partout en France des gilets jaunes, et plus globalement ce qu’il nomme des opposants politiques, pris dans l'étau de la machine judiciaire. Il se sert de ses nombreuses expériences à la barre pour montrer comment l'état instrumentalise la justice pour réprimer les mouvements sociaux, tout en entretenant l’immunité dont bénéficient les forces de l’ordre.

L’ensauvagement du Capital avec Ludivine Bantigny
Le libelle de Ludivine Bantigny commence par une silhouette. Celle d’un adolescent qui va mourir pour nous. Dans une décharge, il cherche des métaux rares, de ceux dont nos téléphones et ordis raffolent. Le court essai de historienne est lancé. Dévastateur pour le capitalisme de mort, ensauvagé et sans pitié.

Qu’allons-nous laisser à nos enfants ? Etienne Davodeau convoqué Au Poste.
Dessiner, écrire, marcher. Et marcher encore. Des grottes du Lot jusqu’à Bure, d’hier à demain, de l’infini d’avant aux déchets nucléaires sans fin. Auteur de BD à succès, Étienne Davodeau signe avec « Le Droit du sol : Journal d’un vertige », une grande œuvre à mi chemin entre le reportage bucolique et l’introspection collective. Étienne Davodeau était convoqué Au Poste. Précis, sincère, profond, modeste : il a raconté son périple, et on a voyagé ensemble. Vendu à 100 000 exemplaires, « Le Droit du sol : Journal d’un vertige » est l’antidote de nos cauchemars éveillés.

Edwy Plenel convoqué Au Poste
On a causé police, Costa-Gavras, actualité, Rainbow Warrior, démocratie malmenée et on a bu du café. Beaucoup. Puis on a reparlé : de 1789, du complotisme, de l’art du puzzle et d’archéologie, de Macron à Médiapart entre les deux tours, du journalisme de dénonciation versus de compréhension, et on finit sur le bruit des pantoufles, plus sourd encore que celui des bottes. C’était joyeux et sérieux.